Femmes pionnières de la grève

Les pionnières de la grève : 
L'histoire des femmes dans le mouvement syndical

Compte rendu de la conférence tenue le 15 décembre 2019 à la Société d'histoire Rosemont-Petite-Patrie. Rédigée par Yves Keller, à partir de notes prises à la conférence. 

La conférencière Melanie Leavitt, membre du conseil d'administration de Mémoire du Micle-End, anime des visites à pied et des conférences sur l'histoire des femmes, le syndicalisme et l'industrie du vêtement.  

Rédaction:  Yves Keller à partir des notes prises à la conférence. 

L'industrie de la confection de vêtements à Montréal

Aujourd’hui, les édifices Vineberg et Peck témoignent de l’importance qu’a eue l’industrie de la confection de vêtements à Montréal. La rue Saint-Laurent a été le centre de l’industrie du vêtement au Canada et le deuxième en importance en Amérique du Nord, après New York. Au début du XXe siècle, c’est le secteur industriel le plus important, en termes d’emplois et de revenus, pour les femmes.

 



Édifice Vineberg (1911-1912), situé au 4060, boulevard Saint-Laurent, reconverti en tour d’habitations aménagée en lofts

http://www.espaceloft.com/eloft-le-breman_19-Fr

 

Photo : Kate Warrington
Édifice Peck (1905-1912), situé au 5505, boulevard Saint-Laurent, dans le Mile-End, aujourd’hui occupé par Ubisoft.
https://impakter.com/how-montreals-mile-end-has-remained-an-artist-haven/

Les travailleuses et les conditions de travail

Dans l’industrie du vêtement, on constate une compartimentation de la main-d’œuvre en fonction du sexe et de l’origine ethnique et linguistique. C’est ainsi que la spécialisation du travail est davantage déterminée par le sexe de la personne que par le degré de compétence nécessaire pour effectuer la tâche. Les hommes sont tailleurs, presseurs, coupeurs, emplois présentés comme qualifiés. Les femmes sont finisseuses de vêtements et opératrices, emplois présentés comme non qualifiés.

À l’époque, la vocation des femmes est de rester à la maison pour faire des enfants, les élever et s’occuper du foyer. Elles travaillent en attendant de se marier. Elles sont donc généralement jeunes et célibataires. Ce sont des travailleuses « temporaires », donc plus faciles à exploiter et peu susceptibles de s’organiser. Les hommes sont surtout des immigrants juifs, tandis que l’origine des femmes est plutôt mixte : au départ, 60 % d’immigrantes surtout juives et 40 % de Canadiennes françaises. Cette proportion va progressivement s’inverser.

Le travail dure de 60 à 70 heures par semaine, 6 jours sur 7. La rémunération se fait à la pièce.

En plus du travail à l’usine, il faut compter les heures à la maison, nécessaires pour atteindre les quotas exigés ou pour améliorer le revenu.

L’âge minimal des travailleurs est de 14 ans pour les filles et de 12 ans pour les garçons, mais à la maison tout le monde doit participer, quel que soit l’âge, des enfants aux grands-parents.

Au début, il y a plus d’hommes que de femmes, mais la possibilité de payer deux fois moins les femmes va favoriser l’augmentation de leur nombre.

À partir de 1920, on assiste à une automatisation de l’industrie en général. Par contre, dans l’industrie du vêtement, on a plutôt tendance à augmenter la quantité de main-d’œuvre, surtout composée de femmes, donc bon marché.

Outre les bas salaires, les conditions de travail sont très mauvaises : ventilation défectueuse (chaleur, atmosphère suffocante), éclairage insuffisant (problèmes de vision), difficulté d’obtenir des temps de pauses. On parle alors d’« ateliers de misère 

Le syndicalisme au féminin (1903-2000)

Le début du mouvement syndical « international » nord-américain

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, New York et Montréal sont des villes d’accueil des immigrants, surtout des juifs. Leur orientation politique a plutôt tendance à être radicale.

