04 : Ile Seguin, clap de fin !

L’histoire retiendra qu’il aura fallu plus de 30 ans pour que l’Ile Seguin ait achevé sa mutation et trouvé un nouveau visage « urbain » après l’arrêt des chaines de montage, en mars 1992. Sera-t-il séduisant, équilibré, attractif ? L’avenir nous le dira…
La transformation de la Pointe aval est une incontestable réussite. La « Seine musicale » a très vite trouvé sa place dans le paysage parisien des salles de concerts. Nous ne regretterons pas l’abandon du projet de fondation de François Pinault dont le succès n’était pas garanti.Tout reste à prouver en Pointe amont avec le projet « Emerige » dont la mise en oeuvre est maintenant bien engagée. Reste la partie centrale de l’Ile, entre les deux ponts ancrés sur la rive droite de la Seine.
C’était historiquement le coeur de l’usine, le lieu de la production automobile. 
Depuis 25 ans, chaque projet nouveau a effacé le précédent pour aboutir enfin à un ensemble aéré, équilibré, intégrant bureaux et activités commerciales. DBS (Développement Boulogne Seguin) qui fut notre acheteur et interlocuteur principal pour l’urbanisation du trapèze en est le promoteur, Christian de Portzamparc l’architecte coordinateur.
Exit le Pavillon
Par voie de conséquence, exit « notre Pavillon » sur l’Ile, et repli dans la « Maison des projets » en face de Square com, sur le cours de l’Ile Seguin.
Ametis, RENAULT HISTOIRE et Atris travaillant en étroite collaboration avec l’équipe de la SPL ont sauvé l’essentiel et assuré la continuité du rappel de l’histoire à un public toujours curieux de savoir ce qu’il y avait avant !
Un grand merci à Daniel Théry (Ametis) et Anne Claire Catineau (SPL), en particulier, qui ont oeuvré sans compter leurs heures pour aboutir à cette exposition que l’on pourra découvrir prochainement.


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Un problème de fond
Reste notre problème de fond, celui du lieu pérenne dédié à la mémoire de Renault sur le site. Comment rebondir après l’abandon du projet du bâtiment Pierre Dreyfus ?
La tourmente qui touche la tête de l’entreprise ne nous facilite pas la tâche. Aurons-nous un jour un président, un directeur général qui comprendront qu’une des valeurs de Renault a été historiquement, pour son personnel, le sentiment d’appartenance à une famille qui se mobilise spontanément quand la tempête secoue la maison ? Quand recevrons-nous, au-delà d’une réponse polie, l’expression d’un réel engagement pour la réalisation d’un lieu mémoriel digne de ce nom, symbole fort d’un passé où les Renault au losange sur le coeur s’engageaient sans compter au service de leur entreprise, en particulier par gros temps ?
Là aussi, l’avenir nous le dira…

Michel Auroy,
président d’Ametis