Mon Initiation Chamanique

(extrait)

ORFEO VIRAL

D’immenses soleils et des milliards de mondes ont dansés et dansent encore au cœur même de ma chair.

J’ai survolé des forêts poussant entre les mondes et visité des cavernes de cristal et d’étincelles bleues.

De puissantes entités ont bénies ma venue, , comme elles béniront tous ceux qui oseront le voyage jusqu'à elles.

J’ai été soigné, nettoyé, lavé à des eaux merveilleuses.

Mon corps à été ouvert par le griffe de l’ours répandant devant moi des ténèbres que je me cachais depuis le tout début de ma vie.

Un dieu bleu, d’un poignard d’obsidienne m’a ouvert la poitrine pour en sortir mon cœur palpitant pour le remplacer par le sien.

Dans un temple de lumière des cristaux ont été introduits dans mon corps pour plus d’amour, de vie et de lumière.

J’ai quitté le nid pour l’immensité.

Le vol du chaman m’a mené à moi.

Il n’y a plus d’autres frontières que mes peurs qui ne sont que fumées..

A moi, qui suis sans perfection, sans sagesse, tout cela a été offert.

Je ne suis plus le même.

Chaque voyage m’approche de moi et m’approche de toi.

Chaman qui chante, chaman qui danse car

Tout est musique

Tout est chant

Et tout se meut en dansant.

Ma voie chaman est voie d’heyoka, un terme venu des cultures amérindienne dont nous n’avons plus équivalente en occident. Celle de ceux qui se tiennent sur le fil, en équilibre entre masculin et féminin, entre sérieux et dérision, un chemin ou l’on accepte de rencontrer et de contempler nos ombres pour ce qu’elles sont : le fruit de ce que nous avons enfouis au plus profond de nous, de manière individuelle comme collective. Cette voie à de nombreux point commun avec le chemin tantrique car il s'agit d'accueillir et de regarder tout ce qui se tient en soi.

A présent que les années et les initiations se sont succédées, les mouvement du balancier se sont apaisés, à présent que je m’approche de mon centre je contemple ce chemin avec amour et humour

A mon sens, nos vies d’humains « civilisés » nous coupent de la beauté du monde, de la nature et de nous même.

Nous avons perdu nos « sens magiques ». LE merveilleux, la magie du monde ne sont vécus plus que par procuration au travers des constructions mentales de nos films, romans et jeux vidéo.

Seuls quelques individus isolés et certains membres des peuples premiers gardent encore le flambeau de cette « vision du monde » en attendant que nous sortions de ce qui ressemble à un mauvais rêve, mais qui pourrait tout aussi bien être les travers de l’enfance de l’espèce humaine en voie de grandissement.

Certaines voix contestent la vision que nous avons de la guérison

Certaines voix contestent la philanthropie de l’industrie pharmaceutique parce que justement c’est une industrie.

Certaines voix contestent la visions matérialiste que nous avons du monde et surtout la paranoïa qui fait voir du sectaire là ou il n’y a qu’éveil à soi.

Hors l’église et les religions établies point de salut.

Pourtant nombres de malades de Sida ont poussée leur dernier souffle loin du réconfort de leur foi parce que celle-ci, jusqu'à ce seuil ultime, a contesté l’amour qu’ils avaient de leur semblable.

Qu'il est cruel, aux portes de la mort, de demander de renier l’amour parce que cela serait une erreur, voire un perversion aux dires de ceux qui prônent l’amour du prochain ?

Quel dieu d'amour demanderait pareil reniement?

La spiritualité n’a que faire de la morale.

Le bien, le mal, tout cela est bien moral et variable selon les cultures et les époques.

Ici l’homme a les cheveux courts, la bas il doit les avoir longs.

Ici la femme se maquille, la bas c’est l’homme.

Tout cela n’est que jeu et théâtre

Masculin et féminin ne sont que des rôles que vous jouez.

Ici dieu est homme, là bas dieu est femme.

Ici dieu est un, il est la bas multiple.

Ici dieu est mort et là bas il est bien vivant.

Ici souveraines sont la science et la raison,

là bas c’est l’esprit.

Tout cela est la danse de la vie

Tout cela est la danse des vérités.

Nous sommes uns

Nous sommes multiples

Se battre pour tout cela nous rend il plus heureux ?

Un jour de 1987, le sida, ma « maladie chamanique » est entrée en moi, vous imaginerez facilement comment en ces temps là on imaginait cette épreuve là. Trop mortel !

Au risque de choquer nombre d’entre vous, mais soucieux de ne pas vous mentir, j’avouerais que le Sida fut et reste pour moi une des meilleures choses qui me soit arrivé, une opportunité, celle d’aller plus loin dans mes rêves et mon grandissement.

LE Sida est ma maladie chamanique, celle qui poussa le chaman qui sommeillait en moi (comme en nombre d’entre vous) vers le chemin de l’éveil, celui de la quête et aussi celui de l’action.

Il est possible de faire de l’épreuve une germination. De transmuter ce qui peut nous tuer, en une force qui rend VIVANT

LE Sida est pour moi un ensemble de signaux qui me pousse à aller vers le respect de mon corps, de mon esprit et de mon âme et plus encore, vers le respect de l’autre.

Il m’a forcé/aidé à m’ouvrir à mon âme à d’autres réalités, à regarder mes peurs, à apprendre à écouter mes signaux internes, la sagesse qui, j’en suis persuadé, sommeille en chacun de nous.

Être séropo demande plus de rigueur, de respect de soi, sans rigorisme et avec souplesse.

Et le Sida s’engouffre dans le moindre de nos désespoirs et désirs de destruction. Il nous révèle dans l’horreur et de manière terrible nos manquements à ce qu’à tort ou à raison nous appelons notre humanité.

Il se nourrit avec voracité du rejet, de l’égoïsme, de la peur, de la haine, de la guerre, de l’injustice sociale, de l’indifférence, de toutes les formes de racisme, de l’homo phobie, bref, de notre coté obscur.

Il est combattu par la solidarité, l’amour, la paix, la justice, le partage, la joie, l’information : notre coté lumineux.

Pourtant, malgré le fait que ces évidences là soit reconnues et étudiées dans de nombreux et coûteux rapports, régionaux, nationaux et internationaux (bientôt intersidéraux) le SIDA est toujours là, effroyablement plus présent qu’avant.

