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Le BCNUDH publie un rapport troublant sur le nombre de victimes des violences sexuelles en RDC

publié le 18 avr. 2014 à 09:51 par Françoise Traverso   [ mis à jour : 18 avr. 2014 à 09:55 ]

Avancées et obstacles dans la lutte contre l’impunité des violences sexuelles en RDC, tel est l’intitulé du nouveau rapport du Bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme, rendu public hier mercredi 16 avril au cours du rendez-vous hebdomadaire de la Monusco. Ce rapport, qui couvre la période de janvier 2010 à décembre 2013, a enregistré 3.635 victimes de violences sexuelles à travers la RDC.

Selon le BCNUDH, les groupes armés ont été les présumés responsables d’actes de violence qui ont touché un peu plus de la moitié du nombre total de victimes documentés (1.820 victimes). Tandis que les agents de l’Etat se seraient rendus coupables d’actes de violence sexuelle contre un peu moins de la moitié du nombre total des victimes (1815 victimes).

Le rapport note également qu’au cours de la période considérée, les groupes armés, ont été les principaux auteurs de violence sexuelle.

Les FARDC, quant à elles, auraient été responsables d’actes de viol et d’autres formes de violences sexuelles contre le plus grand nombre de victimes, qui auraient été principalement commis dans le contexte d’opérations militaires contre les groupes armés dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Province Orientale touchées par les conflits.

A en croire BCNUDH, certaines avancées ont été observées dans la lutte contre l’impunité pour les crimes de violence sexuelle, ces dernières années. Cet organe des Nations unies a enregistré une augmentation du nombre de poursuites des agents de l’Etat pour des actes de violences sexuelles grâce en partie à la tenue d’audiences foraines et à l’appui technique et logistique apporté par les acteurs internationaux, y compris la Monusco, aux enquêtes de la justice militaire.

D’autres développements positifs dans la lutte contre l’impunité incluent les récents engagements pris par les autorités de la RDC au plus haut niveau à s’engager sur les questions liées à la violence sexuelle, notamment grâce à la signature d’un communiqué conjoint sur la violence sexuelle, signé avec l’organisation des Nations Unies en mars 2013. 

Toutefois, le rapport reconnait au moins que la plupart des cas de violences sexuelles ne font jamais l’objet d’enquêtes ou de poursuites et peu de cas sont même rapportés.
 

Parmi les obstacles majeurs, il évoque le fait que de nombreuses victimes ne signalent pas leur cas par crainte de représailles par les auteurs présumés, de stigmatisation et/ou de rejet par leurs familles et communautés. L’impunité pour les crimes de violence sexuelle est davantage aggravée par d’autres facteurs tels que les efforts limités de certaines autorités congolaises à poursuivre de tels crimes, le manque de capacités financières, opérationnels et humaines, ainsi que les cas de corruption au sein du système judiciaire.

Par ailleurs, notre source indique que beaucoup de femmes et de filles qui ont été violées souffrent de complications médicales et de traumatismes mentaux graves, mais n’ont toujours pas accès à une assistance médicale et psychosociale.

Ainsi, comme la RDC ne dispose notamment pas d’un fonds de réparation, les victimes, à qui des dommages et intérêts ont été octroyés, n’ont rarement, voire jamais, reçu de tels paiements de leurs auteurs ou de l’Etat, ajoute ce document du BCNUDH.

En conséquence, les victimes sont peu motivées à poursuivre leurs cas devant les tribunaux, compte tenu également des risques liés à leur comparution. Les victimes sont également régulièrement confrontées à la pression de leurs familles et des dirigeants de leurs communautés qui les poussent à procéder à un règlement à l’amiable avec les auteurs, conclut le rapport.


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