2015-07 : Valladolid Motores, un demi-siècle d'histoire par Carlos Quintana*

Notre rubrique Histoire des Sites vous en dira plus sur les  autres usines de Renault en Espagne et dans le monde.

Cette année, nous célébrons les 50 ans de l’Usine de Moteurs de Valladolid qui ouvrit ses portes en 1965. Ceci est l’histoire de l’évolution qui a transformé cette Usine, née avec l’objectif de construire des moteurs, des organes mécaniques ainsi que des directions pour les usines de montage, en l’une des plus importantes du Groupe Renault.

Le premier moteur assemblé dans sa totalité fut, pour la mythique Renault 8, le moteur « C » construit par 250 personnes. L’Usine se lança avec une production annuelle de 35 000 moteurs. Aujourd’hui 1 960 personnes produisent 37 500 moteurs par semaine.

Cette augmentation de productivité est fondamentalement liée à l’application, dès le commencement jusqu’à nos jours, d’une gestion d’entreprise adaptée aux différentes situations traversées par l’Usine. La qualité est un des piliers fondamentaux de l’Usine ainsi que l’introduction d’innovations technologiques afin de pourvoir maintenir cette qualité tant recherchée et actualiser l’organisation productive pour répondre à l’incessante exigence de la Qualité, Coût, Délai.

Tout ceci depuis le commencement a été appuyé par une importante politique d’investissement en formation du personnel, principal acteur  des changements, organisée au court de ces 50 ans. L’exemple de cette volonté, s’illustre avec la « Escuela de Aprendices » (l’Ecole d’Apprentis), qui forma les premiers professionnels afin de leur apprendre à manier les machines à l’ouverture de l’Usine. Beaucoup de ces élèves occuperont avec le temps des postes importants dans l’organisation de l’Usine.

Comme évènement marquant dans la vie de l’Usine de Moteurs, nous pouvons nous en rappeler quelques-uns.

En 1971, se mettent en fonction les premières lignes de transfert pour les culasses et les cylindres. La période entre 1974 et 1979 fut marquée par un important conflit entre les salariés et le patronat, dû à la situation politique, ce qui amena à un lock-out. Durant les années 80, l’usine commence à s’automatiser et détient un effectif de 4 164 employés ; à partir de ce moment, se mettent en place les modules de production.

A la fin des années 80, l’usine lança le nouveau moteur E (Energy) ce qui impliqua une totale réorganisation et une avancée importante sur le plan technologique ainsi que logistique. 600 moteurs par jour furent envoyés à Douai via autoroute et, concernant la production, le nombre d’employés était de moins de 3 000.

Au début des années 90, l’Usine valida la certification EAQF (Evaluation  Aptitude Qualité Fournisseur) et est choisie pour le projet d’Usine Leader dans le cadre du PAP (Plan Accélération Progrès) qui s’était mis en place dès 1988. Le but de ce projet était d’atteindre les objectifs des usines japonaises et établir un modèle de référence pour le Groupe Renault. Douai releva ce défi pour le montage et Motores pour la mécanique

Au sein de ce plan, les usines Renault ont connu un des changements d’organisation les plus importants de leur histoire, avec l’implantation des UETs. Durant les années 90, afin de flexibiliser la production, avec l’accord des syndicats, l’usine organisa la production autour de 20 équipes de travail par semaine sur les lignes d´usinage. Il se décida de présenter l’Usine de Moteurs au prix de Qualité européen (EFQM), ce qui aida à structurer l’usine lorsque s’introduisit l’organisation par process.

Je me souviens, à cette époque (en 1994), d’une réunion avec le directeur de la Production mécanique, Hervé Chevrant et  le directeur de l’Ingénierie Patrick Pélata, dans laquelle on proposa l’idée d’abandonner la fabrication de tous les  organes  mécaniques (disques de freins, porte fusées, etc.) et de la transférer à l’usine du Mans et ainsi recentrer l’activité exclusivement sur les moteurs. La décision fut difficile à prendre car la fabrication d’organes mécaniques représentait une partie très importante de notre activité durant les 30 dernières années.

Arriva le K7, puis le K4, le K9, le H4J, le H5F et le H4B….. Ce fut le point d’inflexion à partir duquel l’Usine de Moteurs, durant les deux décennies suivantes, fabriqua 50 % de tous les moteurs Renault (1 500 000 moteurs par an) en intégrant la participation de nouveaux clients  Nissan puis Daimler.

La connaissance que je détiens de ce demi-siècle et mon expérience comme leader des équipes de l’Usine me permettent témoigner que ces succès ne se seraient pas produits sans la participation et l’engagement de toutes les personnes qui ont travaillé avec nous dans l’usine de Motores.

 

*Ancien directeur de l’Usine de Motores