Philatélie : Renault et l'Aviation




































































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PHILATÉLIE - 7 
RENAULT ET L’AVIATION 

MANOEL DA CAMARA 
Nous reprenons le titre du livre de Gilbert Hatry paru aux Editions JCM en 1988, aujourd’hui malheureusement épuisé ; il y est question, pour l’essen­tiel, de Renault motoriste, mais aussi, à partir de 1933, de Renault construc­teur d’avions après l’acquisition de la Société Anonyme des Avions Caudron. Dans le cadre de notre article, nous “annexerons” les avions Caudron depuis leur origine en 1909, comme faisant parti de l’histoire de notre entreprise. Nous avons donc recherché, dans les catalogues du monde entier, les timbres représentant des avions de toutes marques motorisés Renault ainsi que tous les avions Caudron, qu’ils soient, ou non, motorisés “maison”. 
1909 - LES MAURICE FARMAN MF 1 À MF 12 
Le premier moteur proposé par Louis Renault à l’aviation naissante, en 1907, était un 8 cylindres en V à 90° de 6,1 litres de cylindrée, refroidi par air, pesant 145 kg et donnant 45 ch à 1500 tr/min ; ses premiers clients furent, dès janvier 1909, les constructeurs Auguste Wilzig et Louis Breguet, mais c’est Maurice Farman (1877-1964) qui donna ses lettres de noblesse à ce moteur particuliè­rement réussi. L’avionneur, établi au 167 rue de Silly, lança, la même année, la fabrication du Type MF 1, premier d’une longue série d’avions au palmarès impressionnant, tous équipés du V8 Renault dans ses versions successives. 
-le 9 décembre 1909, Maurice Farman sur MF 1 vole de Buc à Chartres, soit 70 km en 59 mn, record de distance “de ville à ville”, à l’époque. 
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 le 30 décembre 1910, Maurice Tabuteau remporte la Coupe Michelin, sur un MF 2 / 60 ch en parcourant, en circuit fermé à Buc, 582,9 km en 7 h 48 min, record du monde de distance et de durée en vol. 

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 le 7 mars 1911, aux commandes d’un MF 2 équipé d’un V8 dont la puissance a été portée à 70 ch, Eugène Renaux et son navigateur Albert Senouque rem­portent le Grand Prix Michelin de 100 000 F institué depuis 1908 par les frères André et Edouard Michelin : partis de Buc et avec une seule escale à Nevers, conformément au règlement, ils se posent au sommet du Puy de Dôme après un vol de 366 km en 4 h 56 min. 


-le 1er septembre 1911, Géo Fourny établit de nouveaux records du monde de durée et de distance en circuit fermé en volant 722 km en 11 h 1 min à Etampes-Mondésir. Mais la Coupe Michelin lui échappera, Emmanuel Hélen réalisant, sur un monoplan Nieuport, une meilleure performance avant la .n de l’année en cours. 
-en 1912, la première liaison postale aérienne est établie entre Nancy et Lunéville avec un MF 7 / 70 ch. 
- le 11 septembre 1912, Géo Fourny sera, de nouveau, le recordman du monde éphémère de distance en circuit fermé : 1010,9 km en 13h 22 min à Étampes sur un MF 2 / 70 ch. 
-du 25 août au 16 septembre 1913, Géo Fourny s’attaque une nouvelle fois à la Coupe Michelin dont le règlement a évolué : il parcourt 15 989 km en 22 jours, record provisoire car Emmanuel Hélen, encore lui, fera mieux (16 096 km) et remportera encore la fameuse coupe. 
Deux timbres représentent ce remarquable appareil : 

4
en 1964, Monaco célèbre le cinquan­tenaire du 1er rallye aérien organisé par la Principauté, auquel participait Eugène Renaux sur un MF 11/ 80 ch : on y voit l’avion à l’arrivée de la dernière étape, ma­ritime, de Marseille à Monaco, mais repré­senté curieusement sans ses indispensables . otteurs ! 

4
en 2012, c’est la Poste française qui rap­pelle le centenaire de la liaison postale entre Nancy et Lunéville : la silhouette du MF 7 “longue corne” est facilement reconnais­sable sur les 3 faces représentées géométri­quement. 



