2018-2019‎ > ‎

Accompagnement

Les élèves sont accompagnés dans leurs apprentissages par les enseignants, avec l'aide de Nicole.
    Cet accompagnement se base tout d'abord sur la confiance en l'immense envie et capacité d'apprentissage de chaque enfant. L'observation et l'écoute jouent un rôle primordial. Le tutorat entre élève permet à chacun de transmettre et d'apprendre des autres. Nous guidons certains élèves vers des projets d'apprentissage plus spécifiques. Et nous les invitons à travailler avec nous en groupes de besoin dans les domaines nécessaires. Des activités de difficultés croissantes leur permettent de progresser marche par marche à leur rythme. 
    Voici cet accompagnement expliqué un peu plus en détails ci-dessous : 

La confiance
 
   Chaque élève à l'école est une jeune personne avec son caractère, ses représentations, ses envies, ... et ses connaissances. Les enfants n'arrivent pas vierges de tout savoir, loin de là. A l'école, les savoirs établis par chacun vont se confronter à ceux des autres, et à des situations pédagogiques qui vont permettre de les faire évoluer en les remettant en question. D'où l'importance de la socialisation (travail de groupe, communication orale) et de l'émancipation (autonomie, envie de grandir) pour accompagner les apprentissages scolaires.
    A de nombreux moments de la journée, les élèves sont laissés libres du choix de leur activité. C'est un gage de confiance dans leur capacité d'aller vers les activités qui leur correspondent le mieux à un moment donné de leur parcours scolaire : soit que ces activités répondent à leur soif d'apprentissage à un moment donné, soit simplement qu'elles leur fassent envie. Le plaisir d'être à l'école est essentiel, et c'est bien souvent par le jeu que l'on apprend le mieux. On peut observer de multiples grands moments d'apprentissages lors de ces activités libres autonomes. A condition évidemment que les activités proposées répondent à ces besoins. Et que le calme permettent à chacun de travailler sans être dérangé.



L'observation

Le travail autonome des élèves permet aux enseignants de se mettre en retrait, en observation de la classe. Certains jours (rentrée, lundis, pleines lunes!), l'enseignant veillera uniquement à faire respecter les règles de base de la classe : chuchoter, se déplacer dans le calme, ranger soigneusement le matériel à sa place. Mais une fois l'autonomie des élèves bien établie, et c'est un véritable travail de mise en place en début d'année (lien), je peux prendre le temps d'observer certains élèves dans leur activité, leur processus d'apprentissage. J'interviens si besoin pour leur proposer de leur présenter à nouveau comment utiliser le matériel en explicitant clairement l'objectif.

    Je note parfois par écrit dans un classeur certaines réussites, ou difficultés, que je souhaite reprendre par la suite, ou simplement évoquer lors d'un entretien avec les parents ou une réunion de suivi avec les collègues. Des fiches d'observation me permettent d'observer l'ensemble des élèves sur une compétence que je souhaite évaluer. Ces observations permettent d'accompagner au mieux chaque élève dans ses apprentissages. Un livret de réussites regroupe certaines observations, et quelques photos d'activités maitrisées par chaque élèves.



L'écoute

     Les moments d'échange sont primordiaux, à condition que l'élève qui souhaite s'exprimer soit écouté avec bienveillance. Nous prenons le temps en classe d'être à l'écoute de la parole de chacun, petits ou grands. En regroupement, la parole est demandée en levant le doigt, et l'élève qui parle n'est pas interrompu. En petits groupes et en interaction individuelle avec les élèves, je reste attentif à ce que l'enfant veut exprimer, lui laissant le temps de trouver ses mots, et je reformule si besoin avec une syntaxe plus complexe et du vocabulaire précis. L'école maternelle est avant tout l'école du langage oral, la parole est centrale. Cette écoute permet de préciser les observations, le suivi des élèves, et d'ajuster l'accompagnement proposé.

    Les élèves sont demandeurs, ils ont soif de progrès et de découvertes. Ils demandent à ce qu'on leur présente les activités nouvelles qu'ils souhaitent travailler, soit à un tuteur (voir ci-dessous), soit à un adulte référent. Parfois, des élèves proposent eux-même des activités qu'ils souhaitent, ils ont des projets d'apprentissage (voir ci-dessous). Je suis alors à leur écoute pour les accompagner. Les élèves me sollicitent sans me déranger en posant leur main sur mon épaule, afin que je leur prête attention dès que j'aurai fini le travail en cours avec d'autres élèves. Ce qui leur laisse le temps d'ailleurs d'écouter ce qui se passe et d'apprendre par la même occasion.