Le Sida nous met devant un choix. Il est un seuil et les décisions ou non décisions que nous prendrons marquerons durablement notre histoire parce que le Sida est plus que le Sida.

J’ai écouté les messages du Sida.

JE les écoute encore, comme ceux d’un maître précieux.

JE vis dans la nature parce que pour moi c’est là que je dois être.

Et toi que te dit il de faire ? Sida ou autre épreuve...

Une voix en moi me disait émerveille ta vie, ré enchante toi ! Je l’ai écouté.

Ce monde est source d’inégalités de douleurs et d’exclusions, j’ai surfé sur ces vagues. Mes excès passés, mes irrespects, drogues, tapin, alcool m’auraient conduits à la mort si le Sida n’y avait mit un terme .

J’ai choisi de vivre.

A présent chaque symptôme est un message, un guide.

JE ne combats pas le Sida, car je n’aime pas la guerre.

Nous sommes tous mortel et sûrement immortel, je le crois.

Et si nous étions plus maître du jeu que nous le croyions ? Un certain nombre d’entre nous le croient et peut être le prouve en étant toujours vivant et en pleine forme.

A mon sens, la/le chaman(e) est celui qui se tient au centre, entre le ciel et la terre, le masculin et le féminin, le dicible et l’indicible, le passé et le futur, l’humain et le divin en ce point cher aux surréalistes ou cesse tout combat et ou l’humain devient souffle. Nous sommes, je le crois, tous potentiellement cela et tous nous possèdons la possibilité de puiser en cette partie de nous, en cette idéale position.

Pour le chaman(e), la nature tient une place privilégiée, elle est le lieu d’où lui viennent les voix de sagesse et le lieu ou chercher l’harmonie brisée, pour lui-même d’abord puis pour les autres.

Certains penserons que tous cela est folie.

Mais ne vaut il pas mieux une saine folie plutôt que celle qui s’empare de la plupart des hommes, une folie qui détruit et asservie ?

LE chaman, le poète et le fou, ceux qui écoute leurs « VOIX/VOIE » ne seraient ils les germes d’un monde meilleur ?

Puissiez vous trouver vos pouvoirs de bonheur et à votre tour le répandre autour de vous.

« …d’une toute petite flamme, un brasier. »

L’appel

Nombre de vos enfants s’éveillent dans votre société, ne comprenant pas que ce qu’ils vivent est l’appel, l’universelle voix qui appelle à l’éveil.

Face à des parents qui ne connaissent plus cela, ils doivent affronter cela seul.

LA folie les guette.

Il est d’autres cultures ou cela est reconnu et pris en charge, accompagné.

Ici, ce sont vos docteurs de la tête qui s’occupent d’eux et qui veillent à ce que plus jamais ne poussent leurs ailes.

C’est un immense gâchis que de faire de l’éveil une maladie, un gâchis tout aussi vaste que celui des bûchers qui jadis brûlaient tout ceux et surtout celles qui hors du dieu du livre s’ouvraient à la magie de l’univers.”

SARA LA KALI

Des années durant deux forces contradictoires s’affrontèrent avec violence en moi et je n’y comprenais rien. D’un coté il y avait un amour de la vie et de la nature et de l’autre une pulsion puissante qui me poussait à côtoyer les gouffres et même à y descendre avec complaisance. Cela commença par des phénomènes étranges, à l’heure ou à l’école on m’apprenait à devenir rationnel, moi lorsque je rentrais chez moi je voyais se déplacer les meubles, mon lit bougeait et les objets parfois traversaient la pièce. Mais lorsque je partais dans la nature qui toujours entourait les lieux de vie de mon enfance et adolescence je me sentais heureux et souvent de mon ventre s’animait un vortex de bonheur devant la beauté de ce que je contemplais.

Un élan croissant vers l’irrationnel, le sacré s’emparait de moi, un appel sans voix semblait vouloir me dire quelque chose que je ne comprenais pas. Un appel auquel je ne pouvais résister me poussait à chercher. Chercher d’autres réalités, d’autres états de conscience, d’autres visions du monde car je pressentais que ce que je voyais n’était que le bord de la vie ce que confirmait les phénomènes jamais agressifs mais remuant qui émaillaient mon quotidien. Dans cette quête de l’extase, j’essayais alors toutes les substances susceptibles de me donner des expériences spirituelles, datura, amanites muscaria, pavot, cannabis …puis peu à peu cette quête vira chimique. Bien sur les choses ne sont jamais noire ou blanche, j’oscillais entre mes ombres et mes lumières, ne sachant nullement ce qui se tenait derrière. Squatt, drogue, prostitution mais aussi, la nature toujours cet appel puissant et magnifique vers la nature qui me laissait soupçonner des beautés que je ne pouvais voir mais que je pressentais.

Deux évènements majeurs allait bouleverser ma vie. Voici le premier

Foudroyé d’amour

Même si à de nombreuses reprises j’ai tenté de le faire, avec pour résultat une certaine frustration, Il faut que je me lance et que je tente de décrire par les mots ce qui c’est passé ce jour là et qui bouleversa ma vie à jamais.

Il le faut parce que ce qui se passa éclaira tout d’une clarté et d’une présence nouvelle.

Malgré les signes et avertissements que je ne cesse de recevoir de diverses manières et que je m’empresse d’ignorer, malgré une puissante force vitale, subissant l’irrésistible l’attraction d’une sorte de trou noir intérieur je plonge chaque jour un peu plus vers des ténèbres que je ne comprends pas. D’aussi loin que je me souvienne j’ai vécu et senti ce que j’appellerais pour simplifier, la magie du monde. A présent je me sens seul et le monde me parait vide de sens et de présences. La vie n’a plus de sens. Je suis désespéré. Il faut que je sache. JE VEUX SAVOIR !!! Ce jour là, c’est pour moi une absolue évidence, il me faut savoir le sens de cette putain de vie. Il me faut rencontrer la présence s’il en est une . Il faut que je sache par ce que je ne peux pas vivre sans cela. Ce monde me parait fou. Je suis fou. Je dois savoir. Je me suis allongé et d’une manière effroyablement désespérée, intense, je hurle ma question, un ébranlement, un hurlement interne, puissant de toutes les fibres de mon être. Un cri qui met en jeu ma raison de vivre. A quoi cela sert il ? Dieu, Déesse à quoi que ce soit, je dois savoir. Réponds-moi. Le vieux radiateur en fonte claque. L’eau qui se condense au plafond, noir d’humidité goutte au sol. Je hurle silencieusement. A plusieurs reprises, et si fort que mon corps tremble ; se contracte.. Je dois savoir. Répond moi. A cet instant je sais que se joue ma raison d’être et probablement ma raison. Je suis au bord d’un gouffre. Je hurle depuis le centre mon ventre et ce hurlement me semble parcourir tout l’univers. Terrible et désespéré. Toute ma vie se joue là. Toute mes croyances, peurs, espérances sont là de manière massives et brutales et nourrissent ce cri qui ébranle la chose noire et déglingué que je suis. Je tout mis dans ce cri, …et…Il ne se passe rien .RIEN. Rien que l’effroyable silence d’un univers vide de sens. Froid. Monstrueusement froid. C’est alors que s’ abattu sur moi le plus monstrueux des désespoirs.