1914 - LE CAUDRON G3 
Les frères Gaston et René Caudron ont commencé modestement, en 1909, leur carrière d’avionneurs : faute de pouvoir acquérir les moteurs Farcot désirés, c’est tiré par un cheval de labour que leur premier “avion” put décoller, dans un champ qu’ils possédaient près de Rue (Somme). Partisans dès l’origine du “tout à l’avant” (moteur devant l’habitacle et hélice tractrice), ils réalisèrent, avec des fortunes diverses, plusieurs modèles de bi­plans avant de connaître un succès remarquable avec la série des “types G” à partir de 1914. Le G3, un petit bijou méritant pleinement l’appellation de “cage à poules”, vu sa structure très aérée, était un sesquiplan d’envergures 13,40 m (plan supérieur) et 10,05 m (plan inférieur), entrainé par un moteur Anzani de 100 ch, pouvant atteindre la vitesse de 112 km/h avec 290 kg de charge utile. Il fut utilisé, pendant la guerre, pour la reconnaissance, le réglage de tir et l’en­trainement des pilotes ; 2450 unités ont été livrées, de 1914 à 1924, sur les 5 continents. Plusieurs exploits furent réussis avec cet appareil : 
- le 29 janvier 1919, Jules Védrines se pose sur le toit des Galeries Lafayette. 
-
le 1er avril 1921, Adrienne Bolland, pro.tant d’exceptionnels courants ascen­dants, franchit la Cordillère des Andes à 4 200 mètres d’altitude entre l’Argen­tine et le Chili. 


-
le 30 juillet 1921, le pilote suisse François Durafour se pose sur un champ de 



neige à proximité du sommet de Mont Blanc. 
Il est donc logique que l’on trouve le G3 représenté sur des timbres de pays 
très divers. 

4
en 1979, une belle représentation sur un 75 
centimes de bolivar vénézuélien. 


4
en 1994, la Colombie 
célèbre les 75 ans de sa 
Force Aérienne sur un 300 
(pesos). 


4
en 1996, le Laos émet 
un 800 k (kip) bien des­siné également. 


4
en 1997, le G3 voisine 
le Clément Ader n° 111, 
Concorde et l’Airbus 
A340 sur un bloc de la République du Niger. 


4
en 1999, le Portugal nous offre une parfaite représentation géo­métrique de l’appa­reil sur un timbre de 95 $ (escudos). 

4
en 2005, la Poste française rappelle l’exploit d’Adrienne Bolland par un 2,00 €. 



4
en 2009, le territoire britannique de Gibraltar célèbre le centenaire de l’aviation navale avec un G 3 aux couleurs fran­çaises sur un 42 p (pence). 

4
en 2010, la France émet une série de 6 timbres en l’honneur de pilotes célèbres : parmi eux .gure Élise Deroche (1882-1919) dont le portrait est accompagné de son G3 favori. 









1917- LE BREGUET XIV
 L’ « Avion de la Victoire » était un biplan de 14,4 m d’envergure, 9 m de lon­gueur, 1700 kg de poids en ordre de vol : avion de reconnaissance à longue distance, bombardement de nuit à haute altitude, repérages par T.S.F. et prise de photographies, le Br XIV répondait aux immenses besoins de l’armée. Le moteur Renault type 12 Fe de 300 ch lui permettait d’atteindre la vitesse de 200 km/h, un plafond de 6 000 m et de transporter une charge utile de 600 kg à une distance de 600 km. La production, partagée entre plusieurs constructeurs, dont Renault, atteignit 6 000 unités à la .n des hostilités et, poursuivie sous licence dans plusieurs pays jusqu’en 1926, 8 000 au total. 
Après l’arrêt des hostilités, il fallut trouver une utilisation civile aux impor­tants surplus militaires de cet excellent avion : plusieurs dizaines d’exemplaires furent vendus à des administrations étrangères, civiles et militaires, mais ce fut comme avion de transport que le Br XIV connut les meilleures applications. Louis Breguet lui-même créa, dès mars 1919, les Messageries Aériennes pour exploiter des vols postaux entre Paris, Lille, Bruxelles, Londres et Marseille ; puis ce fut au tour de Pierre-Georges Latécoère de fonder les lignes portant son nom, appelées à devenir la célèbre Aéropostale. « La Ligne », transportait le courrier de Toulouse à Dakar et, après un intermède maritime, de Natal (Brésil) à Buenos-Aires avec toujours des Br XIV se relayant d’étape en étape. Il existait encore quelques Breguet XIV en état de vol dont hérita Air-France lors de sa création en 1933. 
L’immense succès de cet avion explique qu’on le rencontre représenté sur des timbres de nombreux pays. 
4
de 1922 à 1927, à l’époque où la Ligne attei­gnait déjà « Casa » et où s’illustraient Guillaumet, Mermoz, Saint-Exupéry et quelques autres, le Maroc a utilisé, pour son service postal aérien, une série de timbres représentant, de façon mal­heureusement approximative, le Breguet XIV qui entamait une brillante carrière civile dans le transport du courrier. 

