Label INTAKT


Alexander HAWKINS

TOGETHERNESS MUSIC

Personnel détaillé sur le livret

Au saxophone soprano et en souffle continu, Evan Parker ouvre la première pièce (il y en aura six) de Togetherness Music. Un unisson mouvant l’entoure et s’égrène en sifflements déviants avant retour à l’unisson parfait.

On comprend assez vite la stratégie du disque : d’un côté 10 improvisateurs conduits par le chef Aaron Holloway-Nahum et de l’autre le Riot Ensemble, quintette à cordes spécialisé dans les musiques contemporaines et écrites. Le grand unificateur de cette séance n’est autre que le pianiste Alexander Hawkins. Mais si la stratégie est bien ici de mettre en confiance improvisateurs et interprètes c’est la partition écrite qui scelle le tout. Ici, une écriture sobre sans ultimatum et où les interventions solistes (celles-ci spontanées) de Percy Pursglove, Neil Charles, Matthew Wright (celle du pianiste-leader accompagné par le quintette s’impose par son étrangeté jazzifiante) résultent attachantes et totalement abouties. Un disque de plus pour mieux connaître l’étonnant Alexander Hawkins.


Tim BERNE

SNAKEOIL / THE DECEPTIVE 4 / LIVE

Tim Berne : as / Oscar Noriega : cl-bcl / Matt Mitchell : p / Ches Smith : dr-per

Désormais bien repéré Snakeoil (Tim Berne, Oscar Noriega, Matt Mitchell, Ches Smith) bénéficie de l’écriture tantôt lyrique tantôt éclatée de l’ami Tim Berne. Une écriture contrapunctique largement moins épidermique que son Bloodcount. Ches Smith et Oscar Noriega ne sont pas les lointains échos de Jim Black et Chris Speed mais deux personnalités singulières : harmoniques déchirantes chez le premier, percussionniste plus que batteur avec le second. Les éructations free des solistes le sont sur des passages a-tempo plutôt que sur le canevas rythmique complexe d’antan. Et c’est plutôt le pianiste qui temporise et injecte l’ossature-écriture de l’ensemble. Quant au leader, ses solos n’ont plus besoin de tremplin mais résultent le plus souvent d’une convulsion immédiate. Néanmoins les résidus de l’ancienne époque ne peuvent totalement s’effacer et restent prégnants, menaçant même d’envahir la sphère. Ainsi, ils servent de piqure de rappel au parcours riche en explorations et rebondissements de l’ami Berne. Ceci pour le premier CD enregistré le premier décembre 2017.

Le second CD enregistré entre 2009 et 2010 alors que le combo n’avait pas encore trouvé son patronyme, regorge d’énergie. La partition est on ne peut peu plus complexe ici : contrepoints stricts, enchâssements des strates, rythmes multidirectionnels, solos cabossés, riffs à rallonge, souffles ultra-croisés, montées anxiogènes : tout au plus peut-on regretter l’absence d’une contrebasse, laquelle aurait pu faciliter les premiers pas déjà fulgurants de Snakeoil.


Aki TAKASE – Christian WEBER – Michael GRIENER

AUGE

Aki Takase : p / Christian Weber : b / Michael Greiner : dr

Dans ses déclarations d’intention Aki Takase aime à répéter qu’il n’existe ni chef ni soumis au sein du trio Aki Takase – Christian WeberMichael Griener. Pas de leader certes mais une pianiste grande sœur veillant à la cohérence du projet.

Toujours d’une virtuosité ébouriffante (Drops of Light), la pianiste reste le centre d’intérêt du trio, délimitant centres et angles mais laissant à ses partenaires la possibilité d’être sous les feux des projecteurs (Face of the Bass). Car il faut louer, ici, la finesse et la haute précision du contrebassiste et du batteur qui, associés à l’élan fougueux de la japonaise argumentent une musique du partage absolu. Ludiques, ils le sont aussi. Ludique, un adjectif idéal pour décrire les jeux de questions-réponses auxquels ils se livrent fiévreusement.