A cet instant là il passe quelque chose de merveilleux. Une sorte d’étincellement, comme l’envol du fusée de feu d’artifice, une ascension soudaine et étincelante et soudain je me retrouve baignant dans une univers lumineux et aimant que je reconnait comme au sortir d’un rêve : je m’éveille et ce jour auquel je m’éveille est infini. Je suis immergé dans une présence, une qualité d’amour telle que j’en suis ébranlé. Aucun jugement et cette présence aime de manière vertigineuse et totale l’enténébré que je suis. C’est énorme, total, merveilleux, chaleureux à en pleurer échappant à toute description…divin.

Combien de temps cela dura t’il ? Je n’en sais rien, car en cet espace le temps n’avait pas de sens. De très loin, dissonance lointaine dans cette chaleureuse harmonie, un son attire mon attention, un battement ? Grandissant en puissance, aspirer violement vers le bas, je tombe et me retrouve allongé, incandescent, vibrant, pleurant et riant, ivre, je tente tant bien que mal de me lever et d’aller vers l’origine du son. Quelqu’un frappe à ma porte. Une amie qui me cru ivre ou défoncé. Peu m’importe, Moi je ne savais pas se que j’avais vécu. Aucun mot possible mais je ne me sens plus seul.

Quelque chose viens de changer moi. D’ici ce que je viens de vivre me parait lointain mais le peu que je peux en appréhender est énorme. Une poignée de graines jetées en moi dont la germination s'etendra tout au long de ma vie. Me voici un illuminé.

Malgré la splendeur de ce que je viens de vivre, je continuais tout de même sur ma lancé une année encore jusqu'à ce que…

1987, un éclair de lucidité me traversa, une sorte d’illumination, plus sombre en apparence. Mais qui va reconfigurer tout en moi. Un ébranlement tel qu’il sera véritablement la source d’une nouvelle naissance.

Illumination. 1987

Dans ce squat sans chiottes sans eau ni fenêtre, sur ce matelas poussiéreux et parfumé à la bière où il suffirait de s’allonger nu pour tomber enceinte, avec pour seul compagnon mon rat à tumeur, je réalise à cet instant que je ne suis rien, que je vais probablement finir ma vie dans un caniveau ou sous un pont, étouffé par ma gerbe ou défoncé jusqu’à la mort, voire même privé de liberté pour de longues années, parce que ma haine ou la folie qui m’enrage auront été si forte que j’en aurais été peut être jusqu’à tuer.

Je ne sais plus pourquoi je lis la bible et c’est déprimant, je n’y vois que les jugements, colères et punitions d’un dieu qui n’est rien d’autre pour moi que la caution à la folie des hommes.

Ce dieu là est homophobe, misogyne, cruel et guerrier, à se demander si l’on ne s’est pas fait avoir car il pourrait bien être en vérité, le prince des intolérances et des supplices, à la fois le symbole et la source de nos ombres, inverse de ce que l’on prétend qu’il soit.

Les canettes de bières, les filtres de clopes et de pétards jonchent le sol.

Trop de défonces diverses et variées et trop d’alcool : ma quête de l’extase vire chimique et c’est pas bon pour mon moral.

Cette semaine j’ai encore disjoncté. Je me suis jeté sur Néné. Je l’ai mordu au crâne, puis j’ai éclaté les vitres de sa deush à coup de rangers pendant que Priscille qui l’accompagnait braillait que j’ étais devenu fou.

Je suis donc là à lire la bible, disais-je, pour me démonter le moral ou pour me changer des « Chants de Maldoror », quand soudain me vient l’illumination.

Je me souviens qu’avec Christophe qui vient de se tirer une balle dans la tête, nous avions regardé les premières images putassieres , dans Paris match, de ce qu’alors on appelait le cancer gay, un terrible avant/ après photographique d’une des premières victimes médiatisées de l’épidémie.

Je réalise que je vais aller m’infecter parce que cela m’apparaît comme la seule et unique solution.

Je vis entouré de haine. Etre qui je suis me coûte une énergie considérable. Les humains ne sont pas tendre avec la chose que je suis, travelo morbide, ange déglingué cheveux noir et rouges, robes, bas résilles.

Je suis un rat, je bouffe ce que je trouve, je chie oû je me trouve faute de chiottes.

Je suis sur que vous n’imaginez pas combien l’absence de chiottes ça vous colore un lieu. Je vis de squat en squat, de cave en cave devrais-je plutôt dire, tant je suis abonné aux sous-sols sombres et humides comme des cryptes.

A présent tout cela n’est plus un choix je le réalise et la fierté que je ressentais à vivre cette vie hors des normes me jette hors du monde et loin des hommes au point qu’il m’arrive de ne plus me sentir humain. LA mort m’obsède sans que je ne sache plus vraiment ce qu’elle a à me dire, pourtant je ressens puissamment le besoin d’aller au bout de mon ombre et j’y suis presque.

En moi raisonne cette phrase lue dans une biographie Giordano Bruno, brûlé pour hérésie « La connaissance passe aussi par les égouts . »

Je bouffe un morceau du gruyère que j’ai récupéré au secours catholique, je regarde tchernobyl, traîner joyeusement sa tumeur.

Je regarde ma vie derrière moi…c’est douloureux.

JE n’ai plus ma place ici et pas de cette manière.

Trop habitué à survivre, il m’est impossible de me foutre en l’air, je vais ruser avec mon colossal instinct de survie, m’infecter, ouvrir en moi la porte à la mort lente et virale, me détruire et aussi peut être me sauver.