4
en 1962, la République Gabonaise évoque la liaison France-Gabon établie en 1928, par un timbre de 10 F, très artistique, avec l’avion survolant les nuages. 

4
en 1966, la République islamique de Mauritanie n’oublie pas que les Br XIV de la Ligne ont survolé ses côtes pendant plus de 10 ans, avec un 50 F (rem­placé aujourd’hui par le ouguiya). 

4
 en 1974, la République du Mali retient notre Br XIV et le quadriréacteur long cour­rier Douglas DC 8 pour illustrer le 90 F du cente­naire de l’Union Postale Universelle. 

4
en 1988, 




4en 1985, c’est au tour du Burkina Faso de nous pro­poser un Br XIV civil assez bien représenté. 
la poste . nlandaise le représente, en version “skis”, sur un 1,80 (markka). 
4
en 1994, 
c’est un Br XIV curieusement orné de la co­carde tricolore…britannique, que la République 
Centrafricaine choisit pour honorer Saint-Exupéry 
à l’occasion du cinquantenaire de sa disparition, 
sur un 80 F. 


• Wallis-et-Futuna (TOM) commémore cet anniversaire par un timbre de 800 F sur lequel le portrait du pilote est accompagné de quatre avions qui ont marqué sa carrière : le Br XIV, le Potez 63-11, le Bloch 174 et le Lockheed P 38. 

4
la même année, le Sénégal célèbre le 10ème Rallye Aérien Toulouse - Saint-Louis du Sénégal, par une série de timbres à l’ef.gie des 3 “as” de la Ligne - Guillaumet, Mermoz et Saint-Exupéry -, le 4ème représentant l’avion qui a large­ment contribué à leur célébrité. 

4
en 1995, la Thaïlande retient, pour célébrer les 80 ans de sa « RAF », le Br XIV et le chas­seur américain General Dynamics F 16 sur un 2 baht multicolore. 

4
la même année, la Micronésie, État fédérald’Océanie associé aux États-Unis, honore plu­sieurs constructeurs qui ont marqué les débuts de 








l’aviation : un superbe timbre de 32 (cents de dollar) est dédié à Louis-Charles Breguet et à son plus célèbre avion. 
4
en 1997, la poste aérienne française émet un 20,00 (franc) illustré superbement d’un Br XIV aux couleurs de l’Aéropostale. 

4
en 1999, le Portugal, pour le 75ème anni­versaire de son Arme Aéronautique, nous montre 2 Br XIV A2 en formation, remar­quablement dessinés. 


4
la même année, le Portugal et son ancienne colo­nie Macao célèbrent conjointement les 75 ans de leur première liaison aérienne réalisée, en 1924, avec un Breguet 16 Bn2, ancien bombardier de nuit équipé d’un moteur Renault de 450 ch, baptisé Patria. (140 $, escudos, et 3 ptcs, patacas, respec­tivement). 

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en 2002, la Guinée Bissau, ancienne colonie por­tugaise qui a adopté le Franc CFA, émet un 150 FCFA représentant une belle vue de ¾ AR du Br XIV A2, pour commémorer la première liaison aé­rienne avec son ancienne métropole en 1925. 

4en 2009, 
la Thaïlande illustre la Journée Nationale 
des Communications en reproduisant, sur 
un timbre de 3 bahts, une photographie re­présentant l’arrivée du courrier de France, 
en Br XIV, dans les années 1920. 


4
en 2010, un 44 (Dinar ?) de Serbie en donne une assez belle image aux couleurs de l’avia­tion nationale. 






