1931-1940 : Support et animation Réseau

Au début des années 30, ce sont surtout les voitures de grande et moyenne dimensions qui font la réputation de la marque. L’offre du catalogue Renault est alors pléthorique, d’autant plus qu’elle dissocie encore le châssis de la carrosserie. Renault propose ainsi près de 40 châssis et quelque 140 carrosseries différents. Sachant qu’en plus les clients les plus fortunés ont pour habitude de faire habiller auprès d’un carrossier à la mode un châssis acheté nu chez le constructeur, nous sommes très loin de la vision standardisée de l’automobile que l’on découvrira après-guerre.

Au-delà du très utile Bulletin commercial, qui informe les agents depuis 1927, le constructeur prend en mains la formation et l’animation de son réseau.
Il crée l’École Renault Service pour les chefs d’atelier et de magasin, sans oublier des formations en comptabilité.
Centres Pro+ avant l’heure, des pôles de démonstration pour véhicules industriels sont implantés dans 22 villes dès1932.
Visionnaire, Renault comprend très vite l’importance du véhicule d’occasion et met en place dès 1936 une véritable politique du VO dans son réseau.
Enfin, l’entreprise instaure un système de primes pour les meilleurs vendeurs, clé de voûte de l’animation réseau.

Les rayonnages en bois de ce magasin de pièces détachées, immortalisés à Valenciennes en 1931, feraient le bonheur de bien des pharmaciens.


 Baisse de la diversité
La crise procède à un véritable écrémage de la diversité automobile. D’une multitude, le nombre de constructeurs français s’est réduit à 30 en 1938. Les évolutions de volumes sont saccadées : le pic de 1928 n’est dépassé qu’en 1934 (56 200 véhicules particuliers/véhicules industriels), puis 1936 (61 100 VP/VI). En 1938,  Renault est troisième constructeur en France. La guerre stoppe net la production des VP : en 1940, seuls 20 219 VI sortent des chaînes.



Ouverture totale
Renault procède à de la diversification horizontale (production de moteurs d’avion et prise de participation dans Air France, Air Bleu, Cie d’exploitation automobile, création de la SAFE, aciers fins et de la SM.A) et à de l’intégration verticale en usine (huiles, pièces en caoutchouc, roulements, machines…).

Affronter la crise des années 30
Dans un contexte économique et social difficile, Louis Renault prend des mesures radicales en recentrant son activité sur la France. Les marchés étrangers s’étant écroulés, il se désengage d’accords industriels et commerciaux trop contraignants. De même, malgré l’imminence de la guerre, qui aurait pu engendrer des contrats plus importants dans l’armement, la production régresse par rapport aux années 20. En juin 1940, le commandement allemand saisit ses usines.


Déjà à l'écoute de la clientèle
En 1932, la gamme comporte 39 châssis et plus de 140 carrosseries. « Nos usines sont les seules au monde possédant une telle variété, affirme Louis Renault. Cela constitue l’aboutissement de notre politique depuis l’origine : créer pour la satisfaction des besoins et des désirs de la clientèle des matériels réellement adaptés à ces besoins et désirs au point de vue usage et frais d’exploitation. » Avec la Juvaquatre, Renault cible dorénavant jeunes et artisans-commerçants.



Lancements
  • 1930. La gamme comprend trois modèles de grande série (Monasix, 10 CV, Vivasix) et quatre modèles grand luxe (Monastella, Vivastella, Nervastella et Reinastella).
  • 1931. La Primaquatre se positionne en entrée de gamme.
  • 1932. La Monaquatre remplace la Monasix. La Primastella remplace la Vivasix. Lancement de la Nervasport.
  • 1934. Apparition de la Celtaquatre et des carrosseries dites "aérodynamiques".
  • 1935. Série Grand Sport, dont les lignes s’inspirent de l’avion Caudron-Renault Rafale.
  • 1936. Toute la gamme est redessinée en s’inspirant de la série Grand Sport (photo ci-dessous)
  • 1938. Lancement de la Juvaquatre avec monocoque en acier et roues indépendantes.


Innovations
  • Roulements à rouleaux coniques pour roues et ponts arrière.
  • Nouvel embrayage à disque.
  • Premiers véhicules monocoques avec la Juvaquatre (photo ci-dessous)
  • Châssis trapézoïdaux pour véhicules de 15 à 40 CV

ET AUSSI…
  • Créativité publicitaire : un cheval est promené en ville avec un panneau « Je suis à vendre depuis que mon maître a acheté une commerciale 7 CV Renault chez Sapel Frères à Valence ».
  • La Diac se met à l’heure de la diversification et offre du crédit aux acheteurs d’avions de tourisme à moteurs Renault.
  • Rallyes : victoires à Liège-Rome-Liège, à Monte-Carlo et Paris-Saint Raphaël féminin.
  • De cinq régions, l’organisation du réseau passe à dix régions constituant 25 secteurs arpentés par des inspecteurs. On compte alors 260 concessionnaires-agents et 25 succursales.
  • L’offensive de l’armée allemande provoque un exode. Le 14 juin 1940, la direction de Renault est réfugiée à Bordeaux et les usines sont évacuées.