Je dis adieu à mes derniers amis, me coupe les cheveux et les teint en noir, pour en effacer les dernières mèches rouges, prend un sac qui contient tout ce que je possède ici bas, donne Tchernobyl et part vers la cote d’azur ou j’ai fait il y a peu, le tapin.

Voyage chamanique. Morcellement

« Je veux être moi dans toute la splendeur d’un océan de flammes.

Je veux être moi dans toute la splendeur d’un océan.

Je veux être moi dans toute la splendeur.

Je veux être moi.

Je veux être.

Je veux.

Je… »

Chez mes parents :

LE virus est en moi

Premiers symptômes primo infection particulièrement virulente.

Symptômes grippaux, courbatures, fièvre, fatigue sueurs nocturnes, puis ça empire.

Je délire. Je ne mange plus. Je maigris… au point de ressembler à un squelette.

J’ai les genoux Dachau : deux balles sur des pattes d’oiseau.

Je ne marche plus, je traîne un corps devenu lourd comme la pierre.

Subissant une irrésistible attraction de la terre, l’être vertical que j’étais devient horizontal et les quelques pas que je fais sont pour m’allonger plus loin à même le sol.

LA terre m’attire.

La terre m’aspire.

Douleurs dans mon corps broyé, Mixé, pulvérisé, passé au mortier.

Je perd mes eaux toutes les nuits à en tremper mes draps d’une sueur au parfum de fruit gâté.

JE ne trouve l’apaisement qu’allongé tout contre les flammes et les braises, sur la grande pierre d’âtre qui m’accueille tout entier, de cette vielle maison, le feu, le feu qui est au centre de tout, le feu qui est mon seul remède, le feu qui est mon centre lumineux et chaud.

JE délire.

Je voyage :

Voyage solitaire

Tout près des flammes,

qui dansent,

dansent…

JE suis moi

Je suis deux

JE suis cent

Morcelé et pour cela au fond de moi

Je cri

Froid, froid, j’ai froid

On croirait la mort

Froid et long

Un très long pont

Plus long que tout les ponts

Qui s’efface dans le lointain

Fascinant et terrifiant.

Balancement

Gémissement.

Douleurs.

JE veux que de cette nuit viennent le souvenir de mes ailes.

Balancement

Gémissement.

Douleurs

Chaque trait- chaque ligne

S’accroche au trait d’une spirale

A chaque couleur

A chaque signe

VERTIGE

(Une voix dit : déchire l’apparence. Va de la substance vers l’essence)

Je m’élance

Chaque trait

Chaque ligne

Au cercle aspiré des spirales

S’unissent

A chaque couleur, a chaque signe.

Je m’enflamme.

FEU DANS L’EAU

Balancement

Gémissement.

Douleurs.

Avec quelles ailes ?

Vers quels cieux ?

Balancement

Gémissement.

Douleurs.

Tumulte

Et plus loin grand calme

La bas aux franges lointaines du monde encore un peu d’écume

Tinte sa joie.

Que les rives s’effacent…

Il y a présence et force en ces lieux

Que les rives s’effacent…

Des angles se déversent

Formes et coagulation

Illusion de substance

Présence…et fantôme

Que les rives s’effacent

S’effacent, s’effacent…

Balancement

Apaisement

Ecoute ! Écoute !

L’immense sollicitude

Caresse toute vie, toute chose

Air, eau, terre

Ecoute, écoute !

Et vois !

Vois le feu et embrase toi !

Balancement

Apaisement

Mourir.

Mon corps qui se morcelle, se dilue dans cette chaleur qui éloigne ce froid douloureux qui s’empare de moi corps et âme.

C’est une fièvre, c’est un feu.

M’élever ! Oh ! Quel poids !

Quel poids de terre, quel poids de chair. Elan prodigieux.

S’élever

Avec quelles ailes ? Vers quels cieux ?

M’élever par force, par volonté, par abandon.

M’élever vers la clarté. Clarté !

Clarté océanique clarté intensité

Un point d’éternité.

Balancement

Apaisement

Un instant de lucidité : je vois mon père tente de me faire avaler une bouillie à la petite cuillère, comme à un enfant. Ses yeux sont brillant, est ce une larme que je vois couler ?

Flammes ! Flammes échos

Flammes clarté

Flammes forces d’embrassement

Feu ! Feu, puis son igné

Ecouter, écouter chaque image écouter chaque force

Ecouter, voir et entendre.

Balancement

Apaisement

La truffe humide et rassurante d’un chien contre mon visage

Atre,’astre.

L’âtre au centre même ou se consume et se tisse

Toute substance

L’âtre à l’être parle

Et l’être dort et rêve, non plus de mort

Mais de vie.

Balancement

Remembrement.

Un festin sans matière de parfums libéré de toute chaîne enfin libre et dansant, dansant

Réchauffe

Fertilisé.

renaît

Un mois à délirer à entendre des musiques si belles, à faire des voyages si étranges que je ne serais plus le même…

Voyager comme…Mourir

Mourir pour renaître.

Passage chamanique.

L'ÉVEIL / RENAISSANCE

JE dormais et je ne le savais plus.

Et voila qu’un matin m’a fait autre…

Un jour, je suis allé mieux.Je me suis éveillé et j’ai faim.

Ma mère m’a proposée d’aller marcher derrière la maison, vers la rivière. Lentement, en faisant de nombreuses pauses nous sommes partis dans les champs.

1ere promenade après toutes ces semaines horizontales.

Laborieux.

C’est bientôt l’été.

L’air est bourdonnant du chant des abeilles et des criquets.

C’est féerique

Un grand et beau soleil répand sur les champs en fleurs une pluie de lumière.

Tout me parait si magique, ce flot de couleurs, ces odeurs qui parviennent à mon nez qui perçoit à nouveau comme une première fois le parfum du monde.

J’ai l’impression de renaître.

Je suis ébloui comme au sortir d’une caverne.

Tout est si beau ici.

Mon esprit est encore engourdi par la fièvre.

Mon pas est hésitant et je dois m’arrêter fréquemment.

Je réapprends à marcher.

C’est bel et bien une renaissance.

Une deuxième naissance avec mes parents mais, cadeau énorme cette fois ci avec toute la conscience d’un adulte.

La vie revient en moi à grands flots au point de m’enivrer.