Avec dans le cœur la joie, la répartition des espaces, la douceur du geste, ce trio pourtant débutant déborde d’inventivité et de classe.


James Brandon LEWIS

MOLECULAR

James Brandon Lewis : ts / Aruan Ortiz : p / Brad Jones : b / Chad Taylor : dr

Bien dans l’air du temps, mixant la modernité à des actes plus anciens, le Molecular de James Brandon Lewis n’habite pourtant pas les hautes technicités dont il pourrait se réclamer. Of First Importance par exemple : suave ballade que le saxophoniste retient de son grain sans surcharge et sans pathos.

De manière directe et en introduisant ses solos d’un souffle tout personnel, le saxophoniste milite pour des compositions aux multiples strates, reliées entre elles par le rebond toujours actif du pianiste Aruan Ortiz.

Si les improvisations, courtes ici, ne manquent pas de charme, d’implication et d’à propos, on imagine un plus long développement en concert. Soit, ici, la facilité et l’art (présence magnétisante de Brad Jones et Chad Taylor) de nous mettre l’eau à la bouche en attendant de les découvrir sur scène.


Ingrid LAUBROCK

DREAMT TWICE, TWICE DREAMT

Personnel détaillé sur le livret

Dreamt Twice, Twice Dreamt soit un même projet pour deux formations distinctes.

La première en grande formation avec pour solistes Sam Pluta, Cory Smythe, Robert Landfermann, Tom Rainey et Ingrid Laubrock. D’emblée se devinent tous les possibles et combinaisons contenues dans l’œuvre : allers-retours de la masse orchestrale face au soliste, distanciation de celui-ci ou rapprochement de celle-là. L’option peut être celle de l’étirement ou de l’amalgame. L’écriture, si elle n’est pas cadenassée ici, impose un climat qui reste à défricher. Et il ne faut surtout pas perdre le centre : c’est pourquoi les périphéries sont réduites à leur strict minimum. Place avant tout à la densité orchestrale et à l’enrichissement de cette dernière.

La seconde met en scène Ingrid Laubrock, Cory Smythe, Sam Pluta ainsi que trois guests (Adam Matlock, Josh Modney, Zeena Parkins). Ainsi dénudée, la partition n’en prend que plus de sens. Le piano est un « monstre » d’harmonies sur lequel la saxophoniste définit un voyage en crêtes vives avant que les electronics ne viennent déformer, difracter, renforcer la matière. Prenant une courbe hypnotique, les clusters d’accordéon électrique entretiennent une musique aux contours inquiétants, un violon crissant se permettant d’argumenter l’angoisse. Mais c’est l’écriture contemporaine qui va unir toutes les entrées de la compositrice : dialogue entre piano et saxophone, unissons des écritures en duo, accords distanciés. Ici l’œuvre d’une compositrice s’affirmant de jour en jour.


Christoph IRNIGER Trio

OPEN CITY

Christoph Irniger : ts / Rafaelle Bossard : b / Ziv Ravitz : dr / Loren Stillman : as / Nils Wogram : tb

Si le Pilgrim de Christoph Irniger offre quelques surprises, oursins aux vertus piquantes, Open City du même saxophoniste porte dans sa musique une délicatesse peu ouverte aux aventures.

Racé, fruité, conciliant, charpenté, le jazz d’Irniger semble avoir trouvé son épanouissement. Quand le tempo se libère (Calling), contrebassiste (Rafaelle Bossard) et altiste (Loren Stillman) s’ouvrent à certains traits ornetocolemaniens. De même, le soyeux du ténor du leader et le luxuriant souffle de Nils Wogram (Ballad) sont susceptibles de tresser un pont entre west coast et rites plus modernes. Certes, on ne dira pas d’eux qu’ils sont d’authentiques têtes chercheuses mais on leur accordera bien volontiers la vertu des douceurs tamisées et jamais désuètes.

Pas de poivre et autres épices forts ici : ce sera (peut-être) pour la prochaine fois.


