03 - Le vécu de la Grande Guerre chez Renault (1914-1918) - Résumé

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L'article de Serge Chaput, ici résumé, est publié en intégralité sur l'espace adhérents de notre site internet (onglet Revues Renault Histoire). Il aborde les thèmes sociaux majeurs pendant la période du conflit de 1914-1918.
 
La production considérable d’armement, d’équipement et de munition ne s’est réalisée qu’au prix d’une mobilisation industrielle exceptionnelle et d’une implication ouvrière dans des conditions très dures, difficiles à comprendre rétrospectivement, tant le contexte de l’époque nous est distant. (Ci-contre, aciérie de Billancourt en 1916).

De nombreuses sources existent, très diverses, posant parfois des questions de cohérence ou de continuité : livres ou articles, thèses ou mémoires de Maîtrise ou de Master d’Histoire, mais également documents d’archives dont Renault Histoire dispose, et qui permettent de donner quelques touches “humaines” à cette période qui ne l’était pas, tout comme des photographies qui complètent ce tableau écrit.

Dans son discours prononcé lors de la visite des usines Renault le 1er septembre 1917, le ministre de l’Armement Albert Thomas a déclaré : « Il faut que les ouvriers s’accoutument à voir dans la classe patronale, pour une grande part, la dépositaire des intérêts industriels de l’avenir; il faut qu’ils s’accoutument à voir dans un effort comme celui qui a créé cette usine (...) le profit commun qu’en tirent la nation et la classe ouvrière » (*).

Au-delà de l’Histoire politique et militaire, la déclaration du ministre Albert Thomas nous amène à nous interroger sur les questions sociales (les “classes“) affectant les usines Renault au cours de la Première Guerre Mondiale. Outre ses interventions sur les horaires et les salaires, le gouvernement a tenté de calmer le jeu en mettant en place des procédures d’arbitrage, et en introduisant les délégués d’atelier, avec un succès très relatif.

Cependant, de telles problématiques ne peuvent être abordées sans se fonder sur les
réalités industrielles. Renault a effectivement été un “laboratoire” industriel et social tout au long du conflit. Néanmoins, de telles innovations ont été entreprises dès 1906, ponctuées par des résistances en 1912 et 1913 (grève et« lockout ») et définitivement mises en place après la guerre. (Ci-contre, femmes dans un atelier d'usinage en 1915)
La Grande Guerre a donc été une véritable révolution socio-industrielle aussi bien à l’échelle de Renault, qu’à l’échelle nationale.
Le rôle particulier de Renault est dû à l’importance prise par ses usines dans l’industrie nationale, à l’exemplarité des problématiques qui s’y posaient et à l’étroitesse des relations de leur “patron” avec les ministres successifs de l’Armement.
Le calme ne reviendra, après le retour à des horaires “normaux”, qu’après l’armistice, en 1919.

*Gilbert Hatry, in Renault Usine de Guerre 1914-1918, éditions Lafourcade, 1978, 213 pages.