Blog‎ > ‎

Les femmes dans les zones de conflits ...

publié le 12 févr. 2014 à 07:29 par Françoise Traverso   [ mis à jour : 12 févr. 2014 à 12:21 ]



Le  Sénat français a abordé la question des violences sexuelles

sur les femmes dans les zones des conflits.


Les sénateurs français ont organisé un débat public le 5 février dernier à Paris à la demande de la commission des droits des femmes du sénat à Paris sur les violences sexuelles en tant de guerre.

En effet, ils ont parlé des violences sexuelles que subissent les  femmes  lorsqu’il y a des conflits armés, et l’application par la France  de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations unies.

Après avoir entendu des témoignages bouleversants des témoins et des femmes violées, les sénateurs trouvent que le viol est une manifestation de la domination des hommes sur les femmes.

C’est  vraiment une insulte faite aux victimes, aux femmes chosifiées dépourvues de défense.

Le corps de la femme est donc devenu un butin de guerre qu’on utilise pour exterminer ou détruire l’identité  ethnique d’une population (tel le cas du Rwanda en 1994).

Le viol laisse plusieurs conséquences dans la famille et dans le corps de la victime :

Ø Propagation du VIH/sida,

Ø Epuration ethnique,

Ø Destruction de l’économie familiale tenue en grande partie par la femme    pour la survie de ses proches,

Ø Des grossesses non désirées lui imposée à porter l’enfant de l’ennemi.

Ø Blessures individuelles non cicatrisées,

Ø Humiliation des proches et de toute la communauté créant une chaine de souffrances et du déshonneur,

Ø Stigmatisation des victimes au risque de conduire au suicide.

 Devant cette folie humaine, les sénateurs ne veulent pas rester indifférents face au lourd tribut que payent les femmes.

Ils lancent un vibrant appel à la mobilisation internationale pour dénoncer ces atrocités et ne jamais s’en harmoniser.

En Inde, en Bosnie, au Rwanda et en République Démocratique du Congo, il y a eu des viols collectifs.

Voilà qu’il est important de créer un réseau diplomatique pour abolir tous les camps des femmes violées à travers le monde.

En fait, le viol n’est pas une fatalité, il faut absolument  le bannir.

Soudain une sénatrice a soulevé la responsabilité des grandes puissances occidentales dans cette affaire.

Ø Elle a dit que les pays développés vont chercher les matières rares en Afrique pour faire fonctionner leurs industries.

Ø Ces matières entrent dans la fabrication des portables dont personne ne peut s’en passer, des tablettes et autres.

Ø Au lieu de les acheter légalement, nous utilisons des troupes armées qui créent des guerres pour en profiter.

Ø Nous voulons développer l’industrie d’armement sans tenir compte des dégâts énormes  que l’on fait des nos armes.

Ø Nos  acheteurs les brandissent pour violer  les femmes à leur guise et tuer les hommes.

Elle a aussi parlé d’une femme violée qui a demandé l’asile en France afin de rester loin des abuseurs et cacher sa honte. Vivant en clandestinité sans papier, elle s’est faite violée sur le territoire français ; mais le 2ème violeur l’a abandonnée avec sa grossesse.

La préfecture ne veut pas lui accorder le droit d’asile.

Comment vouloir une  chose et son contraire à la fois ?

La sénatrice a attiré l’attention de ses collègues à ne pas donner des injonctions contraires aux principes et valeurs républicains et à  revoir le  protocole de vente d‘armes aux troupes armées.

 

Les intervenants à cette séance ont proposé ce qui suit :


*  Interdire le filmage et la projection des images des femmes violées.

*  Mettre fin à l’impunité des bourreaux.

*  Que la France, pays de droit fasse pression sur les pays incriminés en condamnant cette douloureuse situation.

*  Donner accès à la justice et l’accompagnement des femmes et filles violées, ainsi qu’aux enfants nés de ces viols.

*  Offrir l’aide médicale, économique et psychologique aux victimes.

*  Former les femmes et familles militaires dans leurs camps.

*  Associer les femmes dans les concertations et recherche de la paix

*  Placer les femmes à des postes de décision.

*  Revoir le traité sur le commerce des armes classiques.

*  Renforcer la capacité des ONG dans l’art de maintien de paix.

 

Madame BENGUIGUI Ministre chargée de la Francophonie ayant tracé  un constat sur l’ampleur des horreurs à l’est de la République Démocratique du Congo déplore le ravage de ce phénomène et l’atteinte de l’intégrité  territoriale.

La Porte-parole du gouvernement  et Ministre des droits des femmes Madame BELKACEM se dit déterminée à lutter contre les violences sexuelles pour condamner leurs auteurs. Elle appuie Madame FATOU BENSOUDA Procureur de la Cour Pénale Internationale dans son rôle de faire appliquer la loi et rendre justice lorsque les tribunaux nationaux sont incompétents.

Le procès qui s’ouvre à Goma en RDC est un test pour le gouvernement congolais de faire preuve de rendre justice aux victimes.

Engagée dans le théâtre des opérations armées, la France a besoin de renforcer sa politique étrangère par une volonté politique, un engagement sérieux avec des ressources conséquentes.

Les participants à ce débat ont félicité la nomination de Madame Catherine SAMBA PANZA à la Présidence du gouvernement de transition en Centrafrique.

La France défend les droits des femmes face aux traditions. Elle soutient la tenue du Forum des femmes qui aura lieu le 3 mars 2014 à Kinshasa.


Anastasie Mutoka

Correspondante à Paris

 

 

Comments