Paix et Non-Violence


La Colombe = Symbole de Paix et de non violence









Inde - Leçon de civilisation

Les plus civilisés ne sont pas toujours ceux qui le revendiquent

    Inde - Leçon de civilisation

Il y a une image à propos de l’Inde qui ne cesse de me fasciner depuis de nombreuses années et que je trouve troublante et édifiante pour notre civilisation occidentale. Cette image prend source avec Gandhi et la pratique de la non-violence comme principe.

Gandhi a certes été l’inspirateur de la non-violence en Inde mais ce sont des millions d’indiens qui l’ont appliquée avec succès. Succès qui a conduit à la fin de l’emprise coloniale anglaise en Inde.

Je me plais à considérer que la non-violence est l’une des marques les plus élevées de civilisation. Notre capacité individuelle à contenir les pulsions violentes qui pourraient nous animer témoigne de notre capacité à agir en être civilisé. Les guides des grandes religions sont des modèles pour tous les croyants et même pour les autres et la dimension non-violente de leur vie et de leur message est incontestable.

Répondre à la provocation par la non-violence est ainsi une marque véritable de civilisation.

Des millions d’indiens ont été capables d’agir ainsi. Des millions, c’est à dire 1 + 1 + 1 + ..., tant de gens qui ne se connaissaient même pas, tant de gens humiliés avec probablement la rage au coeur...

Mais comment, nous occidentaux, nous représentons-nous ces millions d’indiens ? On se les représente misérables et illétrés, à aucun moment nous n’avons l’image de personnes civilisées et pourtant ce sont bien eux qui nous ont donné une magistrale leçon de civilisation.

Et nous qui nous représentons volontiers riches, lettrés voir intelligents, de quels actes civilisés pouvons-nous témoigner ? Peut-on honnêtement nous qualifier de société non violente et donc civilisée ? Quand le nombre d’exclus au sein de notre société augmente, quand dans le monde, le nombre des adversaires de notre soi-disant "modèle" de société augmente, il y a en filigranne une manifestation de la violence de nos sociétés.

Vraiment, il y a cinquante ans, les indiens ont donné au monde une leçon de civilisation que nos sociétés occidentales sont encore bien loin d’égaler alors qu’elles s’érigent en modèle pour l’avenir.



Martin Luther King © Wikipedia
L'héritage d'un pasteur
Les six principes de la non-violence selon Martin Luther King
Par Marie Lefebvre-Billiez

Voici les 6 points que Martin Luther King avait énoncés et auxquels devaient adhérer tous ceux qui voulaient faire partie de son équipe (cf. James M. Washington, The essential Writings and Speeches of Martin Luther King , Harper, San Francisco, 1991, pp.16 à 20) :

1.La non-violence active n’est pas une méthode destinée aux lâches. C’est une véritable résistance.

On n’est pas obligé de se laisser faire du tort. Mais il ne faut pas non plus répondre par la violence. Le non-violent montre sa force non pas en étant passif, non pas en ne réagissant pas, mais en étant spirituellement et émotionnellement actif pour convaincre l’adversaire qu’il est sur le mauvais chemin. Il ne s’agit donc pas d’une « non résistance passive au mal, mais d’une résistance non-violente active au mal. »

2.La résistance non-violente ne vise pas à vaincre ou à humilier l’adversaire, mais à gagner son amitié et sa compréhension.

Celui qui résiste par la non-violence peut très bien participer à des boycotts ou à des grèves, mais il est conscient que ces actions ne sont pas des fins en soi, et qu’elles visent essentiellement à susciter de la honte chez l’adversaire pour son comportement. Le but recherché, c’est non pas l’humiliation de l’autre, qui génère violence et amertume, mais c’est toujours la réconciliation, la création de ce que King appelle une communauté bien-aimée, une communauté régie par l’amour divin.

3.La lutte doit être dirigée contre les forces du mal plutôt que contre les personnes qui font le mal.

C’est pourquoi il ne s’agit pas de mettre l’accent sur les différences raciales, mais sur les individus. Le problème qu’il faut gérer n’est pas un problème entre noirs et blancs, mais entre la justice et l’injustice, entre les forces de la lumière et les forces des ténèbres. Si jamais il peut y avoir une victoire, ce ne sera pas la victoire des noirs sur les blancs, mais de la justice sur l’injustice, de la lumière sur les ténèbres.

4.La non-violence active accepte de souffrir sans user de représailles. Elle accepte de recevoir des coups sans rendre la pareille. « Des fleuves de sang pourront couler avant que nous ne gagnions notre liberté », disait Gandhi à ses compatriotes, « mais ce sera notre sang à nous. » Le résistant non-violent est prêt à supporter la violence si c’est nécessaire, mais pas de s’en servir lui-même en guise de riposte. Il vaut mieux souffrir soi-même que d’infliger une souffrance aux autres. Nos adversaires auront plus de chance d’être touchés par notre souffrance que par quelque raisonnement si subtil soit-il.

5.La résistance non-violente ne cherche pas seulement à éviter de se servir de la violence physique ou extérieure. Elle concerne aussi notre être intérieur. Elle consiste à refuser la haine et à vivre selon des principes fondés sur l’amour. Il faut briser le cercle vicieux de la haine et de la violence et retrouver la fraternité humaine. Celui qui me fait du mal se fait d’abord du mal à lui-même.

6.Et enfin, le principe de non-violence est fondé sur la conviction que l’univers est du côté de la justice. C’est une foi profonde en l’avenir basée sur l’idée selon laquelle Dieu est toujours pour la vérité et pour la justice.