1918- LE FARMAN F 60 GOLIATH 
Destiné au bombardement de nuit à longue distance le Farman F 60 devait pou­voir transporter 2 000 kg de bombes à 150 km/h à 5 800 m d’altitude : son vol initial datant d’octobre 1918, sa carrière fut essentiellement civile après l’amé­nagement de la cabine pour le transport de 12, puis 24 passagers. Le 8 février 1919, Lucien Bossoutrot reconnaissait le parcours Toussus-le-Noble-Londres, puis rejoignait Bruxelles le 12 février suivant : un service régulier entre Paris et ces deux capitales était établi, peu après, par les Lignes Farman. Biplan bimoteur, le F 60 était équipé, entre autres, du moteur Renault type 12 Fe de 300 ch qui faisait déjà ses preuves sur le Breguet XIV: les 14 et 15 oc­tobre 1922, Bossoutrot et Drouhin établissaient, aux commandes de l’un de ces appareils, le record du monde de durée avec un vol sans escale de 34 h 14 min. 
Plusieurs pays ont représenté ce gros oiseau à la silhouette caractéristique : 

4en 1966, la République Islamique de Mauritanie émet un timbre de 100 F sur le­quel on peut voir un Goliath survolant une caravane au repos. 
4en 1974, la Principauté de Monaco rend hom­mage à Henry Farman sur un 0,30 (F). 2 avions accompagnent le portrait du constructeur : le HF 3 de 1909 et le Goliath. 


4en 1978, le Zaïre (ancienne dénomination de la République Démocratique du Congo) illustre la « Conquête de l’Air » avec un timbre de 1 K (likuta) présentant le Blériot 11 de la traversée de la Manche en 1909 et le Goliath, lui aussi daté, mais de façon erronée, de 1909. 

4en 1984, la France émet un 15,00 (F) en poste aérienne, représentant très géométri­quement le F-AEAU, de face et de pro.l. 

1921- LE BREGUET XIX 
Autre succès planétaire de la Société Breguet, le Br XIX allait inscrire au pal­marès de l’aviation française une succession de performances, raids et records durant la période faste de l’entre-deux-guerres. Cet avion sesquiplan, biplace, de la même formule que le Br XIV, reçut au cours de ses 15 années de carrière de multiples motorisations, passant de 375 ch à plus de 700 ch . Présenté au Salon de l’Aéronautique de 1921, son premier vol eut lieu en mai 1922 avec un moteur Renault de 450 ch. En 1924, Ludovic Arrachart remportait la Coupe Michelin aux commandes d’un Br XIX B2 à moteur Renault de 480 ch. Sur le même avion, transformé en Grand Raid avec 2000 litres d’essence, Arrachart et son équipier Henri Lemaître établissent, en février 1925, le recorddu monde de distance sans escale en volant d’Étampes à Villa Cisneros (Rio de Oro) soit 3 166 km en 24 h 30 min. En janvier 1927, le commandant Dagnaux réalisait un raid de Paris à Tananarive, soit 13 000 km, sur un Br XIX Bidon équipé de réservoirs supplémentaires et d’un moteur Renault de 500 ch. Toutefois, la performance la plus médiatisée du Br XIX fut, évidemment, la première traversée de l’Atlantique Nord dans le sens Paris – New York, par Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, le 1er septembre 1930. Mais leur Point d’Interrogation, aujourd’hui conservé au Musée de l’Air, avait un moteur Hispano-Suiza ! 
Nous connaissons 3 représentations philatéliques de ce remarquable avion : 
4
en 1967, la République Malgache et la République du Tchad commémorent le 40ème anniversaire du raid de Dagnaux de Paris à Tananarive. 

4
en 1968, la République du Niger célèbre la 1ère liaison aéropostale France-Niger, réalisée en 1933 avec un Br-27, évolution Tout Acier du Br XIX, équipé d’un moteur Renault de 500 ch. 





