Portraits de théologiennes (extraits)


Parmi les premières est rares théologiennes qui ont questionné le langage et la pensée qui exprimaient la connaissance théologique, vers la fin du XXe s. , on trouve :


Kari Elisabeth Börresen : déraciner l’injustice. Retrouver l’égalité.

Elle est une théologienne norvégienne, catholique. Portée par son histoire, elle va chercher, et dévoiler, les racines de la misogynie qui grèvent l’anthropologie chrétienne, et va leur opposer une perspective inclusive, soit, qui considère la femme et l’homme comme égaux devant Dieu. Son œuvre s’inscrit donc, aux côtés d’autres, dans ce qu’elle désigne comme la réforme matristique du christianisme.

Elle est née à Oslo le 16 octobre 1932 et décédée en 2016. Magister Artium en histoire des idées, en 1960. Dr en philosophie en 1968 (Université d’Oslo). Chercheur et enseignante dans plusieurs universités, elle y a reçu d’importantes distinctions. Elle a coordonné des projets en Etudes Genre et Religion, ou encore, Religion, Genre et droits humains. Elle est Senior Pr. d’Histoire de l’Eglise à l’Université d’Oslo depuis 2003. Elle a écrit notamment : Subordination et Équivalence. Nature et rôle de la femme d'après Augustin et Thomas d'Aquin, Oslo, Paris, 1968. Fondements anthropologiques de la relation entre l’homme et la femme dans la théologie classique, Concilium 111,1976. Voir aussi le no 166, 1981, pour l’article cité dans le texte ci-dessus. Image of God and Gender Models in Judaeo-Christian Tradition, Minneapolis, Fortress P., 1991. Christine, reine de Suède : autonomie et foi rationnelle, Annuaire de l’AFERT, 2007, p.163ss.


France Quéré : la vie des femmes, la science, l’éthique.

France Jaulmes Quéré, est une théologienne protestante, française, née à Montpellier (Hérault). Elle s’est intéressée à l’avenir du bien vivre ensemble par ses travaux d’éthique ainsi qu’aux débuts de l’histoire du christianisme, en particulier pour y repérer la place des femmes. Une foi vivante et une confiance en l’avenir de l’être humain, capable d’amour envers son prochain, s’ajoutent à sa pensée nuancée pour traiter de problématiques fondamentales pour la vie humaine. La vie de la femme et l’éthique de la famille Liberté, conscience, engagement caractérisent sa vie. Elle s’intéresse à l’éthique de la famille. Lorsqu’elle écrit Le dénuement de l’espérance, sa pensée rejoint l’actualité sociale, soit l’ébullition causée par la révolte des femmes envers les diktats d’une société qui leur dénie le droit de réguler les naissances et de pratiquer l’avortement. Les progrès scientifiques dans la gestion de la fécondité humaine, leur évolution, leurs implications pour l’existence humaine, en particulier pour la femme, sont au centre de ses préoccupations. Elle est née le 27 avril 1936 à Montpellier et décédée le 14 avril 1995 d’une grave maladie. Elle a effectué des études classiques et de théologie dans cette ville. Elle a été mariée et mère de trois enfants. Théologienne protestante, d’abord spécialiste des Pères de l’Eglise, elle travailla l’éthique et la bioéthique. Elle publia de nombreux articles et ouvrages dont Les femmes de l’Evangile, 1982 ; La Femme et les Pères de l’Eglise, 1997. L’éthique et la vie, 1991; Conscience et neurosciences, 2001 ; Au fil de la foi, B. Sesbouë ed.


Pour d'autres portraits, voir mon volume Itinéraires ( en publication).