1941-1950: L'importance de l'atelier dans le réseau commercial

Nationalisé après la guerre, Renault découvre les vertus de la voiture populaire. Les années 40 sont celles de la 4CV, dont la gestation débute pendant la guerre pour ouvrir la voie aux voitures populaires et assurer ainsi, dès 1946, la nouvelle mission de l’entreprise Renault dans le cadre du plan Pons. Avant cela, il a fallu tout reconstruire. Les usines sont sinistrées et leurs salariés sont totalement dispersés par les hasards de la guerre. Après la mort de Louis Renault, c’est Pierre Lefaucheux qui sera l’architecte de cette reconstruction.

Pendant la guerre, la survie du réseau est venue de l’activité « atelier » : pas de véhicules neufs à vendre, marché de l’occasion bloqué, peu de pièces neuves disponibles ; il reste la réparation, l’entretien et, même, la transformation des véhicules. Face à la pénurie des voitures neuves et d’essence, le réseau doit faire preuve d’imagination: aussi, l’adaptation de véhicules existants en gazogènes fonctionnant au charbon répondra à la demande du moment.
Dans l’immédiat après-guerre, la situation évolue peu avant la commercialisation de la 4 CV. Mais la nouvelle Régie recommence à fournir des pièces de rechange, un marché de recyclage des véhicules d’occasion apparaît et les véhicules d’avant-guerre sont à nouveau distribués.



 De Louis Renault à
Pierre Lefaucheux
Après-guerre, la Société anonyme des usines Renault de Louis Renault devient la Régie nationale des usines Renault avec, à sa tête, Pierre Lefaucheux. Le réseau commercial des concessionnaires et agents a survécu mais il est inquiet. La création, en juin 1945, du « Groupement amical des concessionnaires Renault » (GACR) est une première réponse. Après un début difficile, les relations avec la Régie se réchauffent et 1947 marque un tournant : Renault se détourne de la politique pour se concentrer sur son métier, la fabrication et la commercialisation d’automobiles. La direction commerciale France reconquiert alors sa juste position avec sept directions régionales.



Création du GACR
En 1945, le réseau est inquiet devant la politique interventionniste des pouvoirs publics symbolisée par la création de la Régie. Ira-t-on jusqu’à la nationalisation de certaines affaires ? Les succursales, héritées de l’époque Louis Renault, sont nombreuses et cogérées avec les salariés. Peu à peu, les exigences du marché reprennent le dessus : le nombre de succursales diminue et les concessionnaires retrouvent leur rôle, notamment grâce au GACR, futur GCR, appelé encore « Amicale ».

Gilbert Lacan
Originaire de Figeac dans le Lot, il possède plusieurs concessions Renault à Paris. Fonceur, dur ou diplomate selon les circonstances, il crée avec quelques autres le Groupement amical des concessionnaires Renault en juin 1945. Comme premier président, il saura défendre et promouvoir les concessionnaires face au président Pierre Lefaucheux, soumis, en cette époque d’immédiat après-guerre, à une forte pression politique et syndicale.


                                           Lancements                                               Innovations

1947. Avec le lancement de la 4 CV, Renault entre dans l’ère de la voiture populaire : 4 roues, 4 portes, 4 places, 424000 francs.




1950. Avec la Colorale (colo-rale), Renault vise les zones coloniales et rurales. Versions : Prairie (4 portes), Savane (deux portes), fourgonnette, pick-up, châssis-cabine et plus tard 4x4.


- Les "machines-transferts" inventées par Pierre Bézier sont la clé de la production en grande série de la 4CV.

- Avec la gamme des Colorale, Renault invente les crossovers avant l'heure. Trop tôt!

ET AUSSI…
  • En 1943, création de l’ancêtre du CNPA : le CSNCRA (Chambre syndicale nationale du commerce automobile, de la réparation, du garage, de l’entretien et du ravitaillement de l’automobile), présidé par Jacques Vallot, concessionnaire Renault.
  • En 1944, les Alliés libèrent la France. Un véhicule est omniprésent : la Jeep. Son nom devient générique pour 4x4. Jeep sera commercialisée un temps par le réseau Renault.
  • En 1944, Renault ne dispose que des véhicules d’avant-guerre : Juvaquatre berline et fourgonnette, fourgon 1 000 kg, camions 2 et 7 tonnes.
  • Le réseau comprend 40 succursales, 264 concessionnaires, 2 608 agents, et emploie au total plus de 16 000 personnes.
  • Dès la Libération, les pouvoirs publics se penchent sur la relance de la construction automobile. C’est le plan Pons, qui prévoit de concentrer et spécialiser les constructeurs. À Renault la voiture populaire avec la 4 CV.
  • En 1950, le marché français atteint 180 000 voitures et dépasse le niveau de 1939. Renault est désormais la marque leader, avec 30 % du marché.