1934 - LE CAUDRON RAFALE 
L’appellation Rafale fut attribuée à 3 versions successives d’un avion « Grand Sport », biplace en tandem, mais que l’on pouvait transformer en monoplace grâce à une verrière rétractable. Le C 430, équipé du moteur Renault Bengali 4 Pei de 120 ch, vola pour la pre­mière fois le 22 mai 1934. Dès le 30 mars, Delmotte et son mécanicien Puillet battent le record de vitesse, pour ce type d’appareil, sur 100 km. Remotorisé avec un moteur de 180 ch en vue de la Coupe Deutsch de la Meurthe 1935, il atteint la vitesse de 316 km/h avec Maurice Arnoux aux commandes. Le C 530 diffère du 430 par son fuselage allongé. C’est sur ce type d’appareil que, le 8 juillet 1934, Lacombe et Trivier sont vainqueurs des 12 heures d’An­gers et, les 21 et 22 du même mois, Puget et Lecarme remportent le Grand Prix de l’Aéro-Club de France (coupe Armand Esders) sur le parcours Deauville­Cannes-Deauville. Le C 660, très semblable aux précédents, est équipé d’une hélice Ratier à pas variable électriquement. 
Nous connaissons 3 représentations du Rafale : 
4
avant la guerre de 1939/1945, la Réunion présente une sé­rie de 4 valeurs en poste aérienne (reprise pendant le con.it avec la surcharge « France Libre ») : l’avion stylisé a le look du Rafale dans sa version monoplace. 

4
en 1972, la Poste aérienne émet un 10 F en l’honneur de 2 glorieuses aviatrices françaises : pour Hélène Boucher, l’avi­on représenté est le fameux C 450 n° 13 sur lequel Maurice Arnoux remporta le Coupe Deutsch de la Meurthe 1934 ; ce n’est pas un Rafale à proprement parlé, mais il en a bien, lui aussi, l’aspect dans sa version monoplace. 


4en 1979, la République de Guinée nous offre une assez belle représen­tation du C 530 F-ANAP, avion vain­queur des 12 heures d’Angers 1934. 

1934 - LE CAUDRON SIMOUN 
L’une des plus belles réussites de la fructueuse alliance Caudron –Renault. Conçu au départ comme avion de tourisme, c’est une application utilitaire qui assurera son démarrage en fabrication ; en effet, Louis Renault est sollicité, en septembre 1934, par les promoteurs d’une nouvelle société pour l’exploitation d’un réseau postal métropolitain, la future Air Bleu. Équipé du moteur Renault type 6 Pdi de 180 ch, il obtient son Certi.cat de Navigabilité en avril 1935 ; avec 12 avions, les vols Air bleu débutent le 10 juillet, entre Paris et 6 villes de province. En compétition, le Simoun se distingue, dès juillet 1935, aux « 12 heures d’Angers ». Puis ce seront d’audacieux raids, de Paris à Tananarive en décembre 1935, de Paris à Tokyo en décembre 1936. Ce même mois, Maryse Bastié bat le record de vitesse sur la traversée de l’Atlantique Sud, de Dakar à Natal, soit 3200 km à 263 km/h de moyenne. Puis c’est Maryse Hilsz qui relie Istres à Saïgon en décembre 1937 et bat lerecord de distance en ligne droite en reliant Istres à Port-Étienne (Sénégal) soit 3230 km, en décembre 1938. Remotorisé avec un Renault type 6Q de 220 ch à partir de 1936, le Simoun a intéressé de nombreux clients civils et militaires. Le Simoun était encore en production pendant l’occupation. 


Bien représenté en philatélie, notamment française, le Simoun se retrouve sur de nombreux timbres : 
4
en 1936 sur une série de 6 valeurs : l’avion sur­volant Paris est bien un Simoun même si le graveur a pris quelque liberté dans sa représentation ; le dessin sera d’ailleurs amélioré sur un 50 F émis la même année. 

4
en 1955, Maryse Bastié est à l’honneur sur un nouveau timbre de 50 F poste aérienne, pour nous rappeler sa traversée de l’Atlantique Sud. 

4en 1979, c’est un 1,20 F pour commémorer le service postal aérien assuré par Air Bleu à partir de juil­let 1935. 

4
en 1987, le Simoun est superbement représenté sur un 200 F de la République Fédérale Islamique des Comores qui honore les fondateurs de la Compagnie Air Bleu : Didier Daurat et Raymond Vanier. 