Alexander Von SCHLIPPENBACH

SLOW PIECES FOR AKI

Alex von Schlippenbach : p

Ecrire, composer, improviser, jouer pour l’être aimé(e) : vrai casse-tête ou totale félicité. Reconnaître l’autre à travers l’œuvre ou positionner le curseur sur la surprise, sur l’inattendu. Et attendre le retour de l’autre. Avec angoisse et anxiété.

Improjazz n’étant pas Voici, on se contentera d’écrire qu’ici Alex von Schlippenbach dédie ce disque à sa dame, la fougueuse Aki Takase.

Le pianiste vagabonde en de courtes pièces exécutées le plus souvent avec (grande) lenteur. Cette lenteur n’est pas une mise en espace puisqu’ici les silences sont rares, le sustain de la pédale de volume annulant les distances entre chaque note. S’évacue aussi toute notion de dextérité, de romantisme rance, de lyrisme appuyé au profit d’une vibration sereine, dépouillée, essentielle et aux contours jamais totalement définis. Comme une suspension du temps, comme le mystère entourant l’être aimé(e).


Charlotte GREVE – Vinnie SPERRAZZA – Chris TORDINI

THE CHOIR INVISIBLE

Charlotte Greve : as / Vinnie Sperrazza : dr / Chris Tordini : b

Née à Berlin mais installée à New-York depuis quelques années, Charlotte Greve est une saxophoniste alto au phrasé trainant et fuyant la convulsion comme la peste (pardon : la COVID 19). On pourrait croire ici à une forte timidité voire à un manque de moyen. Mais au fil des minutes, l’évidence s’impose : ne sombrant jamais dans un lyrisme démonstratif, elle torsade avec suavité un phrasé dépouillé et sensuel qui ne demande qu’à s’épanouir. Ainsi, cette économie trouve sens en de nombreuses reprises (1.7 / Change your Name / The Choir Invisible) en particulier quand répétition et enchaînement priment sur un côté sportif qui sera toujours évité ici.

Chris Tordini et Vinnie Sperrarra, autres new-yorkais, sont parfaits d’écoute et de suavité : activité et rondeur permanente pour le premier, jeu aérien et soigné pour le second. On attend la suite avec impatience.


Dave GISLER with Jaimie BRANCH

ZURICH CONCERT

Dave Gisler : g / Jaimie Branch : tp / Rafaelle Bossard : b / Lionel Friedli : dr)

Les premières fois ont ceci de particulier qu’elles évitent le plus souvent l’échec ou du moins l’indifférence. Ainsi de ce premier concert mettant en scène le guitariste Dave Gisler et la trompettiste Jaimie Branch, on louera l’énergie et l’évidence de leur collaboration. Seulement quelques heures de répétition en quartet (n’oublions surtout pas les essentiels Rafaelle Bossard et Lionel Friedli) auront suffi pour que se cristallisent textures et fulgurances.

Textures : structures brumeuses avant découpage binaire tranchant, rock apocalyptique avec guitar heroe démembré et trompettiste en transe, fin bruitisme et stagnation de la matière, découpes rythmiques complexes…

Fulgurances : celles, semble-t-il incontrôlables, de la trompettiste et de ses phrasés dispersés et réduits au cri primal. Fulgurances plus contrôlés d’un guitariste sidérant d’aplomb. Ajoutons à cela un batteur qui « bastonne » et un contrebassiste qui assure et voilà que se profile un salutaire combo.


Fred FRITH – Ikue MORI

A MOUNTAIN DOESN’T KNOW IT’S TALL

Fred Frith : inst-toys-objects-g / Ikue Mori : laptop

Profitant d’une journée de studio libre après l’enregistrement d’une pièce radiophonique de Werner Penzel (oui, celui de Step Across the Border), Fred Frith et Ikue Mori réinstallent leurs bibelots soniques.

Si vous imaginez un disque rempli d’étrangeté, de zapping et d’objets non identifiés, vous ne faites pas fausse route. Fourmis magnétiques grignotant les métaux légers, rebonds électrifiants, koto de poche gangrenant des bols tibétains, gazouillis nocturnes et retors vs papier froissé, brouillages cosmiques : nos deux amis se dépensent sans compter. Et quand en deux occasions, la guitare électrique de Fred (Nothing To It / Now Here) distribue quelques riffs et décharges saturantes, on aimerait que le dialogue se poursuive jusqu’au petit matin.