LA vie revient en moi grâce à l’amour que j’ai vu dans leurs yeux.

Il y a de l’amour et de la beauté en ce monde.

Mon regard a changé.

La fièvre et le feu m’ont consumé.

C’est une nouvelle chance pour nous trois. C ne sera plus un lien imposé par la naissance mais un lien de cœur.

A cet instant j’ai choisi mes parents.

Je leur dois une deuxième fois la vie.

Autour de moi la vie danse et vibre.

Autour de moi

Et en moi.

Un nouveau souffle par delà le monde

Et le bougeons sort de sa branche

Un nouveau souffle et la fleur s’ouvre d’une chair nouvelle et colorée pour dire JE SUIS.

Un souffle nouveau sur le tison qui couve dans son lit de cendre

Et voila que renait le feu

Un nouveau souffle pourtant sans age et le cœur et l’œil éteins brillent d’un éclat nouveau

Celui du printemps

Un feu d‘eau

Un feu de source

Un feu de torrent et d’océan.

VIE

VIE

VIE

Je vivais la nuit, voilà que je suis levé à l’aube, et pied nu dans la rosée, face au soleil naissant, mes bras s’élevaient comme des ailes.

L’énergie de l’aube m’a nourrit, mon cœur c’est ouvert et la vie est entrée en moi à grand flots d’herbes, d’arbres, de nuage et de bruyères.

L’aube se lève sur le sol humide de rosée.

Le soleil rasant à travers l’alignement des troncs fait goutter les arbres.

Goutte ! Gouttes

Harpe des bois

Je hume l’air vif

une brise douce se lève et caresse la terre.

Tout change et se transforme, s’éthérise :

C’est le souffle puissant du monde.

Le passage, ce que j’ai vécu et vis encore comme une mort Initiatique à transmuté mes énergies.

J’ai cru mourir et me voilà vivant. Plus vivant que je ne le fus jamais.

Essentiellement.

« Vous trouverez plus de choses dans les forêts que dans les livres. Les arbres, les pierres, vous apprendrons ce que les maîtres ne sauraient vous enseigner. »

Attribué à St Bernard

Jardin

Il fut décidé que je resterais vivre avec eux, que je prendrais mon temps.

Ma mère faisait un potager, je découvris qu’un jardin plus qu’un passe temps ou même une source de nourriture saine pouvait être une source d’enseignement que je ne soupçonnais pas.

Voir germer la graine, en sentir toute la force, sentir cette irrésistible attraction qui dans l’obscurité humide de la terre la pousse vers la lumière du soleil encore invisible, la voir devenir plante, voir s’épanouir la feuille, la fleur et le fruit comme s’ouvrait mes bras le matin au soleil levant m’emplissait de louange.

Cueillir le fruit pour que sa vie, toute cette terre, cette lumière, cette vie si belle nourrisse mon corps et devenir mienne, tout cela m’emplissait d’une incroyable et grisant énergie.

Tout cela devenait chaque jour plus merveilleux.

Ce que j’apprenais ici, aucune école ne me l’avait enseigné.

Le jardin était un microcosme qui m’ouvrait à une réalité plus vaste.

Je franchis la clôture du jardin pour un jardin plus vaste, la nature elle-même allait m’enseigner.

CHAPITRE 2

Peintures. Liber mundi. Créer. Cristal

Au matin comme une naissance.

Au matin comme une naissance,

baigne toi dans l’eau sacrée du monde.

Tout comme ton enfance imprégnera à jamais ta vie.

Ton premier pas,

ton premier geste,

imprégneront ton jour tout entier

car le matin est enfance du jour

Veille à donner le meilleur !

Veille à te donner le meilleur !

Tout comme ce qui se passe lors de nos premiers jours et années sur terre affecte positivement ou négativement et imprègne notre existence, les premiers gestes, pensées de notre jour le conditionneront, le coloreront.

Aussi est il capital d’agir là. Ce qui est chose facile.

UN texte, une musique inspirante, ou mieux une méditation, une prière, un rituel.

Creer

Un jour poussé par une impulsion profonde je me suis mis à créer, à l’huile tout d’abord, puis sans limite.

J’éprouvais le besoin de manifester vite et sans trop de technique quelque chose qui cherchais impérativement à émerger. Obéissant à cette exaltante pulsion que je sentais vitale, je vis naitre d’étranges aquarelles que je découvrais tel l’alchimiste à son œuvre, j’observais la danse de la vie dans une surface définie, énergie contenue. Des heures, des jours, des mois et des années durant je répétais inlassablement les gestes d’émergence. L’œuvre avait des puissantes répercussion sur mon quotidien : recueillir la rosée à l’aube, eau d’orage, eau de fontaines sacrées, récolte de pigment , fumigation d’encens, puis solarisation des œuvres.

Cette expression brouillant les échelles, pleine de radiance, d’une qualité micro et macrocosmique, déversait en moi un enseignement quotidien. Elle me plongeait hors du temps et en introspection et en même temps sans paradoxe vecu,elle m’ouvrait au monde, à la nature autour de moi.

J’assistais à la naissance de radiance dans l’œuvre qui me parlait de l’esprit.

Dans la terre des pigments, dans l’obscurité de la matière j’entrevoyais les radiances de l’esprit.

Je m’ouvrais au Liber Mundi. Le monde devenait un grand livre de sagesse.

Mes longues promenades dans la nature, des que je le pouvais pied nu, étaient semblables à des bains de sagesse. Les souffles de la forêt traversaient mon corps et attisaient les braises qui se tenait dans le foyer de mon cœur.

Exaltation douce des aubes et des crépuscules, enseignements de chaque forme dans le sable, de chaque pétale, de chaque branche, nuage, ridule dans l’eau, dessin dans le sable, signes d’une racine, tout résonnait en moi. Je recevais le plus magique des cadeaux, l’enseignement de la Terre et du Ciel.

Au fur et à mesure de cet enseignement, les obstacles qui en moi faisaient barrage à la vie, se transmutait et je devenais de plus en plus vivant. Plus vivant encore qu’avant le Sida. Vivant et surtout enfin capable de bonheur.

Je m’émerveillais de la grande sagesse et justesse de ce que je voyais se dérouler en moi et autour de moi.

Je vivais au rythme de la nature, cueillettes, jardinage, bois pour le feu, tisanes une vie dont que j’avais rêvé et qui à présent était là. Je me sentais benis par la vie.