Dans sa lutte pour une plus grande justice, le non-violent se sent continuellement accompagné par Dieu.


Le dernier discours de Martin Luther King:           "J'ai été sur la montagne et j'ai vu la terre promise"


Ceci est le dernier discours public de Martin Luther King Jr la veille de son assassinat. Le héros était fatigué, harcelé par les pressions politiques, mais le combattant en lui, l'homme de conviction était debout. Martin Luther King livre comme un testament, résume la colonne vertébrale du combat qu'il a mené. Il dit une chose admirable qui peut se résumer en cette phrase : plutôt que de me demander ce que je gagnerais à arrêter le combat, je me demande ce que les autres perdraient si j'arrêtais. Mais quel homme admirable il a été ! Le 3 avril 1968, il prononce un discours poignant qui a des résonnances prémonitoires. Pour ceux qui comprennent l'anglais je vous laisse la voix et la conviction de cet homme admirable et admiré à dessein. Voici des extraits de la fin émouvante du discours :

Eh bien, je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m'importe ce qui va m'arriver maintenant, car je suis allé jusqu'au sommet de la montagne.

Je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m'en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite.

Et il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. J'ai regardé autour de moi. Et j'ai vu la Terre promise. Il se peut que je n'y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise.

Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur.”

Le jour suivant, le 4 avril 1968, Martin Luther King avant d'aller diner chez le pasteur Kyles chez qui il est invité, le pasteur King sort sur le balcon qui surplombe le parking du motel.
Il est 18 h 01 quand claque un coup de feu. La balle lui fracasse la mâchoire avant de lui briser la colonne vertébrale. Immédiatement transporté à l'hôpital Saint-Joseph, le combattant de la non-violence baisse les armes d'amour et s'envole rejoindre Celui dont il a contemplé la gloire sur la montagne. Il avait 39 ans, une épouse et 4 enfants très jeunes. Il est mort d'avoir aimé, d'avoir eu un rêve, d'avoir rêvé pour ses enfants, d'avoir rêvé pour vous et moi, d'avoir rêvé une humanité plus belle et plus fraternelle.

J'ai connu l'existence de Martin Luther King bien longtemps après sa mort. J'ai été saisie par cet homme, ce combat, ce message, cette vie qui a marqué mon esprit. Je me souviens de ma tristesse en découvrant sa vie au travers de la narration de sa mort. Découvrir, admirer et perdre un être qui à peine découvert devient si cher. Bizarre non ? Depuis je me suis toujours sentie comme orpheline de lui, comme orpheline d'un vecteur d'idéal. De cet amour là, de cette résistance à la haine en réponse à la haine, de cette révolution d'amour pour endiguer les flots de haine, je me sens orpheline parce que la colère semble dans mon époque faire plus de bruit que cet idéal là. Parce que peu de voix sont audibles pour porter ce message. Pour porter le refus de l'injustice sans sombrer pour autant dans une autre forme d'injustice. Sans pour autant céder à la violence qui peut gronder en soi face à l'injustice. Cette voix là, la voix du Pasteur King a pour moi des résonnances magnifiques.

Hommage ému à cet homme dont le parcours a marqué ma vie et dont l'exemple aide à contenir les émotions négatives qui peuvent affluer dans certaines circonstances.


Vidéo YouTube


Je revois encore les images de MLK, alors qu'il prononce la fin de ce discours avec conviction. Je le revois s'effondrer à la fin comme si ses jambes ne le portaient plus, comme s'il était vaincu par l'intensité de l'instant. C'est émouvant, c'est un moment qui me prend aux tripes et qui me serre la gorge. Un moment de l'histoire du 20eme siècle.

Un homme important a foulé le sol de notre terre en ce 20ème siècle. Son action mérite que sa mémoire perdure.




Né en 1918 à Mvezo, un village situé au sud-est de l'Union sud-africaine, Nelson Mandela est entré dans la clandestinité en 1960 après des années de militantisme politique, lorsque l'ANC (African National Congress), principal mouvement de défense des noirs, s'est trouvé interdit par les autorités.  Arrêté en 1962, celui que l'on surnommait Rolihlahla, «fauteur de troubles», a ainsi été privé de sa liberté durant vingt-sept ans.

L'arrivée au pouvoir de Frederik De Klerk en 1989 permet sa libération en 1990, l'autorisation de l'ANC, puis l'abolition de l'apartheid en 1991. Mandela et De Klerk partagent ainsi, en 1993, le prix Nobel de la Paix, et les Noirs, jusque-là exclus de la vie politique, peuvent enfin voter les 26 et 27 avril 1994. Les électeurs sont si nombreux que certains attendront patiemment leur tour pendant plus de dix heures. Et les résultats marquent une grande victoire pour l'ANC, avec 62,6% des voix et la majorité dans sept provinces sur neuf.

L'investiture de Nelson Mandela, le 10 mai 1994, a lieu devant soixante mille personnes, en présence de 180 délégations étrangères et de personnalités comme Hillary Clinton, le prince Philip au nom d'Elizabeth II, Yasser Arafat, ou encore Fidel Castro. Son discours inaugural, qui en appelle à la naissance d'une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde, marque donc le retour de l'Afrique du Sud dans le concert des nations.

Premier président d'une Afrique du Sud assumant sa diversité, il alternera, au fil de son mandat, les succès et les échecs mais saura, à l'issue de celui-ci, ne pas s'accrocher au pouvoir et céder la main, donnant ainsi un dernier exemple à d'autres leaders du continent.