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Lettre de l’Abbé Emile Biayenda à Monseigneur Théophile Mbemba

+ Lyon, le 17.3.1967

Monseigneur,

Il me faut d’abord vous accuser réception de vos deux lettres, dont la dernière m’est arrivée aujourd’hui même au moment où j’allais porter à la poste le courrier que je venais d’écrire pour vous. Et c’est ainsi que j’ai recommencé une autre lettre. Merci donc en vous demandant bien des excuses pour ce retard.

Pour mon état de santé, soyez sans inquiétude. Les huit jours d’hospitalisation m’ont permis de passer de sérieuses visites de radiologie. Je craignais d’avoir eu des lésions soit sur la tête, soit sur la colonne vertébrale, mais tout est demeuré négatif. C’est peut-être un effet de fatigue tout simplement. En tout cas, je mange bien, je continue toutes les activités scolaires et je pense que le repos de bientôt me fera encore beaucoup de bien.

A ce propos, je vais aller en Suisse où le Père BERNARD m’a invité. J’y vais le Jeudi Saint et ne reviendrai à Lyon que la semaine après Pâques puisque nos cours ne reprennent que le 7 Avril.

La fin de l’année approche à pas de géant. Le Secrétariat de la Faculté de Théologie a du vous envoyer ou vous enverra certainement les résultats des examens du 1er semestre : 11,62/20 seulement de moyenne. Par ailleurs le prochain écrit de Licence aura lieu à la mi-juin et les oraux dès le 3e jeudi de Mai. Je viens de terminer et de remettre au Doyen de la Faculté de Théologie mon travail de mémoire avec 72 pages environ. Parti d’une étude de Saint Ignace d’Antioche sur la hiérarchie, cela m’a conduit à Vatican II, puis à des applications particulières avec les Églises des Pays de missions, maintenant l’Afrique Noire.

J’ai beaucoup regretté de n’avoir pu prendre connaissance de votre Lettre Pastorale. Elle m’aurait fourni une preuve beaucoup plus récente encore des efforts de l’Épiscopat Africain à donner chaque jour une figure beaucoup plus africaine tout en restant au sein de l’Église Catholique.

J’ai été absorbé par ce travail et je n’ai pu comme d’habitude lire la Semaine au Centre. Mais maintenant c’est chose faite. J’ai été très enchanté de vous lire et de constater ainsi le chemin que continue à creuser l’Évangile chez nous. “Ka mu ba ma nkuzu ba nionga mambu mâu. Konga nzonzoloéno ya tomono delakana. Bâu ni bo kuawu. Mu ta kuendela nsamu zaba pele. Mie ku matu tala pele. Biba kue nuanini ni mabundu kua. Ni nguria kiari ! ni bungu dio gâ ba tele nsamu wa mboté, bâu dieka mona wa mbi. Mambu m’awu, ka mpungu mpe ni mu tala. M’samu ntama wa tuka bâu beri banza ti zeri kua ntsaka.

Que le Seigneur nous assiste de sa grâce et que de part et d’autre rien ne devienne prétexte de discorde. D’ailleurs puisque un peu partout en Afrique, c’est une floraison d’institutions religieuses diocésaines. J’en vois plusieurs en cours d’études ici. Demain 18 Mars, je vous reste uni en prière dans la joie de ces trois postulants frères qui vont commencer leur noviciat. J’ai écrit un mot à Jacques.

Le Père Ramaux qui m’a écrit m’a dit qu’il rentrait en congé de trois mois le 20 Mai prochain. Il y a une famille amie ici qu’il passera voir : nous nous verrons donc avant qu’il ne monte chez lui dans le Jura.

Comme vous disiez que je reste encore une année ici, je vous prierai donc que vous écriviez un mot à Monsieur BLARDONE (19, rue du Plat-Lyon II) pour lui demander de renouveler ma bourse. Cela me permettra de faire retenir ma chambre ici à Saint Jean où tant de demandes d’hébergement affluent pour la rentrée prochaine. Je suis sûr que c’est également un réconfort pour Monsieur BLARDONE et sa femme qui s’occupent vraiment des étudiants boursiers.

En outre au risque de ne plus pouvoir me déplacer hors de la France l’année prochaine, à cause de mon passeport qui expire le 27 Juin 68, je voudrais ces vacances profiter d’une place en automobile des confrères prêtres qui vont en terre Sainte dès fin Juin jusqu’au 15 Août. Le projet de Rome laissait trop d’intervalle avec le début des vacances.

J’avais appris que “ya Yengo” était en Europe, “eh ngana kue ?”

Voilà Monseigneur ce que je voulais vous communiquer aujourd’hui. Il ne me reste plus qu’à vous demander votre bénédiction et la bonté de bien vouloir transmettre mon bon souvenir et mes souhaits de saintes et joyeuses fêtes de Pâques au Père MORIZUR, aux chers Frères et Abbés que je n’oublie pas dans leur ministère par la prière. Mboté ya yingui kue mpanguiani sœur Solange, na kue tata Tsaka ki lu kuenda Vinza, Mpungu ka lu kela ngatu na vutu ku mmona.

Si le Frère Marie Alphonse pouvait découper et m’envoyer la Lettre Pastorale. Ici, le Centre collectionne jalousement ses documents.

Bien respectueusement

E. BIAYENDA
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