Le tutorat

    Une photo en couleurs est collée sur quelques livres que les élèves choisissent et réussissent à raconter aux autres (tutorat), avec des phrases construites et des mots précis.  Nous prenons le temps avec chacun de valider ou travailler le langage sur l'album choisi. Et les élèves peuvent se mettre par deux lors des temps d'autonomie pour lire leurs livres.

    De même pour les activités libres de chaque espace de la classe. Les enfants qui sont capable de montrer et d'expliquer certaines activités, avec des gestes et du vocabulaire précis, nous demandent de le vérifier et de coller leur photo en couleurs pour avoir la fierté d'en devenir tuteurs. Dans toutes les activités, et avec les livres, nous sommes attentifs au langage et à la justesse du vocabulaire et des gestes employés.



Les projets d'apprentissage

    Sur des livres qu'ils aiment, mais qu'ils doivent encore s'entraîner à raconter (projet d'apprentissage), une photo noir et blanc est collée. Sur certaines activités choisies qui leur demandent encore de l'entraînement tous les jours, nous collons aussi leur photo noir et blanc pour les encourager dans leurs projets d'apprentissage.

    Ces projets sont définis avec les élèves généralement sur proposition de l'enseignant qui a repéré une activité particulièrement adaptée aux besoins que rencontre un enfant à un moment donné. Mais ça peut être aussi une demande de l'élève qui a envie de se consacrer particulièrement à une activité pour s'entraîner, avant peut-être d'en devenir tuteur et de pouvoir remplacer sa photo noir et blanc par une photo en couleurs.

    Quoi qu'il en soit, ces projets sont juste un outil pour les enseignants, et une motivation pour l'élève qui a sa photo collées sur un livre ou une activité. Ils ne concernent pas forcément tous les élèves en même temps, et sont limités dans le temps : un bilan est fait au bout d'une certaine période. Soit l'activité est bien maitrisée et l'élève, s'il le souhaite, peut continuer à pratiquer cette activité en étant sollicité comme tuteur, ou bien simplement passer à autre chose. Soit il rencontre encore des difficultés, et le travail pourra être à nouveau présenté, et travaillé différemment, en groupes de besoin par exemple.

   


Les groupes de besoin

    Des temps d'activités en groupes dirigés sont prévus dans la journée, avec certains élèves qui en ont besoin, et d'autre qui le souhaitent s'il y a la place. Le travail se fait avec l'enseignant qui explique le travail, les consignes et les apprentissages explicitement nommés. Ce travail peut prendre des formes variées : motricité et manipulation, langage et albums, fiches, production d'écrit... Ce travail guidé par l'enseignant pourra éventuellement donner lieu à un réinvestissement en autonomie.

    Ce travail dirigé permet d'accompagner plus spécifiquement certains élèves dans des domaines qui leur posent des difficultés et qu'ils osent moins travailler en autonomie. L'"effet maître" est motivant pour entrer dans de nouveaux apprentissages, car les élèves se sentent alors privilégiés de  pouvoir travailler avec l'adulte. Mais, vu l'effectif de la classe, ce travail d'accompagnement ne peut se mettre en place de façon systématique qu'en deuxième période, une fois que l'autonomie des autres élèves de la classe est assurée, quand les enfants connaissent assez les activités proposées et qu'ils respectent le calme et le rangement de la classe. 



Marche par marche

    Les activités proposée sont d'un niveau de difficulté progressif. Chaque étagère regroupe un domaine de travail précis. Les activités les plus simples sont rangées sur le devant des étagères, de gauche à droite de plus en plus difficiles. Les activités plus complexes sont rangées derrière. Les élèves sont invités ainsi à choisir une activité qui correspond à leur capacité, à s'entraîner pour pouvoir progresser dans la difficulté, ce qui les motive. Mais les petits sont souvent curieux de découvrir aussi les activités des grands, ce que je ne leur interdis pas, dans la mesure où ils respectent le travail demandé, à commencer par savoir ranger le matériel.

    Avec un même matériel en effet, plusieurs niveaux de difficultés peuvent être proposés, marche par marche. Des photos présentent le travail à réaliser. Les élèves doivent alors toujours commencer de la première marche, afin de fixer leur apprentissage, et progressivement aller de plus en plus loin. Ce qui permet à des élèves d'âges très différents de s'entraîner sur une même activité tout en ayant une marge de progression, de se projeter dans des objectifs à leur mesure.


    

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