La résurrection

(d’après l’œuvre d’Albert Roze, La résurrection)

             Je suis celui qui jaillit, le phœnix qui de ses cendres se relève. Ayant connu les affres de cette vie ingrate, je n’ai plus peur de rien. Je reviens fort, fier et incrédule. Vous ne me la jouerez pas deux fois ! Je ne suivrai pas vos conseils mortifères, vos règles bafouant tous désirs et toute liberté. Je saurai m’en écarter comme longtemps vous m’avez écarté de la jouissance de ce monde, quand le « trop tard ! » s’est abattu sur ma pauvre tête, bourrée par tant de  mensonges.

Je vous défie, vous : sagesse, virginité, droiture. Que la vérité éclate au grand jour, sous les yeux des tous ces esclaves que vous écrasez du pied. Même votre ange de la mort n’a su venir à bout de ma volonté, de l’espoir que je porte et qu’aujourd’hui je brave devant vos yeux vitreux, vicieux, odieux.