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Premier février 2012
 
Viens-tu au CAF?

Je vous le concède, le jeu de mots était facile! Mais c’est quoi le CAF? Ni une cafétéria, ni un p’tit caf(é), le centre d’aide en français est un soutien à l’apprentissage pour les cégépiens qui éprouvent de la difficulté avec le français écrit. J’ai eu l’occasion d’y travailler à l’automne dernier et j’aimerais vous en parler.

Le CAF se compose d’enseignants et d’étudiants qui excellent en français et qui ont suivi le cours sur la Relation d’aide en français. Ne s’improvise pas enseignant qui veut! Ces «assistants ou moniteurs» sous supervisés par un professeur de département de français.

L’étudiant en difficulté est d'abord repéré lors d’une dictée diagnostique passée en classe de français, au début de la première session de son programme d’études. L’enseignant en français lui suggère alors de s’inscrire au CAF pour y recevoir de l’aide gratuitement.  Attention, ce n’est pas de l’aide aux devoirs ou à l’épreuve uniforme de français! L’étudiant s’y inscrit de son plein gré, mais doit respecter certaines conditions comme assister à toutes les rencontres et faire les « devoirs » imposés par l’assistant qui lui a été désigné. Il s’agit d’une rencontre individuelle de 50 minutes par semaine, durant les plages libres de l’étudiant. Tous les cégeps offrent les services d’un CAF.

À l’aide de la dictée diagnostique, l’assistant détermine où sont les forces et les faiblesses de l’étudiant. Prenons par exemple, Stéphane qui a cumulé 48 fautes dans sa dictée. Au cégep de Matane, chaque faute est classée selon une grille de Codes de correction en français écrit : O pour orthographe, A pour accord, T pour texte, Ph pour Phrase, V pour verbe, L pour lexique, P pour ponctuation, et ensuite dans une sous-catégorie : O1, faute d’orthographe; O2, accent; O3, confusion d’homonymes; etc.

Si Stéphane a fait 7 fautes dans la catégorie Accord et 3 dans la catégorie Ponctuation, par exemple, l’assistant va réviser avec lui les règles d’Accord en priorité. Ils pratiqueront ensemble au moyen d’exercices, sélectionnés par l’enseignant selon le niveau de difficulté, la règle mal intégrée, et ainsi de suite pour chaque catégorie. Après chaque rencontre, l’enseignant remplit un Rapport de rencontre pour le suivi de la démarche. D’autres dictées postdiagnostiques données au milieu et à la fin de la session permettront de vérifier la compréhension de l’étudiant. Mais, derrière tout cela, le but est de fournir à l’étudiant « un ensemble de moyens visant à favoriser, par une relecture dynamique de ses textes, une autocorrection efficace organisée autour de ses propres difficultés», selon Mme Suzanne Beauchemin, du cégep du Vieux-Montréal. Le CCDM a publié un excellent texte pour expliquer les dessous de cette démarche pédagogique.

On est cependant en droit de se demander pourquoi un jeune qui a étudié le français depuis le primaire n’a pas réussi à intégrer les règles de base du français… Qui a failli à la tâche durant ces 11 années en incluant le secondaire? Doit-on accuser le système scolaire et sa réforme? Je ne le sais pas, car je suis dépassée par cette réalité.  Je constate néanmoins qu’il faut raviver l'importance du français dans notre culture et notre société en général. Et cela doit venir d’abord de la fierté de notre langue…