J’aimais profondément la complicité qui s’installait en notre trinité familiale. Les rôles s’inversaient. Parfois je devenais parent. Nous devenions complices, frères, sœurs en humanité.

Je ne cessais de m’émerveiller de la justesse avec laquelle les événements c’étaient déroulé.

Revivre ensemble cette seconde naissance rachetait les douleurs du passé. Plus encore que je ne l’imaginais alors. Infiniment plus. Mais cela viendra en son temps…

Nous n’avions quasiment jamais besoin de la médecine. Notre vie saine nous donnait une excellente santé et nous savions gérer les bobos du quotidien avec nos remèdes de grand-mère qu’Eliane ma mère connaissait bien.

Je découvrais d’ailleurs qu’il n’était pas nécessaire de couper et d’avaler les plantes pour se soigner mais que s’immerger dans leur splendeur vivante, pour peu que l’on s’ouvre à ce qui émanaient d’elles avaient de grands pouvoirs guérisseurs.

Lors de ma mort initiatique, lors de ce démembrement chamanique qui dura 1 mois, un mois et demi, alors que je délirais et maigrissait de manière effrayante, mes parents, malgré mon refus, finirent par m’emmener voir un médecin. Des analyses révélèrent une séropositivité au VIH. Ce que je vivais était une primo infection particulièrement forte. Mon organisme réagissait violement à l’entrée du VIH dans mon organisme.

J’étais trop dans les brumes de la fièvre pour vraiment réaliser ce que cela signifiait, je crois même qu’en ces moments, ne plus me rappeler avoir décidé de mon infection.

J’étais en plein processus.

C’est au cours de cette période que je suis allé à l’hôpital. Un ruche immense, ressemblant à la fois à une usine, un aéroport, une prison, un lieu qui après ce que je venais de découvrir dans la nature me paraissait dévitalisé et dévitalisant au possible.

Comment était-il possible que ce lieu soit un lieu de soin ?

J’errais dans de longs couloirs froids, blanc pour arriver dans un espace salle d’attente. J’attendais. Mal à l’aise. L’énergie des lieux entrait en moi, je me sentais de moins en moins à l’aise. Pour la première fois depuis mon infection, je me sentis malade. Progressivement écrasé.

Je n’étais pas grand consommateur de médecin ni d’hôpitaux.

J’ai été reçu par un modèle parfait du médecin avec tout le décorum qui va avec.

Sympathie professionnelle derrière le décorum d’un bureau frontière et tout le décor qui fournit avec.

Il me proposa d’entrer dans ce qu’on appellera plus tard, une cohorte thérapeutique, en résumé, vu qu’il n’y a aucun traitement, je vais servir de cobaye.

Mon rôle d’acteur dans l’univers du VIH sait à présent que c’est sont les « malades » et associations de « malades » qui avons demandé ces essais.

Mais moi, je n’en voulais pas. Je refusais. Je n’avais pas confiance.

Grand bien m’en pris. Il s’agissait de l’AZT.

A l’époque il fallait une prise toute les 5 heures. Il était impensable pour moi de me rappeler toutes les 5 heures, y compris la nuit, que j’étais malade. Je n’étais pas malade. Le sida m’avait rendu vivant.

Malgré les rétissences qu’il eut à me répondre, et c’est tout à son honneur, je finis par apprendre qu’il me restait probablement, au vue de ce qu’on savait à l’époque, environ 2 à 3 ans.

Parfait. J’allais pourvoir vivre intensément.

Je quittais presque en courant ce lieu anxiogène pour retrouver la douceur de la nature.

Pourquoi donc ne pensions nous pas à faire des lieux de soin des lieux harmonieux, vivants ? Comment se soigner, devenir acteur de sa guérison si l’on est écrasé par les symboles d’une industrie et d’une fonctionnalité inharmonieuse qui fait de nous des part de marché passives ?

Voix

Je commençais à percevoir les « VOIX ». D’abord comme des souffles. Souffles léger, subtil qui me frôlaient puis me traversaient emplissant mon cœur de douces louanges. Une présence accompagnée d’une expansion du cœur.

En plus de peindre je me mis à écrire pour ne pas perdre ce qui me traversait.

Chant de louange

Immense sollicitude

Lumière douce d’un milliard de soleil.

Douce paroles, douces promesses

Splendeur des splendeurs

Splendeur des splendeurs qui embrase mon cœur

Toi l’amour

Et l’arbre mort porte des fruits

Et le sable cède la place aux prairies

L’océan sage et fécond caresse les rivages.

Tu es

Et l’os à nouveau se recouvre de chair

Et le muet se met à chanter

L’enfant sèche ses larmes et le vieillard quitte sa peur.

Tu es

Tu es l’immense sollicitude.

Tu es la source, oh toi que j’aime.

Oh tout que j’aime à travers toi.

Tu relis, tu aides, tu éclaires

Tu aimes.

Souffle ! Chant ! Feu !

Douce pluie. Reflet, éclats disent ton nom avec amour.

LA beauté est ta surface

L’harmonie ta voix.

Mes yeux s’illuminent l’un d’un soleil, l’autre d’une lune.

Mon pas se fait léger, je me hâte vers toi.

Oh toi par qui je meurs et je renais.

C’est pied nu sur la terre que je me sent le plus fort, le plus vivant, le plus vrai.

C’est dans la caresse du vent ou de l’eau sur ma peau que je suis véritablement moi. C’est dans les vagues que je renais, c’est sous la lune et les étoiles que s’ouvre grand mon âme, et c’est dans la lumière du soleil que je m’éveille.

Près des flammes et dans l’orage je puise ma force. J’ai besoin de nature, la terre est ma chair et ma chair est de terre, les atomes qui me construisent sont nés un jour au cœur d’une étoile.

SOUFFLES

Qui prend encore le temps d’écouter le vent, de le sentir ?

Il y a au crépuscule des souffles qui enseignent.

Lorsque la bible parle de souffle, c’est de l’esprit de Dieu qu’elle parle. Pour moi c’est une voix du monde, une voix dont je connais un peu la langue.

A « l’heure des portes », à l’heure ou le soleil s’en va vers l’Amenti, je me laisse m’ouvrir et les souffles me traversent et me disent toute la beauté de la vie. C’est une source vive ou je puise ma force, physique, mentale et spirituelle.

