
Généralités
Elles sont également appelées « passerelles », « passerelles pignon » ou « consoles pignon ». Ces trois termes désignent bien le même matériel de sécurité permettant d’avoir une circulation en périphérie des façades du bâtiment.
Fonctionnement d’une passerelle

- un plateau de circulation (platelage bois sur structure acier),
- un grillage inclinable contre les chutes en face arrière de la passerelle,
- des garde-corps amovibles sur les largeurs,
- un piètement par ferme en acier et barre longitudinale,
Le principe de mise en place est le suivant :
- une réservation est laissée dans le voile de façade
- des « attaches volantes » sont placées en face externe de la façade et fixées par un écrou à frapper en face interne
- la passerelle est posée à la grue sur ces attaches volantes, et prend appui sur la façade grâce à son piètement.
Les efforts verticaux sont repris par l’attache volante. Le moment de flexion est repris en compression sur le piètement et en traction sur l’attache volante.
Où mettre des passerelles ?
La présence de passerelles est justifiée dès lors qu’elles permettent de :
- soutenir un coffrage vertical,
- maintenir une circulation des ouvriers sur la zone de travail,
- permettent de limiter le risque de chute de hauteur
Dans le cas d’un bâtiment où les voiles de façade se superposent, il est nécessaire d’avoir des passerelles pour donner un appui aux pieds des banches.
Dans le cas d’un bâtiment sui se « rétracte » (n+1 moins étendu que n), il n’est pas nécessaire d’avoir des passerelles sur toute la périphérie car la circulation se fait sur la dalle haute du niveau n.
La lecture de plan
Nous l’avons vu ci-dessus, les passerelles servent de sécurité à ce qui se passe au dessus d’elles : circulation, réalisation de voiles.
Lorsqu’elles prennent appui sur les voiles de façade du RDC, c’est donc qu’elles servent à réaliser les voiles du R+1. Aussi, il est très important d’assimiler le principe de lecture d’un plan de passerelle : les passerelles servant à faire les voiles d’un niveau N sont visibles sur le plan BA du niveau N-1, et pas sur celui du niveau N !
Créer un plan de passerelles
Etape 1 : les zones à équiper
Il s’agit ici de prendre le plan du niveau N+1 et de repérer l’ensemble des zones nécessitant un appui en point bas :- zones d’appui des banches,
- zones de circulation,
Ce repérage est ensuite superposé au plan du niveau N. Dès lors que le plancher haut du niveau N ne permet pas d’assurer un appui dans les zones repérées, on positionne des passerelles.
Etape 2 : les passerelles
Le principe est simple : on équipe certaines longueurs de bâtiment avec des passerelles. Toutefois, ce matériel n’est pas forcément simple à positionner. Votre plan dépend :
- des dimensions des modules du modèle choisi,
- des porte-à-faux autorisés pas le constructeur,
- des systèmes spéciaux existant pour les angles,
De plus, il doit être :
- irréprochable en termes de sécurité,
- facile et rapide à mettre en œuvre (préférez 1 module de 6.00m à 2 modules de 3.00m)
Etape 3 : la nomenclature
La nomenclature est le premier pas vers l’optimisation. Il s’agit de numéroter chacune des passerelles sur le plan et de dresser une liste pour recenser leur utilisation.
Rentabiliser son matériel
Utiliser une passerelle de 6.00m au niveau N et ne jamais la réutiliser aux autres niveaux, alors que 2 passerelles de 3.00m sont disponibles au niveau N n’est pas rentable. Il faudra, au niveau N, supprimer cette passerelle de 6.00m et la remplacer par les deux de 3.00m qui sont disponibles…
Tel est le travail d’optimisation que vous allez devoir faire.
Votre commande doit être la plus rentable possible et chaque passerelle doit être utilisée un maximum de fois. Votre nomenclature sera LE document clé qui vous permettra de trouver les optimisations.
Les pièges à éviter
Les encorbellements
Il y a encorbellement dès lors que le niveau N+1 devient plus étendu que le niveau N. C’est le cas pour :
- les balcons,
- les façades qui s’élargissent,
- les casquettes,
- etc.
Réglementairement, les passerelles ne doivent pas servir à reprendre de charges autres que les charges de circulation de personnel. Elles ne peuvent servir de zone de stockage ni de support pour un coffrage de dalle par exemple.
Il est donc exclu d’utiliser une passerelle pour un poser un coffrage de balcon. (il sera toléré de le faire si la charge linéique et la longueur du porte-à-faux sont très faibles, casquette de 50cm par 20cm d’épaisseur par exemple).
Vous devrez donc traiter vos encorbellements avec un matériel adapté tel que des tours d’étaiement.
Les « prémurs »
Aussi appelés bilames ou voiles pré-coffrés, ceux-ci sont de plus en plus utilisés. Leur mise en place en façade permet de se passer de passerelles puisqu’il n’y a plus de pieds de banches à supporter (la stabilisation se fait côté intérieur).
Ils peuvent être une solution pour optimiser un plan et faire des économies sur les passerelles, mais attention à ne pas être trop gourmand. Gardez en tête que les passerelles servent de circulation et vérifiez que celle-ci sera toujours possible…
Façade proche de la grue
On est souvent tenté d’approcher la grue le plus proche possible du bâtiment pour réduire sa flèche. Vérifiez bien que l’emprise des passerelles à été prise en compte sur l’installation de chantier avant de faire votre plan de passerelle. Le mieux est d’indiquer la position du mât de grue sur votre plan de passerelle…
L’accès aux passerelles
Attention aux façades borgnes (sans ouverture). Comment accéder à des passerelles si on ne passe pas par une ouverture… ? Votre circulation devra être prolongée jusqu’à l’ouverture la plus proche, quitte à changer de façade.
Gardez cette problématique en tête. Si l’accès aux passerelles n’est pas sécurisé vous courrez vers de gros risques de chute de hauteur…
Les trémies d’ascenseur
Il existe des matériels spécifiques parfois nommés « podiums ». Ils permettent de sécuriser ces trémies voire d’avoir un accès au niveau supérieur par une échelle intégrée. N’oubliez pas de les commander, vous serez gênés au moment de faire les voiles de la gaine…
Conclusion
Une chute de hauteur est le pire accident qui puisse arriver sur un chantier car il sera souvent mortel. Le plan de passerelles est à prendre très au sérieux, c’est lui qui va permettre d’avoir des circulations sécurisées en façade. Si un accident se produit suite à une erreur de votre part (passerelle qui cède car utilisée comme support d’étaiement par exemple), votre responsabilité sera engagée. N’oubliez pas de passerelles, ne soyez jamais « limite » en termes de sécurité. Votre document doit être irréprochable et cohérent.

