Compte-rendu de la conférence de Hubert d'Artemare



Le 2 juin 2014, dans le cadre des conférences organisées par RENAULT HISTOIRE, nous avons accueilli Hubert d'Artemare, un homme qui aime l'Histoire (il est actif à notre association) et qui aime raconter de belles vraies histoires, notamment celles vécues lors de la période des "20 glorieuses de la Direction Commerciale France" !





Après des études de Droit, un service militaire en Allemagne, puis en Algérie, Hubert d'Artemare entre en stage à la DIAC, devient Attaché de Direction puis franchit la passerelle en 1967 pour devenir Assistant du Directeur Commercial France, Philippe Lamirault.

Philippe Lamirault sera son maître et lui montrera l'exemple sur le "comment faire du commerce" tout comme le fut son professeur de philosophie Claude Spire sur les méthodes de travail voire de management.

Commence ainsi une belle carrière commerciale d'une vingtaine d'années chez Renault au cours de laquelle Hubert d'Artemare contribuera, innovera, et pilotera nombre d'actions commerciales.

Assistant de Philippe Lamirault, il connaît toutes les campagnes "Essayez, vous verrez". Sans comparer la R16 à la courtisane Ninon de l'Enclos, le texte qui l'évoque -"C'est qu'elle n'eut jamais de beauté"-, aurait pu très bien s'appliquer à la R16, modèle un peu austère mais avec un agrément de conduite exceptionnel.

En 1972, c'est un lancement réussi de "Bonjour, je suis la Renault 5". Au-delà des 15% de part de marché,  l'aura de cet enfant surdoué et charmeur rejaillira sur l'ensemble des modèles et changera durablement le regard sur la marque touchant de nouvelles clientèles dont celle des femmes !


Mais au Commerce, pour faire carrière, il faut commencer par le métier de vendeur. Hubert d'Artemare est nommé Directeur de la Succursale de Mantes la Jolie et fait ses classes en montant les escaliers des premiers immeubles du Val Fourré et découvre l'activité Poids Lourds dans ce territoire qui recouvre une vallée industrielle très active.

C'est à Mantes, qu'il teste ses premières opérations commerciales : "Quinzaine de la R4", opération VO R16, …

Retour à la DCF : Hubert d'Artemare initie alors toute une série d'événements centrés sur un modèle et les "Journées Portes Ouvertes" pour présenter au moins une fois par an, tous les modèles de la gamme et faire la fête avec le réseau et les clients. Il organise aussi l'opération "Renault visite Renault" -l'ensemble du réseau rend visite aux usines- et les premiers challenges qui incitent les affaires à se surpasser pour réaliser leurs objectifs commerciaux.

Hubert d'Artemare vivra intensément de nombreux lancements de véhicules et nous conte le défilé des R14 sur l'autoroute du Nord et les Champs Elysées filmé et projeté devant les concessionnaires réunis au studio 102 de Radio France. "Le réseau a besoin d'être surpris" nous dit Hubert d'Artemare, et il a été surpris à chaque lancement que ce soit pour la R18, pour les nouveaux Trafic et Master, ...

Ce sera ensuite la Belgique, puis l'Allemagne. "Vendre une voiture française à un Allemand, est aussi difficile que de vendre du vin de Moselle à un Bordelais!" mais quand les produits sont innovants et de bonne qualité, la presse spécialisée salue Renault et les clients sont au rendez-vous.

En 1984, le retour à la DCF se fait dans un contexte peu favorable : Renault perdait de l'argent, le lancement de la Supercinq était un échec  et la qualité de la R25 discutée. Un véritable plan de redressement a été bâti et déployé pour la DCF : restructuration sélective du réseau, mise en place de nouvelles méthodes et organisations, la nouvelle distribution, et une publicité au positionnement innovant "Les Voitures à Vivre". Jamais peut être tous les acteurs de Renault ne se sont à ce point reconnus dans cette formule simple qui portait toutes les valeurs de la marque et qui est restée pendant de longues années la signature des actions commerciales Produits et Services. A l'issue du plan de redressement, la performance est là : 31% de part de marché, bonne rentabilité du réseau, et réduction des coûts commerciaux DCF.

Au départ de Jean Phelupt son patron, un changement d'organisation le conduit à donner sa démission de Renault, sans toutefois savoir encore qu'il découvrira le monde du Club de Med, celui de Seat et aujourd'hui le conseil en recrutement de Cadres Dirigeants.

Hubert d'Artemare témoigne de son attachement aux Hommes, aux produits  et activités de Renault (Compétition, Formule 1, Alpine) et regrette de ne pas avoir eu à lancer Velsatis !

Renault est une entreprise à part ; en effet,  "quelle entreprise de plus de 100 ans, peut dire qu'elle a accompagné, partagé et vécu avec l'ensemble des Français ? ".