4
en 2000, le centenaire de la naissance d’Antoine de Saint-Exupéry donne lieu à l’émission d’un beau timbre à double valeur (3,00 F et 0,46 €) représentant un portrait de l’écrivain- aviateur et l’un des Simoun lui ayant appartenu, le F-ANRY. 







1935 - LE CAUDRON AIGLON 
Ce monoplan de tourisme, biplace en tandem, s’est révélé un excellent avion d’aéroclub, particulièrement apprécié des femmes pilotes, après une période de développement émaillée de performances remarquables. C’est le chef-pilote Delmotte qui effectue le 1er vol en mars 1935 à Guyancourt : au cours de la même année, avec aux commandes le pilote exceptionnel qu’était André Japy, l’Aiglon réalise des vols sensationnels pour l’époque : 
- des allers et retours dans la journée entre Paris et Oslo, Oran et Tunis. 

-un raid Paris-Saigon soit 10 150 km en 98 h 52 min, record battu. 
En 1936, c’est un raid Paris-Madagascar réalisé par Georges Reynaud et 
l’épouse du pilote Maurice Finat, décédé l’année précédente. 
D’autres records masculins et féminins, de distance et d’altitude, sont battus au 
cours de l’année 1937. 
Les 13 et 14 mai 1938, Elisabeth Lion rallie Istres à Abbadan (Iran) : avec 
4 063 km, elle bat le record féminin de distance détenu depuis 1932 par Amélia 
Earhart. 
En.n, entre le 23 mars et le 20 mai 1939, le pilote Martinet, en simple touriste, 
relie par étapes, avec son passager Klein, Nouméa à Paris, soit plus de 20 000 
km en 147 h 30 de vol. 

Il ne faut donc pas s’étonner si la « Nouvelle Calédonie et Dépendances » il­lustre par 2 fois l’avion qui s’y est rendu célèbre : 

4
pour la Journée du Timbre 1969, en rappelant la fameuse liaison aérienne 
réalisée 30 ans plus tôt. 


4
une nouvelle fois en 1983 en l’honneur des Ailes Calédoniennes. 





1937 - LE STAMPE SV 4 
En 1923, les ingénieurs belges Stampe et Vertongen fondent l’entreprise qui porte leurs noms pour la construction d’avions d’entrainement. Jusqu’en 1932, la production s’élève à une centaine d’appareils dont 26 équipés pour le vol de nuit ou sans visibilité et 20 pour l’acrobatie. En 1937, ils mettent sur le mar­ché, dominé alors par le Caudron Luciole, un biplan d’entrainement particu­lièrement réussi : 8,40 m d’envergure, 6,90 m de longueur, 750 kg, 290 km/h, le Stampe SV 4 est entrainé par le moteur Renault 4 cylindres inversés ; 60 exemplaires seulement sont construits en Belgique avant les hostilités. Mais, à partir de 1945, la SNCAN, qui a acquis la licence, va faire un carton sur le marché français et à l’export : 900 SV4 , dans plusieurs variantes, sont produits à Sartrouville et 150 autres en Algérie, toujours avec le moteur Renault 4P, dont la fabrication a été reprise par la SNECMA. De 1948 à 1953, la Patrouille d’Etampes disposait de 12 Stampe pour effectuer ses démonstrations acrobatiques ; la Patrouille de France lui succéda sur Fouga Magister. 
Nous avons trouvé 2 représentations de ce bel avion : 

culièrement réussi. 

CONCLUSION 
Voilà pour l’ « aviation Renault » ; pour compléter notre tour d’horizon philaté­lique, il nous restera à traiter les utilitaires, le ferroviaire et le matériel agricole. Ce sera l’objet de notre prochain article qui comportera également les timbres parus ou découverts entre temps et qui auraient .guré dans les articles précé­dents. 
Remerciements : 
- François Moussou, philatéliste “thématicien” de l’aviation, pour le prêt de la plupart des timbres illustrant cet article et sa recherche permanente des nouveau­tés Renault sur internet. 
Bibliographie : 
-
 Les Avions Caudron par André Hauet, Editions Lela Presse (2001). 

-
 Les Avions Caudron-Renault par Edouard Mihaly et Harry Robinson, Editions Larivière (2001). 

-
 Bréguet par Guy Michelet, Editions France-Empire (1963). 

-
 Les Avions Farman par Jean Liron, Editions Larivière (1984).