Sans la nature je ne suis rien, probablement le Sida m’aurait il emporté depuis longtemps si je n’avais appris à y équilibrer mon énergie.

Sur le pas de la porte…

J’aime ce grand silence. J’aime ce vent doux et parfumé. J’aime ce ciel gris et bas et la danse des cimes.

Les carillons sonnent sur l’airial.

Dedans le feu crépite. Je suis sur le seuil. Heureux dans la paix des bois. Ici. Pleinement ici.

Chant des hautes cimes.

Danse des flammes dans l’âtre.

Mon ami le feu, mon amour le feu. Mon allié le feu.

Il flotte une odeur de résine et de bonheur paisible.

Tiède est la brise. Rugueuse l’écorce. Vert bleu le lichen.

Le sol est humide. Paix dans un instant d’éternité.

Terre mère. Grand bois.

Longues pistes de sable blanc.

Un grand ciel bleu qui s’étire jusqu'à l’éternité

Et je marche marche, marche , marche.

Les feuilles mortes sur l’airial volent,

Et les grandes branches des chênes nus de l’airial

Dansent avec moi, pour moi et pour le monde.

Le soleil est ressuscité. Sol invictus.

La lumière a gagnée et réchauffe la terre

Et je sens la vie qui coule dans mes veines comme dans l’arbre coule la sève.

Soleil, grand soleil

Père soleil, terre mère, de mes pieds à ma tête.

Ces mots qui s’échappent de moi

Comme s’échappe la vapeur de mon souffle, le parfum de mon corps.

Ces mots comme l’herbe sur le corps de la terre

Des champs de mots caressés par les souffles.

Les grands vents qui préparent la renaissance du monde.

Le sol qui se découvre un peu comme se découvre une épaule

Comme une paupière qui révèle le désir d’un regard

Un œil d’amour, une invitation à jouir de la vie qui court, qui danse, chante et rit, pour moi, pour moi.

Je te tins dans mes bras, doucement, doucement, nos corps se fondent l’un en l’autre

Vague sur la plage, pluies dans la mousse. Un peu de salive comme un fil de cristal et le parfum fou qui embrase toute vie et se répand d’ici ou nous sommes jusqu’aux nuées d’étoiles plus belles que les rêves, jusqu’aux nuées d’étoiles aux gestes de la vie, les caresses, caresse, nuages et brins d’herbes, caresse, caresse

J’ai dansé sous la lune, mes bras branches sous les bois dansaient.

J’ai dansé sous la lune vêtu de nuit accompagné de lumière.

Mes bras tambours ont dansé sur la terre

Mon corps c’est fait terre.

CRISTAL

Cristal ! Dernier solide avant l’infini…

« Il est des animaux de pouvoir mais il est aussi des pierres de pouvoir. »

« Rencontrer le cristal c’est se mettre en état de réceptivité avec la terre, le cosmos. C’est l’opportunité de renouer avec le sacré tellurique et cosmique. »

« Les pierres dansent, une danse trop lente à vos yeux pour que nous puissions la voir. C’est parce qu’elles dansent qu’elles peuvent remettre de la danse en nous. LA danse c’est la vie. La mort l’immobilité. Danser la danse avec les cristaux c’est plonger dans la fontaine de vie. »

C’est à cette époque ou je courrais les bois ivre de forces nouvelles qui coulaient en moi, que j’ai rencontré le cristal. Mon premier cristal, la pierre lumière, fut une clef qui m’ouvrit d’autres portes.

Cela pourra vous paraître étrange mais il y eu entre cette pierre et moi une véritable rencontre. Sa présence, sa vibration ouvrit en moi plus encore les portes de la perception. En un dialogue silencieux et lumineux, j’apprenais la sagesse du cristal. Voila qui va confirmer que j’entre irrémédiablement dans le camps des illuminés. Si cela vous dérange trop, vous n’aurait qu’a mettre ça sur le compte d’une de ces infection opportuniste du VIH que je devais avoir. . Toujours est-il que pour moi les cristaux furent et restent de puissants enseignants.

Enfant, comme nombre d’entre nous, j’étais naturellement magicien, je vivais dans une univers magique mais là ou l’éducation habituellement fait taire cet émerveillement, j’eu la chance de pouvoir continuer. Mon éducation n’a pas tué cette dimension merveilleuse. L’éducation parentale et aussi le fait qu’à l’heure ou l’école et au collège on m’enseignait par de multiples angles la rationalité, je vivais des expériences qui remettaient en question cette vision du monde.

J’assistais à de nombreux phénomènes que l’on dit para normaux .

Certaines de ces expériences furent même remuante au point d’avoir faillit me faire perdre la raison. Il n’en fut rien. A présent tout cela à un sens et me préparait à mon chemin chaman.

Si comme la plupart d’entre nous, je vivais le merveilleux par procuration à travers le cinéma, la littérature, je le vivais aussi en temps qu’acteur.

L’adulte que j’étais découvrit encore d’autres capacités d’émerveillement qui me confirmait combien la vie était étonnante. Le plus drôle à cette époque, c’est que les autres souffraient plus de mon « Sida » que moi-même. « Sida » qui en me révélant mortel me donnait le gout de chaque instant. C’était en fait plus complexe car je découvrais aussi simultanément l’éternité et l’immortalité possible de l’âme.

Le cristal de quartz est une pierre étonnante même pour le regard profane. Sa perfection quasi ouvragées semble révéler l’œuvre d’un grand architecte et sa matière sorte de lumière gelée parle de limpidité. Veritable symbole de résilience, le moindre de ses défauts sert à magnifier la lumière en reflets, arc en ciels, formes inspirantes. Ce qui d’un point de vue ésotérique n’est pas le moindre des messages.

De nombreuses civilisations et cultures croient et on cru au pouvoir des cristaux, doit on les traiter d’idiots, rêveurs ou primitifs ?

Pour ma part je revendique cette primitivité là dans le sens où elle est magie, la réponse de mes cellules devant ce qu’elles perçoivent comme contenant potentiellement les clefs de mon bonheur, celles de ma guérison, physique, psychique, spirituelle.

Mon corps, ma chair aiment la présence des cristaux.

Mon mental aime réfléchir sur leurs résonances, évocations et sur l’impact qu’elles ont sur mon imaginaire.

Mon âme y reconnaît la lumière dont elle est faite et y voit une passerelle entre l’homme et la terre, l’homme et le cosmos.