On trouve chez eux un « arc-en-ciel » d’idéologies marquées à gauche, importées d’Europe : on rencontre des militants communistes, socialistes, marxistes, anarchiques, etc. C’est grâce à eux que débutent les mouvements de revendications en Amérique du Nord, d’abord à New York.

L’International Ladies’ Garment Workers’ Union ou ILGWU (Union des ouvriers des vêtements pour dames), issue de la fusion de sept syndicats locaux, est fondée en 1900 à New York par des immigrés juifs, venus de Russie et de Pologne, afin de représenter les ouvrières de l’industrie des vêtements pour femmes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/International_Ladies%27_Garment_Workers%27_Union

Les revendications ne sont pas seulement d’ordre pécuniaire. Elles visent l’amélioration non seulement des conditions de travail, mais aussi de vie : c’est la condition ouvrière dans sa globalité qu’on cherche à changer. Leurs objectifs sont, entre autres, l’amélioration de la salubrité des lieux de travail et de la santé. Pendant l’hiver 1909 se produit ce qu’on a appelé le « soulèvement des 20 000 ». À la suite de cette révolte, 90 % des ateliers ont acquis une présence syndicale. 

L’incendie mortel de la Triangle Shirtwaist Factory, à New York, le 25 mars 1911 fait prendre conscience au public des conditions de travail misérables des ouvrières. L’incendie cause la mort de 146 travailleuses de l’usine de confection et provoque 71 blessés, essentiellement des femmes originaires du sud de l’Italie ou d’ascendance juive européenne. Elles meurent asphyxiées, brûlées vives ou par défenestration. La catastrophe crée une onde de choc sociale et suscite directement ou indirectement l’émergence de mesures législatives visant à améliorer les normes de sécurité dans les usines.

Rose Schneiderman à New York

Née le 6 avril 1882, et morte le 11 août 1972, Rose Schneiderman est une socialiste et féministe américaine d’origine polonaise. Elle est une des plus éminentes dirigeantes syndicales. Dès 1903, avec une autre travailleuse, elle commence à organiser les femmes dans son usine. C’est sous son impulsion et grâce à sa capacité de mobiliser les autres travailleuses que le syndicat United Cloth Hat and Cap Makers’ Union octroie sa première charte à une section locale féminine. Elle contribue aussi à la réussite du référendum de l’État de New York de 1917, qui donne aux femmes le droit de vote. On lui attribue le slogan « Du pain et des roses » qui affirme le droit d’un travailleur à aspirer à davantage qu’une vie de subsistance.

Rose Schneiderman (1882-1872)

À Montréal, la condition particulière des femmes qui travaillent rend l’organisation difficile et la ralentit. Comment convaincre les travailleuses montréalaises, comprenant une bonne proportion de Canadiennes françaises catholiques, d’embarquer dans le mouvement qui a permis aux travailleuses de New York ou Toronto d’obtenir un salaire deux fois supérieur au leur? L’enjeu a aussi de l’importance pour les syndicats de Toronto ou de Winnipeg, qui craignent que les bas salaires de Montréal entraînent la délocalisation des ateliers.

La première grève générale dans l’industrie du vêtement a lieu en 1910 à Montréal. Elle est organisée par l’Union internationale. Mille travailleurs se mettent en grève. Plus de la moitié sont des femmes. L’inégalité salariale est dénoncée. Les salaires vont augmenter lentement : de 4 $ par semaine en moyenne dans les années 1910, ils vont passer à 7 $ dans les années 1920 et à 11 $ dans les années 1930.

La grève des midinettes à Montréal

1937 est une année marquante dans l’évolution des conditions de travail des femmes dans l’industrie du vêtement à Montréal. Grâce à l’action déterminée de militantes comme Lea Roback et Rose Pesotta, membres de l’Union Internationale des ouvrières du vêtement pour dames, mieux connue sous le nom d’Union de la robe, les 5 000 ouvrières de l’industrie du vêtement de Montréal votent une grève générale qui va durer 3 semaines (du 15 avril au 10 mai 1937). Les travailleuses mènent un double combat : syndical et féministe.

