2016-02: Rétromobile 2016

Le salon Rétromobile 2016 a inspiré à Michel Jullien les deux commentaires ci-dessous

Rétromobile : le coin des Centenaires
par Michel Jullien

Les autos plus que centenaires étaient mises sous les feux de la rampe cette année à Rétromobile.
Renault, bien sûr, était représenté.

La magnifique CE 20 CV de 1912 de notre ami Bernard Dumas tenait la vedette. Venant d’Angleterre, cette auto est présentée “dans son jus“, dans un état remarquable. Quelles sensations ne ressentons nous pas en  se “frottant“ à de tels spécimens ! Loin, très loin des véhicules “surestaurés“ qui hantent trop souvent malheureusement aujourd’hui les manifestations de véhicules anciens…


Type CE - 5 litres de cylindrée, 20 cv – 4 vitesses – Carrosserie Limousine Kellner

 





Quelques détails presque émouvants : l’échelle pliable pour accéder à la galerie de toit. Et puis, le sommet du raffinement : le système pour accrocher son chapeau haut de forme qui défie la gravité !

 

 




Le premier Grand Prix automobile de l’Histoire : juin 1906

C’est la Renault AK qui remportera cette course historique de 1238 km sur un circuit dans la Sarthe à la vitesse moyenne de 103 km/h. Cette auto équipée d’un moteur 4 cylindres de 13 litres développait 90 cv et était capable d’atteindre les … 150km/h.

 


Photos Jean Bral et Michel Jullien

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De l'insolite à Rétromobile
par Michel Jullien

Cette année, une fois de plus, Rétromobile a fait le plein. Le plein des yeux pour les passionnés, le plein de choses parfois insolites. L’automobile ancienne réserve encore des surprises et bien des découvertes.
Le Rhomboïde. Cela vous dit quelque chose ?

En général (pour ne pas dire toujours), les quatre roues d’une auto sont placées aux quatre coins d’un rectangle. Certains ont pensé, sans doute en se rappelant de leur enfance au bord de mer, à les mettre au quatre coins d’un … cerf-volant, isocèle qui plus est ! Autrefois, on appelait çà un rhomboïde. Bon.

 


Voilà. La grande question est quand même de savoir à quels problèmes une telle architecture était censée apporter des solutions… On cherche toujours.

Là encore, cette “idée“ est pratiquement née avec l’automobile. Sunbeam, fabriquant de bicyclette à l’époque, s’y intéresse dès 1901. D’autres tentatives auront lieu. Plus étonnant, Gabriel Voisin tente l’expérience en 1934.

 

La voiture losange de G. Voisin était animée par un moteur d’avion en étoile…

 

Juste après la libération en 1945, de nombreux projets de cette même veine apparaissent ; sans succès aucun, bien sûr. Parmi ceux-ci, celui de Marcel Alamagny était exposé à Rétromobile. Cet ingénieur travaillait chez Amédée Gordini, le Sorcier.

 

 






Cet engin est fait de deux blocs identiques symétriques, raccordés à un bloc central qui contient l’ensemble moteur-boite de vitesses-transmission et les deux roues motrices. Cette “auto“ mesure 3,4 m. Elle peut emmener 4 personnes à son bord, mais les passagers “arrière“ seront en sens inverse de la marche et auront le plaisir d’admirer les autos suiveuses. Il n’y a pas de portière. Les deux blocs de l’habitacle basculent en avant (enfin, en arrière aussi) pour permettre l’accès à bord. Ce magnifique prototype s’endormira au fond de l’atelier d’Issy les Moulineaux et sera récupéré lorsque les activités de Amédée cesseront.

 

Mais le Rhomboïde n’est pas mort…
En 1960, c’est Pinin Farina qui se penche sur la question. Il s’y intéresse en pensant visiblement à l’aérodynamique. Cet étrange engin est affublé d’une mécanique en porte à faux arrière. Le Cx est effectivement remarquable : 0,2. Mais le célèbre carrossier abandonnera lui aussi la partie.

 


La PFX de Pinin Farina

 

 

 Il y aura aussi l’Automodule (1968) destiné à une campagne publicitaire. C’est un étrange engin aux allures de véhicule lunaire. Il touche le sol par quatre frêles roulettes. Il peut tourner sur lui-même.

 

  L'Automodule

 

Le Styliste Philippe Charbonneau s’intéresse lui aussi de près à ce concept. Dans un souci sécuritaire cette fois-ci, il imagine, en 1970, un véhicule en forme de ballon de rugby qu’il baptise Ellipsis. Il est ceinturé, comme les autos tamponneuses de la fête foraine, d’un tube protecteur en acier.

 

  L'Ellipsis

 

Le même Ph. Charbonneau persiste quelques années plus tard (1990), en proposant une auto citadine, mue par un moteur électrique avec des portes originales, puisque c’est une partie de la carrosserie elle-même qui coulisse sur l’avant.

La City

 

 L ‘avenir des “Rhomboïdes“ ? Google reprendra-t-il le concept ? …

 

Photos : Jean Bral et Michel Jullien