Cette fascination qu’a l’enfant en moi, cette attraction que mon essentialité et ma primordialité ont pour les cristaux est viscérale, intuitive et résonne avec de vieilles mémoires et si je dois en juger les fruits, cette fascination m’a grandement aidé au quotidien depuis de nombreuses années, au point que je puis dire que le cristal n’est pas pour une moindre part dans ma capacité à vivre avec le Sida.

Vivre avec les cristaux c’est comme vivre entouré de fleurs, car les cristaux sont fleurs du règne minéral.

Vivre avec les cristaux c’est vivre constamment en lien avec la nature dont ils sont un des aspects les plus lumineusement parfait.

L’étonnement frappe celui qui pour rencontre la première fois l’étrange perfection d’un cristal.

J’aime lorsque je me lève que mon 1er regard se porte sur la foret qui m’entoure, sur le ciel, l’herbe et les cristaux parce que c’est toute la magie et la beauté de la vie qui donne l’élan premier de cette journée naissante et parce que tout comme ce que nous vivons lors de notre prime enfance, donnera à jamais l’élan de notre vie, ce que nous vivons des notre réveil impulsera toute notre journée.

Chaque jour, le cristal est pour moi source d’inspiration que ce soit dans mon quotidien, mes productions artistiques ou la quête qu’est pour moi le cheminement dans la vie.

Il y en a dans mon jardin, il y en a dans ma chambre, dans ma salle de bain, dans ma roulotte, dans la yourte…

J’ai accepté le « primitif » en moi :Celui qui sait sans intellectualiser, celui qui perçoit par d’autres canaux que ceux que l’éducation lui permet/autorise d’utiliser.

Il ne s’agit pas pour moi d’une nostalgie des origines, d’un retour en arrière, mais plutôt l’utilisation d’un sens habituellement non utilisé et en partie seulement.

Un sens dont les poètes et les enfants ont gardés l’usage.

Ce qu’il y a de d’étonnant avec les cristaux, c’est que très vite ils amènent leurs utilisateurs à retrouver le sens du rituel, par des actes permettant de retrouver sa place au sein du cosmos et des rythmes naturels.

Un jour, le cristal parait éteint, grisâtre. Un jour il est perçu comme « chargé ». Alors naît l’idée de le « recharger », de le « purifier », de le « régénérer ».

Là commence le premier pas vers la reconnaissance de sa « chamanité ».

C’est éveiller le/la chaman qui dort en soi, c’est ouvrir une porte dans le mur qui enclos, emprisonne nos vie, une porte vers plus de liberté. Une porte vers l’enthousiasme.

Une porte vers la lumière dont le cristal est une des plus extraordinaires manifestations matérielles.

Ce besoin de « purification », de « recharge », de régénération », mène à faire des gestes, à poser des actes qui doucement mènent à observer le monde sous un angle nouveau, à observer la danse de la vie d’un autre regard, danse du soleil, danse de la lune, danse des herbes et des arbre, danse de l’eau, du feu et de la terre.

J’aime que les vagues touchent mes cristaux.

J’aime que la lumière du soleil, celle de la lune les traverse.

J’aime que la pluie coule sur eux.

J’aime la flamme qui se joue de leur reflet.

Pour cela nul besoin de réfléchir.

Ne plus penser avec ma tête mais avec mon corps, mon être tout entier devenu cœur.

Ce corps, aboutissement de millions d’histoires, d’expériences, de vies inscrites en lui depuis la naissance de la vie dans les océans primordiaux jusqu'à ce jour où j’écris ces lignes.

Ce corps qui possède une sagesse qu’il est nécessaire et capital d’apprendre à écouter.

Bien sur cela est plus facile lorsque l’on vit dans la nature comme j’en ai fais le choix depuis ce jour ou la maladie m’a initié à la VIE.

Mais pour toi qui habites la ville, cela n’est pas insurmontable, car même là, sois en conscient, tu restes relié aux énergies qui font ta vie.

Les étoiles, le soleil, la lune, les étoiles, le vent sont toujours là pour toi, près de toi.

Sens-les près de toi et ouvre-toi.

Il n’y a qu’a s’ouvrir car s’ouvrir est la clef !

Un des plus grands mystères, une des plus puissantes initiations est de s’ouvrir consciemment.

Ouvre toi au chant de Vie, a sa danse qui t’entoure et à laquelle tu participe malgré toi.

LE cristal peut être une clef.

La clef d’un jour plus beau lorsque tu feras les gestes qui ouvriront la porte de ta prison. Et qui réveillera le/la chaman(e) qui dort en toi.

Tu dois te demander ce qu’est véritablement ce « chaman » en toi dont je ne cesse de te parler dans ces lignes.

Au fond de toi, tu le sais.

Il est celui/celle qui se tient au milieu, entre ciel et terre, entre corps et tête, celui qui entend, l’homme plus près de son essence d’homme.

Un humain respectueux non par éducation, ni par contrainte, mais par amour envers la vie, la nature et les êtres vivants, un être capable de l’émerveillement qui ouvre les portes de son immensité.

Un être qui ne parle pas mais qui chante,

Un être qui ne marche plus mais danse.

J’aime méditer avec mes cristaux.

J’aime qu’ils tracent autour de moi l’enclos de lumière qui m’ouvre au monde.

Ils sont des alliés sur mon chemin.

Et ne doivent en aucun cas devenir des chaînes

Pour comprendre les cristaux, il faut sortir du mode de compréhension logique et contemporain pour entrer dans un mode symbolique.

Quitter sa grille de lecture rationnelle pour (re) trouver elle des peuples premiers qui depuis l’aube des temps ont, sans technologie, fait des découvertes que nos appareils les plus sophistiqués peinent à comprendre

Lorsque tu dialogue avec les cristaux, il faut leur parler, non pas avec des mots, mais du bout de ton âme. Fais leur une offrande d’amour. Ils se mettront à danser et chanter d’une manière que tu pourras percevoir.

LE cristal chante un chant que notre oreille ne sait entendre mais que notre être tout entier peut entendre. Ce chant là est silencieux à notre raison et merveilleux à notre totalité. Chante avec le cristal et tu trouveras ta danse, tu chanteras avec l’univers et danseras avec le tout.

En ces temps ou notre lien avec la nature se perd, le cristal est un des outils qui peut nous aider à renouer avec la nature sacré.

A suivre...