Leurs revendications portent sur leurs conditions de travail à améliorer : harcèlement de la part des supérieurs masculins, manque de toilettes pour femmes, absence de congés maternité, insalubrité des locaux, heures de travail, bas salaires, etc. Elles cherchent aussi un gain en dignité et en respect. C’est une démarche d’émancipation de leur situation de dépendance qui leur permet d’obtenir les gains suivants :

  • réduction des heures de travail de 60 à 44 heures,
  • augmentation des salaires de 11$ à 16$ par semaine,
  • instauration de mécanismes d'arbitrage,
  • reconnaissance de l'atelier fermé dans l'industrie de la robe, appartenance au syndicat à l'embauche. 
En plus de l’amélioration sensible de leurs conditions de travail et de salaire, elles obtiennent la reconnaissance de la part de leur syndicat. Cette grève est l’une des premières batailles syndicales pour l’amélioration des conditions de travail des femmes au Canada et sans doute l’une des plus marquantes. 
(https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/files/greve-des-midinettes-en-1937)

Trois militantes féministes et syndicalistes


De nombreuses travailleuses se sont impliquées dans les luttes au Québec. Elles sont restées anonymes pour la plupart. Parmi elles, trois figures se détachent : Lea Roback et Rose Pesotta qui ont eu un rôle important dans la grève de midinettes ainsi que Madeleine Parent. Ces trois femmes ont marqué l’histoire des luttes féminines au Québec. Elles ont vu la nécessité d’entreprendre une action éducative pour faciliter l’implication de l’ensemble des travailleuses dans leur combat. Elles ont aussi perçu la nécessité de prendre en compte les obstacles culturels et linguistiques pour les surmonter.

 


Rose Pesotta (1896-1965)

Rose Pesotta, midinette féministe et anarcho-syndicaliste, est née le 20 novembre 1896 dans une communauté juive d’Ukraine. À 17 ans, en 1913, elle gagne New York et rejoint la section locale 25 de l’UIOVD (Union des ouvriers de la robe) où elle devient salariée en 1933. L’année suivante, elle est élue vice-présidente de sa section (1934-1944). Ce sont ses convictions anarchistes qui l’animent.

En 1936, elle est envoyée à Montréal pour aider à la syndicalisation des « ouvrières de la robe ». Elle sera l’une des architectes de la stratégie qui va conduire à la syndicalisation massive des travailleuses et aura un rôle déterminant dans la victoire de la grève des midinettes en 1937 :  https://ftq.qc.ca/wp-content/uploads/ftqimport/4827.pdf.

Rose Pesotta (1896-1965)

Il faut souligner sa capacité à mettre en place des méthodes originales pour rejoindre les femmes en les sensibilisant et en ayant une action éducative. Elle tient compte de la réalité linguistique des ouvrières, de leur manque d’expérience syndicale, de leurs caractéristiques socioculturelles, et entreprend les actions suivantes :

  • animation d’une émission de radio visant à faire connaître l’action syndicale,
  • organisation de fêtes et de bals, notamment pour la Sainte-Catherine, fête très populaire au Québec...,
  • visites à domicile,
  •  embauche de personnel francophone ou bilingue,
  •  traduction des discours syndicaux dans la langue des travailleuses,
  • cours de français et d’anglais.

Elle saisit l’importance d’agir contre les manœuvres du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis (1936-39 et 1944-59) et celles du clergé, qui accorde sa sympathie aux syndicats catholiques. Elle gagne le pari d’introduire le syndicalisme dans le domaine du vêtement et consacre plusieurs semaines à la préparation de la grève des midinettes en soulignant les mauvaises conditions de travail des travailleuses du vêtement liées à leur statut de femmes.

Elle met fin à son travail d’organisatrice en 1942 et retourne travailler en atelier. Elle reprochait à son syndicat d’avoir refusé d’élire plus d’une femme à la fois aux postes de vice-présidence, malgré l’adhésion de 85 % de femmes.

Léa Roback (1903-2000)

La militante politique

Lea Roback (1903-2000) est une syndicaliste, féministe, militante d’origine juive polonaise. Ses parents immigrent à Montréal, puis ouvrent un magasin à Beauport, près de Québec. Elle est scolarisée en anglais puisqu’elle ne peut aller à l’école française catholique. Elle est cependant immergée dans la culture francophone et apprend le français. Sensibilisée aux conditions de vie des femmes canadiennes-françaises, elle découvre l’influence de la religion sur le corps des femmes.

