4. Statut et représentation symbolique du Mah-Jong

STATUT ET REPRÉSENTATION SYMBOLIQUE

Initialement composé de papier, il est constitué de 144 tuiles de plastique, de bois ou d’ivoire, d’où sa filiation avec les dominos. Il fait aussi appel aux dés.

Le jeu relève donc des principes de certains jeux de cartes connus (poker et rami, entre autres) puisqu’il s’agit encore de faire des séquences, des brelans, des carrés à partir des tuiles du « mur » distribuées au départ, ainsi qu’à l’aide des tuiles rejetées par les trois autres joueurs. C’est à l’aide du jet de dés que l’on décidera qui occupera la position du « vent d’est » ou zhuang (banquier ou juge) ; celui-ci joue le premier et sera suivi par son voisin de droite. Le rôle de banquier change après une manche (quatre tours). En Chine, le décompte des points comme les règles du jeu sont très arbitraires et comptent à peu près autant de versions qu’il se tient de tables de jeu.

Les symboles sur les 144 tuiles sont de graphie simple mais leur sens est passible de plusieurs interprétations : en premier lieu, quatre séries de 9 tuiles, ornées de cercles qui représenteraient des sapèques. La simplification de cette représentation de sapèques en simples cercles a donné naissance à de nouvelles appellations, soit tong (tube), ou plus communément bing (galette), dans lesquelles la forme inscrite inspire le nom employé.

L’argent est encore au centre et à l’origine du jeu avec les bambous que l’on nomme tiao (bâton) ou encore suo (corde), répartis aussi en quatre séries de tuiles allant de un à neuf : il s’agirait initialement de ligatures de sapèques (les sapèques en grand nombre étaient retenues par leur centre avec une corde). Un des ancêtres du mah-jong nommé shuqianyezi ou wenqianyezi, que l’on peut traduire par « jeu (de cartes) des sapèques » ou « jeu de l’argent », comportait en effet ce symbole des ligatures qui aurait été remplacé par des bambous.

En troisième lieu, les caractères wan (dix mille), également traduits par « myriades », encore une fois échelonnés en quatre séries de un à neuf. Il s’agirait toujours de la représentation de l’argent où, plutôt que d’illustrer la pièce de monnaie elle-même, on illustre la somme qu’elle vaut. Ceci remonte également au jeu de cartes « des sapèques », dont les symboles « ont été vraisemblablement imités des billets de banque chinois (du XVIIe siècle) dont elles (les cartes monétaires) ont emprunté les symboles picturaux indiquant leur valeur » (6).

Le jeu est complété par la série des quatre vents (bei, nan, dong et xi feng), qui représentent les quatre directions terrestres. Ensuite, la série des trois flèches (san jian) comprend 4 tuiles rouges hong zhong, 4 tuiles vertes lü fa ou fa cai (fortune), 4 tuiles blanches bai ban (tableau blanc). Enfin, le jeu comprend encore quatre fleurs lanhua, juhua, meihua et zhuhua (orchidée, chrysanthème, prunier et bambou) et les quatre saisons chun, xia, qiu et dong, ce qui donne les 144 tuiles du total.

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