Mark FELDMAN

SOUNDING POINT

Mark Feldman : vln

Dans le plus profond du baroque et improvisant dans celui-ci de troublantes –et éphémères- modernités (As We Are), dans ce subtil dialogue à deux violons et où s’élance quelque mélodie de haute montagne (Sounding Point), dans la dextérité demandée-exigée par le Peace Warriors d’Ornette, dans cet art de derviche tourneur et au cœur de ce si frêle filet de son (Unbound), dans la pureté de la note en passant par sa putréfaction (Viciously), dans ces rebonds sans cesse recommencés-redemandés (Rebound), dans cet océan de Glass où traînent les traces d’Ysaïe (Maniac), dans ces ruines où s’érigent de nouveaux temples et où s’adorent de nouvelles divinités (New Normal), Mark Feldman est là : virtuose, emporté, vif, sûr, tendu et relâché, jamais étouffant. Imposant, entier et, ici, si joliment inspiré.


Tom RAINEY

OBLIGATO / UNTUCKED IN HANNOVER

Tom Rainey : dr / Ralph Alessi : tp / Ingrid Laubrock : ts-ss / Jacob Sacks : p / Drew Gress : b

L’Obligato de Tom Rainey reprenant standards, ça donne quoi ? Une musique délicieusement west coast pour la plupart du temps, oublieuse des longs solos au profit de contrepoints toujours audacieux et de dialogues constant, de changement de tempos et d’intensités.

Ici, relâchement et élasticité, tempos sans restrictions, les mélodies s’égarent, s’étirent, s’entrecroisent puis s’illuminent de toutes leurs splendeurs (le surgissement de What’s New où l’on croirait entendre le grand Trane dans le souffle d’Ingrid Laubrock). Le leader aère ses solos d’espaces bienvenus, se souvient de Motian aux balais et fait que chacune-chacun donne le meilleur de lui-même. Magnifique.


Irène SCHWEIZER – Hamid DRAKE

CELEBRATION

Irène Schweizer : p / Hamid Drake : dr

On savait depuis un certain disque en trio avec le regretté Fred Anderson que le duo Irène Schweizer – Hamid Drake fonctionnait bien. Celebration confirme avec grandeur notre impression.

C’est bien sur la pianiste (bientôt 80 ans !) qui mène la danse, introduit les climats, les tensions, les détentes, les esthétiques (free, impro, blues, gospel, touches monkiennes, valse…) sans jamais abandonner une bouleversante dextérité, dextérité magiquement entretenue par le batteur.

Quand deux « monstres » aussi généreux se rencontrent, les doutes n’existent plus. Droit au but donc avec cet émerveillement toujours constant, jamais rompu, toujours argumenté pas une complicité sans faille.

L’amour que porte Irène aux batteurs-percussionnistes se trouve ici augmenté d’un chapitre exceptionnel. A quand un coffret reprenant tous les précédents duos ?


Kaja DRAKSLER – Petter ELDTH – Christian LILLINGER

PUNKT. VRT. PLASTIK / SOMIT

Kaja Draksler : p / Peter Eldh : b / Christian Lillinger : dr

Ce qui aurait pu devenir sans de mûres réflexions et de sages questionnements un exercice de virtuosité gratuite est ici un de ces très rares disques que l’on a envie d’écouter sans cesse (à chaque écoute se révèlent de nouvelles pistes). Parce qu’après un premier opus prometteur (mais sans plus), Kaja Draksler, Petter Eldh et Christian Lillinger ont choisi de creuser encore et encore leurs compositions et leurs esthétiques, ce qui couvait éclate dans sa plus évidente beauté.

La porte d’entrée de ces treize pièces résulte d’un découpage par strates (piano, contrebasse, batterie) rythmiques, l’harmonie étant peu ou prou respectée. Chaque strate, parfaitement autonome, s’articule en une masse uniforme. Ici, ce ne sont que faux contrepoints, suspectes interactions mais créant une musique en 3D aux riches circulations. Un miracle ?

