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L’EXECUTION DE PAUL SADALA alias MORGAN !

publié le 19 avr. 2014 à 14:29 par Françoise Traverso   [ mis à jour : 19 avr. 2014 à 14:36 ]

COMMUNIQUE DE PRESSE N°018/RDC/VSV/CE/2014



CONTRE L’EXÉCUTION SOMMAIRE ET EXTRAJUDICIAIRE DE PAUL SADALA alias MORGAN 

 

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement préoccupée par la banalisation de la vie humaine en République Démocratique du Congo (RDCongo). La VSV proteste et dénonce les exécutions sommaires et extrajudiciaires dont la dernière en date est celle de monsieur Paul Sadala alias Morgan, ancien Chef milicien Maï-Maï Simba, lundi 14 avril 2014, à Molokai, en Ituri, Province Orientale.

 

Il sied de noter qu’après la défaite en novembre 2013 du Mouvement du 23 Mars (M23) par les Forces Armées de la RDCongo (FARDC) appuyées par la Brigade d’intervention de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilité du Congo (MONUSCO), le gouvernement de la RDCongo et la MONUSCO avaient invité tous les groupes armés opérant en RDCongo à déposer les armes au risque d’y être contraints par la force.

Vendredi 11 avril 2014, après de longues négociations avec les chefs coutumiers et notables du territoire de Mambassa, Paul Sadala alias Morgan en compagnie de quarante-deux (42) combattants de sa milice se sont rendus volontairement aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Lundi 14 avril 2014, un convoi des FARDC serait parti à Badengayido pour escorter Morgan et ses hommes à Bunia, chef-lieu du district de l’Ituri.

Curieusement le même jour, l’opinion publique a été surprise d’apprendre l’exécution sommaire et extrajudiciaire de M. Paul Sadala alias Morgan alors que ce dernier aurait dû être présenté devant la justice pour répondre des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont il a souvent été accusé.

L’exécution sommaire et extrajudiciaire planifiée et ciblée du milicien Paul Sadala alias Morgan au moment où il s’est volontairement rendu en déposant les armes viole les Conventions de Genève et ne constitue pas moins un crime de guerre dont les auteurs ne doivent pas rester impunis.

De même, cette exécution sommaire ne contribue nullement à la paix, la sécurité et la stabilité d’autant plus qu’elle est susceptible de décourager et dissuader les autres milices à se rendre aux FARDC ou à la MONUSCO craignant ainsi de subir le même sort.      

Pour l’opinion publique, les commanditaires, complices et exécutants de ce crime auraient agi en connaissance de cause en vue de se débarrasser de quelqu’un qui pouvait le moment venu dévoiler devant la justice les complicités et appuis dont il aurait bénéficié dans la commission des violations massives des droits humains et du droit international humanitaire ainsi que les massacres des Okapis dans la faune d’Epulu en juin 2012.

Pour la VSV, aucun motif, aucune raison ne saurait justifier l’exécution sommaire et extrajudiciaire d’une personne quels que soient les crimes dont elle est accusée dès lors que pour les nations respectueuses de la dignité humaine, la justice est la seule voie à privilégier.

En définitive, la VSV exige des autorités congolaises:

-      L’ouverture d’une enquête effectivement indépendante sur l’exécution sommaire et extrajudiciaire du milicien Paul Sadala alias Morgan en vue d’en faire toute la lumière et d’en établir les responsabilités ;

 

-      L’arrestation immédiate des présumés auteurs, commanditaires et exécutants du crime sus évoqué afin qu’ils répondent de leurs actes  devant la justice.

 

Fait à Kinshasa, le 16 avril 2014.

 

 

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

 

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