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Le sacrement de réconciliation


 

Réflexion

LE PARDON COMME UN CADEAU.

COMMENT L’EXPERIENCE DU PARDON INVITE A  HABITER LA CONFIANCE.

TEMOIGNAGE D’UN CHRETIEN D’AUJOURD’HUI.

1. Pour les chrétiens, l’amour de Dieu est sans condition préalable et le caractère
inconditionnel de l’amour de Dieu pour nous se manifeste au plus intense dans
l’expérience du pardon.

Si j’osais le mot, je te dirais que c’est presque incroyable ! C’est peut-être à cause de cela
qu’il y a un sacrement qui permet de le vivre.

Tu connais le dicton populaire : « faute avouée est à demi pardonnée ». Eh bien ce dicton ne
vient pas de l’Evangile. A vrai dire, dis-toi qu’il n’a pas grand’chose à voir avec l’Evangile !

Comme beaucoup de gens, j’ai cru pendant longtemps que j’obtenais le pardon de Dieu
par l’aveu de mes fautes, en reconnaissant mes péchés. Il fallait que j’avoue, que je
regrette beaucoup mon péché en ayant un cœur contrit et lorsque toutes ces conditions étaient
réunies, alors c’était comme si j’avais le droit de recevoir le pardon, même si après cela il me

restait à faire à faire une petite pénitence, dont d’ailleurs, je ne comprenais pas en quoi dire le
Notre Père ou prier Marie constituait une pénitence.

Je ne te dis pas que c’était ce que disait l’Eglise mais c’est comme cela que je le vivais ! Il
est vrai que l’habitude de commencer la confession par l’aveu de son péché pouvait
induire cette compréhension erronée ; le mot confession en était même venu à désigner
exclusivement l’aveu. Je n’ose pas te dire mais on avait aussi d’autres expressions plus
prosaïques pour parler de la confession !

2. Aujourd’hui je ne peux plus comprendre de cette façon et le rite du sacrement de
réconciliation m’a beaucoup aidé.

En effet, quand je célèbre ce sacrement, je commence, avant toutes choses, par faire
mémoire de l’amour inconditionnel de Dieu. Avec le prêtre, je lis un passage choisi de
l’Ecriture qui me remet en présence du pardon de Dieu. D’ailleurs le prêtre lui-même,
avant toute chose, m’a dit, dès le début, une formule pour m’indiquer clairement ce pardon et
m’inviter à faire confiance. Souvent cela me conduit à remercier en disant à Dieu, en
présence du prêtre, combien concrètement je me sais et me reconnais aimé de Lui, tous
les signes de cet amour que je vois dans ma vie.

Après quoi, parce que je sais et que je crois que Dieu m’a pardonné, je peux faire
l’aveu de mes fautes et reconnaître ma situation de pécheur. L’aveu n’est pas le moyen
pour obtenir le pardon mais j’oserais dire que c’est presque le contraire : je n’avoue pas mes
péchés pour être pardonné mais, parce que je sais que je suis pardonné, je peux dire mes
péchés.

3. Une petite phrase d’un psaume m’a beaucoup fait réfléchir et m’a finalement bien
aidé : « Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés »

Etonnant ! Comme si l’aveu de sa faute était une manière de rendre grâce au Seigneur !
Cela pourrait presque paraître irrespectueux mais, à bien réfléchir, je comprends de la manière
suivante : L’amour de Dieu, son pardon sans condition est une grâce, un magnifique
cadeau. Plus je réalise l’amour de Dieu pour moi, plus je trouve ce cadeau extraordinaire. Or
un cadeau est toujours gratuit sinon ce n’est plus un cadeau ! Cela ne se mérite pas ! Cela ne
s’achète pas non plus ! Le pardon est le plus beau des cadeaux, le plus grand don de Dieu
que je ne peux ni mériter ni acheter, pas même en avouant mes péchés ! En revanche, un
cadeau est vraiment un cadeau quand je remercie celui qui me le donne. La théologie a
des mots pour exprimer ce merci : on appelle cela : « rendre grâce ». Puisqu’on a reçu une
grâce, lorsque l’on remercie, on rend grâce ! jusque-là je comprends …

4. Dans le sacrement, on rend grâce en reconnaissant ses péchés !

C’est étonnant qu’avouer sa faute soit une manière de rendre grâce. Mais , finalement,
c’est bien une manière de dire à Dieu qu’on se sait tellement aimé que l’on est confiant
au point de pouvoir dire sa situation de pécheur. Qu’est-ce qui peut faire plus plaisir au
Père que cette confiance en son pardon ? Bien sûr qu’on regrette d’être pécheur ! On s’en
passerait bien !

Tu vois, l’important est de se recentrer non pas tant sur le péché que sur le pardon ! Je
te disais que le dicton populaire : faute avouée est à demi pardonnée n’était pas très

évangélique ; on pourrait presque dire le contraire … Faute que l’on sait pardonnée est à demi
avouée !

5. En te racontant cela, je comprends mieux le mot de confession.

Finalement c’est un très beau mot. Certes c’est confesser ses péchés mais c’est aussi et
surtout dans son sens premier : confesser sa foi et confesser l’amour de Dieu. C’est donc
confesser sa foi et l’amour de Dieu pour nous, en confessant ses péchés.

Tu vois quand on réfléchit aux rites et que l’on apprend peu à peu à bien les vivre, à
habiter l’esprit de la liturgie, ils nous font comprendre les choses de la foi et nous aident
à remettre dans le sens de l’Evangile ce que l’on pourrait fausser. On entend reprocher à la
religion chrétienne d’être culpabilisante. Ce reproche , vrai parfois, il faut bien le reconnaître,
s’évanouit quand, au-delà des déviations, on entre dans le mystère de Dieu et de son
pardon ! Quelle liberté offerte !

Christian SALENSON




POUR REFLECHIR ENTRE PARENTS

1. Quel changement est-ce que je découvre dans l’approche du pardon de Dieu en lisant
ce texte ?

2. Repérez les déplacements qui s’opèrent entre le pardon et l’aveu ?
Dieu met-il des conditions pour donner son pardon ?
A quoi voit-on cela ?

3. A la lecture de ce texte, que ressentez-vous ? Qu’est-ce que cela remet en cause ?
- Ce texte transforme-t-il vos représentations de l’amour de Dieu et de son pardon
donné sans condition ?
- Quels changements, cette réflexion provoque-t-elle dans votre propre vie de foi ?
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Thierry Kocenko,
4 août 2011 à 16:40
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