La pianiste toujours aussi obsessionnelle mais réduisant ses silences garde le cap sans froideur ni grandiloquence tandis que ses deux amis libèrent, ici et là, des traits soudains mais toujours en phase avec l’idée initiale.

Tout cela pour écrire que cette recherche si sérieuse et si réfléchie s’avère jubilatoire pour nos oreilles. Enthousiasmant.


Michael FORMANEK

IMPERFECT MEASURES

Michael Formanek : b

23 ans après son dernier opus solo, Michael Formanek se retrouve dans la solitude d’un studio, plus précisément celui d’Heartwood Sound Studio de Baltimore le 10 septembre 2017 pour un nouvel exercice en solitaire.

Michael Formanek est, on le sait, un contrebassiste vigoureux et aux lignes précises, denses. La note pourra être pincée, slappée, trillée, butée ou rondement choyée qu’elle ne perdra rien de son expression, de sa destination. Elle ne dira pas sa solitude mais racontera un singulier parcours qui lui aura fait côtoyer Stan Getz, Tim Berne (surtout) ou, aujourd’hui, Mary Halvorson.

C’est qu’ici Michael Formanek se confie sur ses chemins, ceux qu’il aime à emprunter et à ne jamais quitter ou délaisser. Pas question de zapping ou d’un quelconque noyau protecteur mais, au contraire, le désir de fouiller, de construire note après note un édifice aux romantiques contours.

On le préférera dans sa perfection pizzicato ou dans son aventureuse exploration arco qu’il aura en un tour d’archet retourné la situation. Car en homme humble et libre qu’il est, il prend toujours soin de toujours clarifier la matière. Tendre et robuste ce Michael Formanek.


Silke EBERHARD Trio

BEING THE UP AND DOWN

Silke Eberhard : as / Jan Roder : b / Kay Lübke : dr

On commence à bien connaître Silke Eberhard, sa manière de zébrer ses phrases, sa virtuosité toujours entretenue et toujours partagée par ses camarades (ici le contrebassiste Jan Roder et le batteur Kay Lübke).

Il est loin le temps des comparaisons avec Ornette Coleman : Silke déboule avec une énergie phénoménale, une obsession sidérante (festival d’aigus perce-oreilles) et un appétit carnivore. Lequel ne pourrait totalement s’assouvir sans la présence d’une batterie et d’une contrebasse totalement en phase avec l’altiste.

On cherchera en vain un quelconque flottement ici, encore moins trace de lassitude, d’errance ou d’égarement. Il faut dire qu’avec un batteur au si jeu si serré st si fertile, la chose parait impossible. Enregistré entre studio et live sans que l’on en ressente la différence Being The Up & Down est l’album de la maturité pour Silke Eberhard. Puisse-t-il ne pas passer inaperçu.


Tim BERNE – Chris SPEED – Reid ANDERSON – Dave KING

BROKEN SHADOWS

Tim Berne : as / Chris Speed : ts / Reid Anderson : b / Dave King : dr

Ornette, Julius, Charlie et Dewey convoqués par Tim Berne, Chris Speed, Reid Anderson et Dave King ça donne Broken Shadows, un quartet aux airs d’Old & News Dreams et une envie immodérée de s’en remettre au chant. Chant unifié par les deux souffleurs, complices depuis X années, chant originel des œuvres (comme il faut, Song for Che, Broken Shadows) retrouvé dans son intégrité même, chant de gloire et de manifestation (là où ailleurs on les interdit).

Reid Anderson et Dave King, deux vieux amis là-aussi, agissent en fins rythmiciens, vifs et coupants, impulsifs sans être envahissants. Ici, planent les espoirs des grands soirs, ceux entrevus grâce aux Ornette, Julius, Charlie et Dewey hier et Tim, Chris, Reid et Dave aujourd’hui.

Les disques Intakt sont distribués par Orkhêstra


Luc BOUQUET