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Les anglicismes, des emprunts... fautifs

Premier juin 2010

Au cours de son évolution, il est normal et même souhaitable qu’une langue emprunte des mots à une autre langue. Ces emprunts lui permettent d’enrichir son vocabulaire et de se renouveler au quotidien. Cela est facilité par la cohabitation des peuples, la proximité d’une autre culture et par la mondialisation de la communication, bien sûr. On n’a qu’à penser aux mots italiens comme pizza ou cappuccino (des italianismes) ou aux mots arabes comme hijab ou burka, que les médias nous ont fait connaître. Cet article de la linguiste Henriette Walter, L’intégration des mots venus d’ailleurs, permet d’explorer ce sujet pour le moins « dépaysant »..

 

Dans le cas particulier du Québec, la plupart de nos emprunts sont anglais, à cause de notre contexte sociohistorique et linguistique. Ainsi, « cow-boy », « badminton » et  « nylon » sont des emprunts passés dans la langue française. Ils ont été adoptés tels quels, dans leur forme et leur sens. Mais pourquoi certains emprunts sont-ils critiqués, voire condamnés par l’Office québécois de la langue française? Grosso modo, un emprunt est considéré comme fautif lorsqu’il existe déjà dans notre langue un équivalent pour l’exprimer, que ce soit par le sens, la forme, la syntaxe ou même la prononciation. Ce sont des anglicismes.

 

L’OQLF les a répertoriés sous cinq appellations, Le Colpron en classe six, mais l’auteure Marie-Eva de Villers les regroupe en trois principales catégories. Je vais tenter de vous décrire les plus courants.

 

L’anglicisme lexical ou intégral est un mot emprunté directement à l’anglais, alors qu’il existe un terme français qui l’exprime déjà. Par exemple, « toaster » pour « grille-pain » et « hood » pour « capot ».

 

L’anglicisme sémantique : lorsqu’on donne un sens anglais à un mot français, par exemple,  J’écoute mon « programme » dans le sens de «émission de télévision ». On les nomme aussi faux-amis.

 

L’anglicisme syntaxique ou calque : Ici, on a emprunté la syntaxe anglaise dans notre expression française comme si on avait traduit mot à mot. Ainsi, « sur l’étage » (on the floor) au lieu de « à l’étage ».

 

L’anglicisme phonétique est une faute de prononciation. Ainsi, « cantaloup » se prononce « cantalou », sinon il est prononcé... à l’anglaise!

 

Les autres types d’anglicisme sont de nature morphologique, phraséologique, hybride ou graphique. Bref, de quoi y perdre son latin!

 

Ci-dessous deux ouvrages de référence très utiles. Quant aux internautes, ils aimeront consulter la section sur les anglicismes du www.langueauchat.com/daniel/index.html.

Alors, enrichissons notre vocabulaire, comme le dirait Sélection du Reader’s Digest, empruntons, mais avec discernement.

 

FOREST, Constance et Denise BOUDREAU. Dictionnaire des anglicismes – Le Colpron,  Montréal, Beauchemin, 1999, 381 p.

 

DE VILLERS, Marie-Eva. Multi-Dictionnaire de la langue française, Montréal, Québec Amérique, 2003.

 

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