En 1919, la famille déménage à Montréal. Léa occupe plusieurs emplois à partir de ses 16 ans. Elle prend conscience de la compartimentation de la société en classes sociales. Grâce à ses économies, elle part deux ans en 1925 à Grenoble en France pour y faire des études littéraires. Elle rejoint ensuite son frère étudiant en médecine à Berlin. Elle adhère au parti communiste allemand. Ce qui compte pour elle dans cette orientation, c’est l’importance accordée à l’action et à la nécessité de préciser le but à atteindre. Son statut de juive étrangère rend sa situation problématique. Elle est donc obligée de quitter l’Allemagne en 1932, juste avant l’accession d’Hitler au pouvoir. C’est une période de crise économique, mais aussi de progression des mouvements de gauche. C’est au cours des années 1930 qu’elle va développer une amitié avec Madeleine Parent. (Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal).
https://femmes.ftq.qc.ca/histoire/ https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/roback-lea

La militante syndicale

En 1937, elle est organisatrice syndicale au service de l’éducation de l’Union Internationale des ouvrières du vêtement pour dames, mieux connue sous le nom d’Union de la robe. La victoire de 1937 est éclatante, mais malheureusement de courte durée. Affaiblie par des conflits internes, l’Union perd graduellement ses meilleurs militants, dont Léa Roback, en 1939.

Léa Roback organise le syndicat de RCA Victor en 1941, où elle demeurera jusqu’en 1951. En moins d’un an, 95 % des employés de RCA Victor du quartier Saint-Henri sont syndiqués. Elle y obtient le premier contrat syndical pour femmes en 1943. Elle ne cherche pas à grimper dans la hiérarchie du pouvoir syndical.

Dans les années 1930, Léa Roback milite aux côtés de Thérèse Casgrain dans la lutte pour l’obtention du droit de vote pour les femmes au Québec.

Elle devient organisatrice politique de Fred Rose, premier candidat communiste élu aux Communes en 1943. Elle rompt avec le Parti communiste du Canada en 1958, quand seront connues les horreurs commises en Union soviétique sous le gouvernement de Joseph Staline. Mais cela n’arrêtera pas son engagement social.

Au début des années 1960, comme Jeanne Sauvé, Solange Chaput-Rolland et Simone Monet-Chartrand, elle devient membre de la section québécoise de Voice of Women (La Voix des femmes) fondée par Thérèse Casgrain en 1961, une organisation pacifiste qui milite contre la guerre du Vietnam et contre la prolifération des armes nucléaires, et fait la promotion du désarmement. Elle est de toutes les manifestations pour la paix, la protection de l’environnement, se bat avec les groupes de femmes pour l’accès et la légalisation de l’avortement et défend les droits des femmes immigrantes et autochtones.

Jusqu’à son décès en 2000, à l’âge de 96 ans, elle continue la lutte pour la justice et l’amélioration des conditions de travail des travailleurs et de la condition féminine.

Madeleine Parent (1919-2012)

La militante

À l’université, Madeleine Parent milite au sein du Student Christian Movement ou Canadian Student Assembly, pour l’obtention de bourses d’études aux jeunes issus des milieux défavorisés ou originaires de la campagne. À la fin des années 1930, elle rencontre Léa Roback, avec qui elle milite activement dans plusieurs causes, notamment pour le droit de vote des femmes au Québec. Cette rencontre a lieu lors de ses études de sociologie à l’université Mc Gill. Elles sont restées amies et compagnes de luttes jusqu’à leurs derniers jours.

En 1942, elle s’engage dans le syndicalisme et se lie d’amitié avec le syndicaliste Kent Rowley, avec qui elle partagera sa vie.

