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La féminisation des titres, reflet de notre société

8 mars 2010

Aujourd’hui 8 mars, journée de la femme.  Cela m’a inspiré le sujet de la féminisation des titres et des textes.

C’est vers les années 1970 que le mouvement féministe au Québec a revendiqué le droit de donner aux femmes des titres de fonction au féminin. Auparavant, peu de femmes travaillaient hors du foyer, mais la présence de plus en plus grande des femmes dans tous les domaines, incluant les postes non traditionnels ou de pouvoir, a mené à la féminisation des titres.

 

En juillet 1979, La Gazette du Québec publie un avis de recommandation de l’Office de la langue française (OLF) quant à la féminisation des titres, en respect avec la morphologie française : les métiers se terminant en –eur deviennent –euse, ceux en ­–teur se déclinant en –trice.  Les titres à la finale en –e, comme ministre et dentiste, se sont féminisés par l’utilisation de l’article la ou une. Dans d’autres cas, l’apposition du mot femme devant le titre au masculin est suggérée. Ainsi, on écrira une femme docteur, une femme ingénieur.


Le masculin l’emporte-t-il toujours sur le féminin? Suivant le mouvement de revendication des femmes qui ne désiraient plus « être invisibles », la féminisation des textes est apparue aussi dans les pays francophones, comme la France, la Suisse et la Belgique. Un exemple d’écriture féminisée : les employés et les employées sont tenus de voter. Pour éviter ces tournures de phrase, des graphies tronquées ont été créées selon l’inspiration du rédacteur : les employés(es), les employéEs, les employé/e/s ou les employé-e-s. Il en est résulté plus de lourdeur, car il faut aussi accorder l’adjectif et le participe, pour ne nommer que les cas fréquents. Ex. : Les employé(es) syndiqué(es) ont voté hier.


Comment alléger le texte alors? En se tournant vers les termes épicènes. Au lieu de les employés et les employées par exemple, l’OLF conseille d’écrire le personnel. Les clients et les clientes sont la clientèle, les candidats et les candidates deviennent les candidatures, et ainsi de suite. Cette forme d’écriture, plus neutre, qui englobe les genres masculin et féminin, facilite grandement la lecture. Mais on est en droit de se demander si les femmes sont « visibles » dans cette façon de faire. Sachez toutefois qu’à ce jour la féminisation des textes n’est pas obligatoire, même si c’est la forme que privilégient les organismes et ministères. Elle revient à l’auteur ou l’auteure de décider de la place qu’il ou qu’elle veut donner à la femme dans ses écrits. Sur ce, bonne journée de la femme!

 


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