"Duo"

Mauricette Kuhn (peintures) et Julia Williamson (sculptures)

du 9 avril au 5 mai 2013 du mardi au dimanche de 15h à 19h

vernissage le jeudi 11 avril à 18h

présence de de Mauricette Kuhn tous les jeudis et dimanches et de Julia Williamson les 9 et 17 avril et le 1er mai.

© Mo Kuhn

© Mo Kuhn

KINKY KAT & DOMINATRIX MOUSE 40X35CM © Julia WIlliamson

BUDDY & FELIX 30X50CM © Julia WIlliamson

Alter-Art vous propose un "duo" entre les peintures de Mauricette (Mo) Kuhn et les sculptures de Julia Williamson.

Les peintures de Mo Kuhn...

"Mo Kuhn peint, grave et sculpte. A Alter-Art ce sont ses peintures qui sont exposées. Son œuvre témoigne d’un univers très personnel, un univers qui étonne et appelle le regard. Elle-même dit que, lorsqu’elle crée, elle dialogue avec le sujet qui apparaît, comme un écrivain peut dialoguer avec ses personnages. Et de fait, les figures – êtres humains le plus souvent, animaux parfois – semblent incroyablement vivantes, toujours saisies dans le mouvement d’un instantané photographique à la façon, d’une «photo de famille maladroite ou bougée», selon ses propos. Mo Kuhn a d’ailleurs étudié la photographie à Paris avant de suivre la formation des Beaux Arts de Grenoble.

L’acrylique inscrit souvent une épaisseur sur la toile, une matière très travaillée aux coloris vifs ; points, traits, figures , peints en aplat sans arrière plan, débordent du cadre de la toile, comme s’ils étaient vus dans l’objectif d’un grand angle qui les déforment ou désaxent- témoignant d’une belle maîtrise de la couleur. Ses personnages semblent aussi parfois venir de l’espace du conte, à l’atmosphère souvent tendre et drôle, parfois inquiétante ; ils se posent face à nous tels d’éternels adolescents, ou bien dansent une farandole endiablée.

Générosité des matières, des formes, des couleurs composent une vivifiante ode à l’existence, une belle sarabande."

Janine Desmazieres - mars 2013

et les sculptures de Julia Williamson...

"L’univers de Julia Williamson est celui de la métamorphose. Chaque personnage sculpté en papier mâché nous invite à entrer dans un récit. Elle écrit d’ailleurs : « J’ai souvent deux principes quand je crée, recyclage et décalage, et un espoir : que celui ou celle qui s’arrête devant une de mes créatures esquisse un sourire, accroche sur un détail… se laisse emporter dans une histoire, son histoire, mon histoire…».

Ses figures sont fabuleuses, à tous les sens du terme : issues de fables ou de poèmes que lui inspirent une double culture anglaise et française, elles les réinventent de façon extraordinaire; les animaux de la fable ou les êtres humains peuvent se retrouver dans une boite à musique, un environnement d’accessoires récupérés, ou bien ils dialoguent avec un ou plusieurs autres personnages, ou encore ce sont deux personnages qui s’agrègent : la carapace de la tortue constitue le ventre du lièvre, incarnant ainsi un personnage – valise, comme les personnages reconstruits de l’almanach fabuleux du professeur Revillod1, comme les mots - valises des jeux de mot.

Car l’humour est ici essentiel, pour présenter le cirque parfois tendre, parfois cruel, parfois délirant de la société humaine. Et ce sont souvent les détails des sculptures qui l’expriment. Madame le mouton, par exemple, est l’égérie d’un loup en string et bardé de muscles. Elle fait le ménage en fumant et la cendre du mégot est prête à tomber. Mais souvent le détail demande plus d’attention – il faut chercher ce que Trever tient derrière le dos… Il arrive que le détail soit vraiment caché, à chacun de prendre le temps de le découvrir ! Julia parle alors de « coming out », elle détourne les stéréotypes en utilisant les symboles et les icônes de notre monde pour nous faire passer de « l’autre côté », comme dans un tableau de Jérôme Bosch.

Ces personnages à cinq pattes, quatre yeux, deux pieds gauches, deux têtes, ces êtres–fruits ou cocons en hibernation ou ces « time keepers » sont de petits théâtres métonymiques du monde, merveilleuses machines à le représenter par les sortilèges du jeu et de la métamorphose. Et ce sont les regards qui, souvent, interrogent, dans la diversité des formes et des expressions : globuleux, exorbités, écarquillés ou à demi clos, comme une fente, ils contemplent on ne sait quoi de la psyché humaine et du « cinéma » des relations sociales."

Janine Desmazieres - mars 2013

1 Bestiaire universel du professeur Revillod : l'almanach illustré de la faune mondiale Paru en 2008 chez Éd. Autrement Paris dans la collection "Autrement" jeunesse | Miguel Murugarren et Javier Sáez Castán

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