Cette année-là, elle participe à l’organisation des ouvriers de la Dominion Textile sous la bannière des Ouvriers unis du textile d’Amérique (OUTA). 
Le 1er juin 1946, 3 000 travailleurs et travailleuses à la Montreal Cotton Company de Valleyfield et 3 000 dans les quatre usines de la Dominion Textile, à Montréal partent en grève.
https://lemuso.com/mvc/la_montreal_cotton_conditions_de_travail-the_montreal_cotton_work_conditions-fra.html


Madeleine Parent (1919-2012

Les ouvriers exigeaient une augmentation de salaire de quinze cents de l’heure, la semaine de travail de quarante heures, une compensation pour le travail supplémentaire, de meilleures conditions de travail et la reconnaissance du syndicat. 

Le 13 août à 11 heures du matin, environ 5 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, se sont rassemblées à l’usine de Valleyfield en soutien à la grève. Cela fait plus d’un mois que la grève est déclenchée. Un affrontement entre les grévistes et la police tourne à l’émeute. Madeleine Parent, tout comme Kent Rowley, fait partie des dirigeants syndicaux arrêtés. Les deux seront condamnés. Au cours de sa vie militante, Madeleine Parent sera arrêtée cinq fois et condamnée sept fois pour conspiration séditieuse.

Le 5 septembre, la grève prend fin. Parmi les gains obtenus :

  • le 1er contrat collectif dans l’industrie;
  • une augmentation de salaire;
  • la réduction des heures de travail pour les 6000 syndiqués.

Les femmes ont activement contribué à la grève en tant que piqueteuses, militantes, recruteuses, et dirigeantes syndicales. Contrairement à l’habitude, ce ne sont pas des dirigeants syndicaux masculins qui ont conduit les négociations, mais Madeleine Parent. Son influence a été grande pour encourager les femmes à participer activement à la grève. Entre 1943-48, elle favorisera la syndicalisation de 6 000 travailleuses, ce qui apportera au Québec le plus haut taux de syndicalisation en Amérique du Nord.

Exil en Ontario

Au cours des années 40 et 50, elle sera en butte aux accusations par le gouvernement de Maurice Duplessis d’être une communiste russe, de vouloir faire la révolution et de forcer les travailleurs à se syndiquer. En 1952, elle est expulsée, avec Rowley, de l’OUTA, sous la pression des syndicats américains. Ils quittent le Québec pour l’Ontario et parcourent le Canada afin de créer des syndicats locaux indépendants des syndicats américains. Ils y fondent la Confédération des syndicats canadiens en 1969. Elle revient au Québec après la mort de Kent Rowley en 1978.

Elle y milite à nouveau, jusqu’à son décès, en 2012, à 93 ans. Elle participe au Comité d’action pour le statut de la femme (de la Fédération des femmes du Québec) y porte notamment la cause des autochtones et des immigrantes. Elle se prononce pour le Oui en 1980, participe à la Marche Du pain et des roses en 1995, au Sommet des Amériques de Québec en 2001, etc.

Et aujourd'hui...

Il est navrant de constater que si nous voulons avoir une idée des conditions de travail des femmes dans l’industrie textile il y a un siècle, il suffit d’aller voir dans les pays du tiers-monde où une main-d’œuvre féminine exploitée travaille 60 h pour un salaire de 30 $, dans des locaux insalubres et dangereux menacés d’effondrement ou difficiles à évacuer en cas d’incendie.


Bibliographie et filmographie

La conférencière a suggéré les œuvres suivantes.

Livres

  1.  « Angels of the Workplace: Gender Relations in the Canadian Clothing Industry, 1890-1940 », Mercedes Steedman, 2009
  2. « Entretiens avec Madeleine Parent et Léa Roback », Nicole Lacelle, Éd. Remue-Ménage, 1988.
  3. « Madeleine Parent, Militante », Andrée Lévesque, Éd. Remue-Ménage, 2003.
  4. « Through the Mill: Girls and women in the Quebec cotton textile industry 1881-1951 », Gail Cuthbert Brandt, 2018.

Films 

  1. « Des Lumières dans la Grande Noirceur »/« A Vision in the Darkness », 1991
  2. « Madeleine Parent, Tisserande de Solidarités », 2001, par Sophie Bissonnette.



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